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Le PDG de la X-TREM Factory entretiendrait une relation des plus intenses avec sa vice-présidente. On espère que ce n’est pas cette affaire qui a distrait l’ancien Phoenix de son travail et qui a entraîné un manque de sécurité lors de la dernière conférence de presse de l’entreprise où à eu lieu une explosion causant la mort d’un de ses haut-gradés...
Le mystérieux « Mist » dont l’apparition soudaine a récemment secoué la ville serait en fait une association de trolls désoeuvrés voulant profiter de la panique des récents attentats pour gagner plus de popularité sur les réseaux sociaux.
Il paraîtrait que le fondateur de la ville Edward Astrophel aurait été le descendant direct de Diogène, le philosophe grec qui vivait dans un tonneau. Incroyable !
les rumeurs



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ghost ❀ (romeo)
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MessageSujet: ghost ❀ (romeo)   Jeu 31 Aoû - 19:13

» ghost
« STAY WOKE 'CAUSE THEY'RE CREEPING | ROMEO »
DISCLAIMER // TRIGGER WARNING:
 

« Tiens, tu peux garder la monnaie. »

Il avait un sourire narquois, l’air satisfait de sa bonne vanne tandis qu’il secouait la liasse de billets sous le nez de Meera. Sourire et le remercier de ce grand acte de générosité lui donna envie de gerber.

« Maintenant t’es mignonne et c’était sympa, mais ma femme rentre d’ici une demi-heure et si je suis pas à la maison avant son retour elle va vraiment finir par se poser des question, alors… »

Il fit un petit geste dédaigneux envers elle, comme si elle était un insecte indésirable qu’on chassait —ceci dit, son égo ne pouvait pas en prendre un gros coup, déjà trop sonné de ce qu’il venait de se passer dans la chambre d’hôtel ; pour changer.
Sa femme allait rentrer. Les mots lui tournaient en boucle dans la tête alors qu’elle achevait de se rhabiller. Sa femme allait rentrer, il allait l’embrasser, lui demander si elle avait passé une bonne journée, jouer son rôle de mari –peut-être de père– parfait sans jamais qu’on découvre l’hypocrisie, les mensonges et les infidélités qui pullulaient derrière les sourires trop blancs pour être vrai.
Elle quitta la pièce sans un mot ni un regard en arrière.
Parfois, Meera en avait marre des hommes.

Dans sa robe trop courte et ses talons trop hauts, elle s’efforçait de respirer lentement dans l’ascenseur de l’hôtel, par sessions de dix pour calmer et sa nausée et son anxiété. C’était fini, plus besoin de recommencer avant le mois prochain –elle allait pouvoir rentrer se mettre la misère chez elle pour oublier et reprendre sa vie en paix.
Sa vie faite de mensonges et de « tout va bien » qui hurlent l’inverse.
Elle n’était peut-être pas plus honnête que ceux qui la payaient finalement.

Dehors, l’air frais lui fit du bien. L’avantage à Nahuel, c’est qu’il n’y avait pas grand monde pour se retourner sur elle dans sa tenue, les gens y sont habitués à voir des filles en robes de soirées griffées, ils ne se posent pas plus de questions. Le problème était plutôt de rentrer sur Hiawatha sans se faire remarquer généralement. Quand elle le pouvait elle se changeait là où le « contrat » était conclu afin de pouvoir rentrer chez elle assez tranquillement mais il arrivait qu’on la fasse sortir un peu précipitamment –comme ce soir là– et qu’elle n’en ai pas le temps ; dans ces cas là, elle se débrouillait en se changeant dans les premières toilettes publiques du coin, ou au moins limitait-elle la casse en passant un pull large ou un gilet par-dessus sa robe ainsi qu’une paire de basket pour remplacer les talons vertigineux.
Mais même ça elle n’eut pas le temps de le faire.

À la sortie de l’hôtel, elle s’était éclipsée discrètement dans une ruelle un peu plus calme et moins éclairée pour défaire ses affaires et passer ne serait-ce qu’un sweat-shirt pour couvrir ses épaules offertes à la fraîcheur de la nuit d’automne. Mais avant qu’elle n’eu le temps de le faire, une ombre se faufila dans son dos et une poigne brutale se referma sur son poignet, ce qui la fit sursauter et lâcher son sac avant de se retourner.
C’était un homme, sûrement d’une vingtaine d’années –plus vieux qu’elle en tout cas. Il avait sur le visage un air vicieux et un sourire qui n’en disait rien qui vaille.

« C’est bon, t’es libre maintenant ?
Qu…Quoi ? elle articula, l’anxiété rendant sa voix plus aiguë que d’habitude.
T’as fini avec l’autre vieux là ? C’est bon, c’est mon tour ? »

Meera comprit qu’il l’avait vue avec le client précédent et qu’il la prenait pour une prostituée comme les autres –elle n’était pas vraiment en position pour lui expliquer les différences entre escort et trottoir malheureusement.
Sa poigne se serra un peu plus sur son poignet et il la ramena brusquement contre lui d’une main tandis que l’autre s’aventurait déjà sous sa robe. Meera se débattit, la peur la faisait trembler.

« Non, arrêtez ! 
C’est bon tu l’auras après ton fric. Calme-toi. »

Elle aurait voulu crier, mais d’une part, elle savait qu’attirer l’attention alors qu’elle avait une liasse de billet d’une valeur conséquente dans son sac à main n’était pas la meilleure des choses à faire, et d’une autre part, sa voix restait de toute façon comme coincée dans sa gorge.
Elle se débattit encore, planta ses ongles dans sa peau jusqu’au sang en priant pour qu’il la lâche. Pour toute réponse, il pesta, l’écarta violemment de lui pendant une seconde pour mieux la frapper au visage –un gémissement sourd lui échappa sous la douleur– puis profita de son étourdissement passager pour la plaquer contre une poubelle près du mur pour mieux la maintenir en place.
Elle se mordit la lèvre et sentit la chaleur et le goût du sang au bout de sa langue ; elle tenta de se défaire encore une fois de son emprise mais ce fut vain.

« N-Non, elle articula une dernière fois, la voix secouée de sanglots. »

Il fallait croire que ses larmes ne suffisaient pas pour émouvoir l’agresseur car il continuait de la toucher de manière toujours plus insistante.
Alors elle ferma les yeux, elle serra les dents, et pria pour que tout se passe le plus vite possible comme chaque fois qu’elle devait faire ça pour l’argent avec des gens qu’elle n’aimait pas.

Mais le rideau de ses paupières l’empêchèrent de voir qu’ils n’étaient plus seuls dans la ruelle.
Et de tous, il fallait que ce soit lui.




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MessageSujet: Re: ghost ❀ (romeo)   Ven 1 Sep - 2:05

Dans l’ombre d’une allée, j’allume une clope glissée entre mes lèvres, la main en coupe-vent autour de la flamme vacillante du briquet. Contact léger sur la poche intérieure de mon blouson, histoire de m’assurer qu’elle est bien là, que les billets n’ont pas juste flambé entre ses mains pour du vide, et je recrache la fumée dans l’air frais, nuage opaque d’un instant qui vient me piquer les yeux. Mon téléphone vibre contre ma cuisse, je le tire de ma poche, déverrouille, Olympe. L’art de l’à-propos, à croire qu’elle sait aussi bien que moi les dates fatidiques, les promesses d’une semaine ou deux de défonce supplémentaires.
Ce soir, et comme beaucoup d’autres, le chien s’en est allé bouffer dans la main de son maître,
le camé dans celle de son dealer.

Un bail qu’on n’a pas fait le mur avec le crew du bahut. Quand que tu ramènes ta belle gueule ?
invit ?
Y a un plan pour ce w-e
’k jte redis ça
Oublie pas

Je m’apprête à ranger mon téléphone, clope consumée et passage piéton de carrefour en vue, mais il vibre dans ma main, une nouvelle fois.

Fais gaffe à toi

Et j’ai ce sourire fantôme au bord des lèvres, une seconde ; un instant je suis désolé, je songe au sachet fin dans ma veste et j’ai l’envie de dire pardon, de dire trop tard. C’est qu’elle sait les mots anodins qu’il faut, mon Inséparable, et aussi ceux qui brûlent un peu — qu’importe.

bonne nuit

J’avise les bouches de métro, esquive les premières que je croise parce qu’elles me plaisent moins — trop ou mal fréquenté ; l’genre racaille incognito qui tente de faire les poches des bourges et de voler les Rollex au poignet des cinquantenaires, ou l’genre frotteur queutard qui met les midinettes mal à l’aise et que j’interdirais à ma fille d’emprunter, si j’en avais une. Faut pas croire les bien pensants, les médisants ; les mauvais penchants, les tordus et les désespérés n’appartiennent pas qu’à la classe défavorisée.

Finalement, après coup, je me dis que c’est peut-être l’instinct, peut-être cette petite voix qu’on a tous dans un coin de la tête, des actes manqués qu’il valait mieux faire — j’aime pas causer Destin et ça m’ferait flipper d’y croire, mais après coup, ouais, après coup je me dis que c’en était peut-être un bon tour de sa part — un écart nécessaire.

Ça commence par un fracas sourd, bruit de poubelles qu’on heurte ou qui s’entrechoquent — le même genre qu’on peut entendre quand un chien et un chat se coursent autour, en bas de chez moi la nuit —, et puis d’autres plus ténus, indistincts, incertains, cinq mètres de moi à tout casser, première ruelle à droite à trois pas de là.
Et puis c’est une voix — tremblante, une voix qui pleure, une voix qui supplie, une voix qui implore ; une voix que je ne me souviens pas avoir déjà entendue emprunter ces intonations-là, une voix que je reconnaîtrais pourtant entre mille.

J’saisis pas ; faut que je m’avance, faut que je me glisse dans l’embouchure de l’allée déserte, que j’approche encore, pour deviner les silhouettes dans l’obscurité, la sienne et celle d’un autre, un type ; me faut une seconde et demie de plus pour saisir les mains sous les vêtements et à même la peau, et la faim, et la peur, et les pleurs — je vois rouge.

« Lâche-la, et, parce qu’il ne s’écarte pas, encore, lâche-la j‘t’ai dit enculé ! »

C’est froid, c’est mauvais, c’est cassant ; je le tiens déjà, loin d’elle, un coup dans la gueule un autre dans le bide, il se plie c’est mon genou, il saigne et je frappe encore, j’essaie de le foutre par terre, non ? peu importe c’est contre le mur — y’a une douleur vive entre mes côtes, ça me coupe le souffle mais je balance encore mon poing vers sa tempe.

Je crois qu’il gueule, je crois qu’il crache pute.

« Y’a qu’une seule pute ici et c’est toi. »

D’autres coups, peut-être un en lâche, il cille sur ses jambes et ça m’fait kiffer, il perd le semblant de contrôle qu’il avait et ça m’fait marrer, rire venin, rire poison, j’cogne encore — j’crois qu’au bout d’un moment, j’oublie pourquoi.

Faut que ce soit sa voix, faut que ce soit ses mains, sa détresse qui me ramènent à elle ; comme au sortir d’un mauvais rêve qui me laisse pantelant, je recule en chancelant dans sa direction. Dans un ultime mépris je crache sur ses belles fringues, qu’il aille s’astiquer, et qu’il aille en taule aussi, qu’il aille se faire prendre et pendre aussi, qu’il — je me heurte à son regard.
Deux prunelles céruléennes assombries par la nuit et diluées dans ce qu’il y avait de larmes dans sa voix ; j’effleure ce visage ravagé dont on a ôté la lumière, ce soir, cherche du bout des doigts à rallumer les étoiles. A défaut d’y parvenir, j’ôte mon blouson et le lui pose sur les épaules, avant de saisir son poignet pour l’entraîner à ma suite, loin, dans les rues plus éclairées, plus fréquentées, son sac attrapé au vol par ma main libre ; l'adrénaline tamise la douleur ravivée de ma côte pas tout à fait remise encore — et les bruits du monde s’effondrent dans le silence.

Dans mon esprit la scène se rejoue ; sa robe m’en rappelle une autre, l’obscurité est similaire, les images que je croyais fantaisies alcoolisées se superposent à celles de ce soir, cherchent les similitudes tout en s’accrochant aux différences pour ne pas y croire, déni des pensées.
Dans ma main, son poignet tenu d’une main plus ferme encore, réflexe idiot, la peur qu’elle m’échappe, qu’elle s’efface ; la peur qu’à la seconde où je comprendrai, elle disparaisse.

Ça tourne en boucle, ça me file la gerbe, l’envie d’y retourner et de le finir, de frapper dans un mur, de gueuler, d’foutre en l’air tous les pauvres types de tous ces beaux quartiers qu'on prétend sans raclures, sans éraflures — foutage de gueule dans les règles de l’art.

J’ai peur de saisir, Meera
peur de saisir tous les non-dits dans ce que je viens de voir
dans ce qui n’en valait pas la peine d’après toi.

A quel point j’ai pu être con et aveugle, dis-moi ?


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MessageSujet: Re: ghost ❀ (romeo)   Ven 1 Sep - 4:45

» ghost
« STAY WOKE 'CAUSE THEY'RE CREEPING | ROMEO »
Il y avait ses mains sur sa peau, et le goût du sang dans sa bouche ; la brûlure des larmes qui roulaient sur ses joues, et celle mille fois plus intense de la peur, de l’impuissance, de la rage, de la honte –elle ne pouvaient rien faire, tétanisée par la terreur, clouée sur place par sa tenue gênante, et surtout maintenue en place par une poigne de fer.
Non, non, non, non, pitié non, non, ça tournait en boucle dans sa tête –peut-être même que les mots s’échappaient de sa bouche sans qu’elle ne s’en rende compte.
Pitié.
J’ai pas besoin de ce fardeau là en plus à cacher.

Meera n’avait jamais été du genre pieuse. Mais pour la première fois de sa vie, elle pria pour qu’un miracle arrive.

Elle n’aurait su dire si c’était Dieu qui avait de l’humour ou si le destin se foutait de sa gueule cependant.

«  Lâche-la –elle reconnu la voix mais ne comprit pas encore à qui elle appartenait– lâche-la j‘t’ai dit enculé ! »

Et soudain
la délivrance.
Elle fut soulagée en un instant de son poids qui l’écrasait, de ses mains sur sa peau, de son corps tendu contre sa hanche et dont elle ne voulait rien savoir davantage.
Meera prit une inspiration tremblante –ce fut comme si tout l’air du monde lui rentrait subitement dans les poumons tant sa respiration avait été malmenée. Vacillante, elle se laissa glisser jusqu’au sol, contre la poubelle, trois secondes à peine le temps de se calmer –rien qu’un peu.
Elle leva les yeux et son coeur loupa un battement dans sa poitrine.
Romeo.
Romeo.
Il était là, alors elle était sauve.

Romeo.
Pourquoi fallait-il que tu me voies comme ça ?

À la fois elle ne pouvait pas rêver mieux comme miracle.
À la fois il ne pouvait pas y avoir pire

L’inconnu cracha un juron, un râle de douleur, une phrase suintante de colère et de mépris –elle entendit vaguement le mot pute, encore sonnée, et ça ne lui fit pas mal jusqu’à ce qu’elle réalise qu’il allait tout comprendre désormais.
Tout. Tout ce qu’elle s’efforçait de cacher.
Son fardeau, son secret.
Dieu comme elle tremblait de s’imaginer le dégoût dans ses yeux quand il la regardera et qu’il tiltera.

« Y’a qu’une seule pute ici et c’est toi. »

Il avait la voix rauque, bestiale –du genre qu’elle n’avait jamais entendu venant de sa gorge. Il y avait encore des coups, toujours le goût du sang sur ses lèvres, et des coups, toujours, un cri de douleur étranglé,
son rire
elle devait l’avouer : il lui faisait un peu peur à elle aussi.

Pourtant, et sans même qu’elle ne s’en aperçoive, Meera se releva tant bien que mal malgré ses jambes fébriles et tremblantes. Sa main s’agrippa à la manche de sa veste comme pour retenir le coup qu’il s’apprêtait à donner, ses lèvres formèrent des mots qu’elle n’avait pas l’impression de dicter.

« Romeo, arrête ! »

Sa voix se remit à trembler comme si de gros sanglots semblaient sur le point d’éclater dans sa gorge.

« S’il te plaît, Rom ! »

Il se détourna enfin vers elle –après un dernier crachat sur l’agresseur étalé au sol– et planta ses yeux d’ambres dans les siens.
Il avait le regard un peu fou –rage, fatigue, inquiétude peut-être, elle n’en savait rien. Pourtant ses doigts sur son visage étaient plus doux que jamais, et soudain la détresse dans ses yeux semblait être le miroir de la sienne.

« Rom’, elle bafouilla avec des trémolos dans la voix, je— »

Il ne la laissa pas finir, préféra lui passer sa propre veste sur le dos et l’entraîner loin des rues après avoir eu la bonne idée de récupérer de l’autre main son sac toujours gisant au sol –loin des poubelles ; loin de lui.

Et puis plus rien,
silence radio.

Les premiers pas, Meera fit de son mieux pour suivre les enjambées pressées de Romeo. Mais la fatigue et le choc, couplés à la douleur causée par ses talons ne l’aidèrent pas, et bientôt elle s’emmêlait les pieds et peinait à suivre son rythme. Elle sentit sa main se serrer plus fort sur son poignet, et une grimace de douleur lui passa sur le visage car il lui tenait celui que l’autre avait agrippé comme une brute au point de lui en laisser la marque.
La marque.
Les bleus des coups n’étaient pas les seules traces visibles sur son corps ce soir, et dans sa poitrine, son coeur s’emballa de peur à l’idée que Romeo, soit au courant dorénavant.
Dis quelque chose, par pitié.

Petit à petit, ses pas ralentirent –exténuée.
Les larmes s’étaient mises à couler toutes seules, silencieuses, le long de ses joues le temps de traverser les rues pavées ; et le chagrin secouait à présent tout son corps de tressautements et hoquets frénétiques.

Pitié dis-moi,
dis-moi que tu ne me déteste pas,
que je ne te dégoûte pas.
Dis-moi que peut importe comment, tu veux toujours de moi.





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MessageSujet: Re: ghost ❀ (romeo)   Ven 1 Sep - 12:26

A quel point j’ai pu être con et aveugle, dis-moi ?

Je me souviens la dernière fois, l’incertitude, rêve ou réalité, piégé entre les deux mon esprit a choisi la solution de facilité, celle qui protège, celle qui préserve, celle qui empêche de s’écorcher sur les rebords tranchants — j’ai fermé les yeux délibérément, j’aurais dû insister parce que c’était trop troublant, trop flagrant, j’aurais dû chercher, mais je n’ai pas voulu voir, pas voulu savoir.

Pourquoi m’as-tu laissé t’abandonner ?

Elle ralentit, trébuche, je sens les accrocs de ses pas et les miens vont decrescendo ; je m’immobilise et ferme les yeux, inspire pour me reprendre, me donner du courage — la force de l’affronter. Je ne sais pas si c’est elle ou bien moi — les masques tombés, ma violence ou sa vérité.
C’est de biais et par dessus mon épaule que je l’observe au début ; quand je vois ses larmes je me tourne tout entier vers elle en libérant son poignet de mon emprise — mon regard accroche les marques que mes doigts épousaient, je fronce les sourcils en les effleurant, rage contenue.

Puis ce sont les mèches de ses cheveux que je balaie de ses joues, glisse derrière ses oreilles, son visage que je prends en coupe entre mes mains pour essuyer les larmes qui l’ont creusé. Mon pouce effleure la contusion vive au bord de ses lèvres ; peu à peu la fièvre reflue pour laisser place à un grand vide — grand froid, plus intense et plus piquant que celui qui mord mes bras dénudés sans le blouson de cuir usé passé sur ses épaules à elle.

Je cède, me penche dans sa direction, et mes lèvres viennent se poser contre les siennes, légères, et puis caressent le début d’ecchymose à leur commissure, effleurent la tempe et puis le front, et mes bras l’entourent pour la ramener contre moi — et je m’en fous qu’elle porte l’odeur d’un parfum trop riche, trop entêtant qui fait tourner la tête, mélangé à l’eau de cologne d’un autre enculé, je m’en fous de ces fringues trop courtes et de ces talons trop hauts
je m’en fous, tant qu’elle est là, et qu’elle va bien.

« Je suis désolé, je souffle, presque inaudible. Si je t’ai fait peur… »

J’enfouis son visage contre mon épaule, pose un baiser sur sa pommette humide, et mes doigts caressent ses cheveux, dans une tendresse qui essaie de recoller les morceaux, de recomposer le tableau en des couleurs un peu plus vives, d’effacer la peur et les mains de l’autre, des autres, pour qu’il n’y ait plus que les miennes — cette douceur qu’elle me donne et m’inspire et que j’essaie de lui rendre un peu plus qu’à l’accoutumée, ce soir je ne te lâcherai pas, je ne te lâcherai plus.

« Il… Il t’a blessée ? »

Et mes doigts reviennent courir sur son poignet, doucement, comme si un peu d’amour pouvait effacer les empreintes et la douleur — comme si un peu d’amour pouvait suffire à lui faire oublier.


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MessageSujet: Re: ghost ❀ (romeo)   Sam 2 Sep - 1:40

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Quand Romeo s’immobilisa, elle manqua de lui rentrer dedans à cause des larmes qui lui brouillaient la vue et de son équilibre instable. Elle avait l’impression de ne plus pouvoir tenir sur ses jambes, que son corps tout entier tremblait –le choc, le froid, la peur, les larmes ; c’était une chose exténuante que d’aller mal.
Meera, les yeux rivés au sol et se retenant de faire du bruit en pleurant, n’osait pas lever les yeux vers lui, terrifiée à l’idée de croiser son regard et de n’y voir plus que de la pitié dégoûtée –pire, du mépris, de la colère. Toute son enfance elle avait entendu la plupart des garçons de l’école et de l’orphelinat traiter les filles comme elle de tous les noms possibles et imaginable, dire d’elles qu’ils n’en voudrait jamais plus que pour une nuit parce qu’elles sont sales, et qu’un homme ne voudrait jamais d’une femme comme ça.
Elle ne pouvait s’empêcher d’avoir peur qu’il pense pareil d’elle désormais.

Et pourtant.
Elle sentit une caresse sur ses joues humides, comme si on dégageait de son visage les mèches emmêlées de ses boucles bleues ; ce furent ensuite deux mains tièdes qui se posèrent de part et d’autre de sa figure, la forçant presque un peu à relever la tête mais avec une telle délicatesse qu’elle l’aurait fait d’elle-même de toute manière –elle croisa son regard, son coeur loupa un battement.
Il y avait de tout dans les yeux de Romeo –inquiétude, douceur, précaution, restes de colère peut-être, fatigue, tristesse presque ; mais jamais de mépris, jamais de dégoût.
Dans ses yeux à lui elle se sentait simplement petite fille blessée ; pas putain dégueulasse.

Alors elle céda. Quand il se pencha pour l’embrasser, le soulagement fut tel que les larmes redoublèrent, ruisselantes sur ses joues. Elle n’avait plus peur de pleurer pour de bon devant lui –ou peut-être qu’elle n’en pouvait tout bonnement plus de prétendre aller bien et nier l’évidence. Ça n’allait pas bien, ça ne l’avait jamais vraiment été mais depuis qu’on lui avait pris Saul c’était pire que tout, et jamais en bientôt plus de deux ans, elle n’avait osé pleurer de la sorte devant n’importe qui d’autre que lui.
C’était insupportable. Et c’était plus libérateur que tout que de se laisser aller dans les bras de Romeo, lui qui savait si bien apaiser son coeur sans même le vouloir, depuis quelques temps.

« Je suis désolé, si je t’ai fait peur… »

Meera renifla, ne se sentit pas la force de sortir le moindre mot, se contenta de secouer frénétiquement la tête de gauche à droite contre son épaule alors que ses mains se crispaient sur les plis de son tee-shirt. Oui tu m’as fait peur, rien qu’un peu, mais je m’en fous, j’m’en fous c’est tellement moins important que tes bras autour de moi, là, maintenant.
Ses lèvres sur sa joue et ses mains dans ses cheveux finirent par avoir raison des sanglots bruyants, et progressivement, ses hoquets s’espacèrent, sa respiration s’apaisa –ne restaient plus que des reniflements maladroits et des larmes encore capables de se faufiler sous les paupières.

« Il… Il t’a blessée ? »

Meera leva le nez vers lui, porta les doigts à son visage, là où l’ecchymose se formait déjà –une légère coupure s’était également formée à l’intérieur de sa lèvre du bas, morsure involontaire suite au choc du coup probablement, responsable du sang dans sa bouche.

« Pas trop, elle parvint à articuler d’une voix éteinte, j’ai… j’ai surtout eu peur, c’est tout. »

Romeo effleura encore une fois son poignet un peu bleui –un instant, elle se rappela de Noah et de la façon qu’il avait de lui laisser régulièrement des traces similaires sur les bras après l’amour, et un frisson glacé lui remonta le long du dos.

« Tu… elle prit son courage à deux mains pour oser le regarder dans les yeux une nouvelle fois, tu m’en veux pas ? Sa voix se brisa sur la fin de la phrase, alors elle toussa pour la préciser davantage. Tu… me trouves pas sale ? »

Elle avait beau connaître la réponse au fond de son coeur, elle ne sera pas tout à fait soulagée tant qu’il ne lui aura pas dit de vive voix.




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Paris-Brest crémeux
MessageSujet: Re: ghost ❀ (romeo)   Dim 10 Sep - 18:00

Les quelques passants qui nous passent à côté nous jette des regards en biais, je les devine qui se posent sur nous, curiosité intrusive qui voudrait tout savoir de ceux dont ils ne connaissent ni le nom ni l’histoire — c’est que ça attire l’attention, une femme qui pleure entre les bras d’un homme, c’est qu’il y a l’hésitation de certains, à se demander si c’est à cause de moi, si j’suis pas un de ces enfoirés dont on entend parler dans les sphères un peu moins dorées ((parce que dans celles-là, c’est trop bien dissimulé)), et qu’j’ai sans doute la dégaine qu’il faut, façon type pas vraiment fréquentable, j’sais pas. On est un peu plus habitués aux costards qu’aux fringues débraillées ici, pas vrai ?
Mais la douceur apparente les fait s’éclipser, de toute façon ils se fondent dans le décor comme dans l’obscurité, et ne compte que Meera — et ses contusions sous mes mains, le sel de ses larmes sur ma bouche. Meera et sa chaleur entre mes bras.

« Tu… »

J’incline la tête en la regardant, me perd dans ses yeux lorsqu’elle ose enfin les lever vers moi, et les miens disent continue.

« Tu m’en veux pas ? »

Je fronce les sourcils, caresse du bout des doigts son dos, sous la veste.

« Tu… me trouves pas sale ?
Meera… »

Les mots se bousculent au barrage de mes lèvres, se fracassent au bord de mon esprit ; tous dressés les uns sur les autres, j’essaie d’en tirer certains pour les assembler en phrases correctes, celles qui sauraient dire les pensées, les sentiments, j’essaie de trouver les plus justes pour parler des émotions — de trouver ceux qui ne blessent pas mais se contentent d’être sincères.

« Comment je pourrais, tu… Bon sang, Meera, les seuls à qui j’en veux c’est eux. Pas toi… Surtout pas toi, c’est pas de ta faute, c’est… je m’interromps, cherche mes mots et ils se perdent et se confondent — j’abandonne. Ne pleure plus, sweetheart. »

Du pouce j’essuie les dernières perles qui ont roulé sur ses joues, rougies de froid et de larmes, de honte peut-être ?, mon regard qui ne se détache du sien qu’une seconde et pour mieux s’y replonger l’instant d’après — jusqu’à ce qu’un frisson remonte le long de mon échine, et que je relève le nez pour aviser les bâtiments qui nous entourent, trop beaux et trop riches, immeubles neufs et rutilants, hôtels aux balcons sculptés peinture or plaqué.
Rentrer à pied — même pas y penser.

« On a qu’à aller chez moi, d’accord ? je souffle dans sa direction, en remontant soigneusement le col de sa robe, chiffonné par la course hâtive et les embrassades. Métro ou taxi ? »

Fraction de seconde, éclat jaune vif saisi au bout de la rue et qui vient dans notre direction ; sans lui laisser le temps de répondre, je pose mon index contre ses lèvres, esquisse de sourire au bord des miennes.

« Taxi. »

L’instant d’après j’approche du bord du trottoir, hèle le taxi qui s’attarde sans doute au retour d’une dernière tournée à la recherche de clients comme nous, les tardifs, ceux qui font hausser les tarifs — heures de nuit obligent. Il ralentit, s’immobilise et baisse la vitre à laquelle je me penche.

« L’entrée la rue Rockefeller, Hiawatha, vous faites ?
Grimpez, les jeunes, c’est sur ma route.
Merci. »

J’ouvre la portière pour Meera — élan de galanterie qui me saisissent, parfois, souvent ; plus régulièrement sous couvert de jeu, il faut l’avouer — puis me glisse sur l’autre flanc de la voiture pour m’installer sur le siège d’à-côté. Ceinture bouclée, ma main revient instinctivement saisir celle de Meera, mes doigts s’amusent avec les siens, s’agit juste de la toucher, de la tenir, et c’est suffisant.

« Alors, les jeunes, on revient d’une soirée VIP en amoureux ? »

Coup d’oeil dans le rétroviseur central, le chauffeur affiche le sourire taquin de ceux qui, du haut de leur expérience, vannent les générations suivantes sans arrière-pensée, le regard de ceux qui en ont vu et qui s’attendrissent encore de la candeur des autres — coup d’oeil en direction de Meera, la seconde d’après, et ma main qui s’enlace un peu plus fort à la sienne, c’est si flagrant ?

« On peut dire ça comme ça, en effet…, je ricane, mensonge éhonté — quel fou irait déblatérer la vérité, hein ? »

Je bascule sur le côté, repose ma tête sur l’épaule de Meera, le regard porté sur la route de l’autre côté du pare-brise — retarder la montée de la nausée, peut-être y échapper pour cette fois, du moins limiter la casse et le tournis à la descente. La ceinture me scie la carotide mais je m’en moque ; seule pensée à la belle près de moi, à son parfum d’été que je discerne encore sous l’eau de toilette factice.

— — — ✂ — — —

« Bonne soirée les tourtereaux, ne vous couchez pas trop tard ! »

Un clin d’oeil plus tard et mes derniers billets en poche pour régler les kilomètres, le chauffeur embraye et disparaît au coin de la rue. Je prends le temps d’inspirer profondément l’air frais de la nuit qui m’arrache les poumons — le mal de la route aura fini par montrer le bout de son nez — et le froid succédant à la tiédeur chaleureuse de l’habitacle mord chaque parcelle de mon corps qui ne soit pas couverte et me fait frissonner.

Nos mains enlacées pour seul contact, je fais signe à Meera en m’engageant dans l’allée en descente légère qui serpente entre les immeubles sobres et vieillis du quartier — certains murs tagués, quelques typographies illisibles, des couleurs passées, des mots durs de révolte adolescente, tendance punk, fuck society et no future fréquents. Deux cent mètres et j’en ai vu passer trois de chaque — souvent saupoudrés de logo anarchistes.

Au couvert du hall de mon immeuble je presse le pas, tout en prenant soin que Meera ne trébuche pas dans les escaliers ; porte de mon appartement refermée dans mon dos je me sens mieux, presque bien, jamais plus en sécurité qu’ici — comme un avant-goût de bonheur, un chez soi certes exigu mais confortable, une boule de poils rousse qui miaule bienvenue depuis l’accoudoir du canapé, la femme que j’aime comme chaînon manquant enfin trouvé.

« Tu veux quelque chose ? je souffle en me tournant vers elle, après avoir déposé un baiser léger à la commissure violacée de ses lèvres. A boire, à manger ? Sucré, salé, chaud, froid, cuisiné ou tout fait ? Autre chose ? »

Tout ce que tu veux, ce soir ;
tout ce que tu veux pour dissiper son ombre
tout ce que tu veux pour effacer ses mains
sans t’écorcher avec les miennes.

Tout ce que tu veux, ce soir ;
tout ce que tu veux si c’est de moi pour toi.


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MessageSujet: Re: ghost ❀ (romeo)   Dim 10 Sep - 23:38

» ghost
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« Meera… »

Son coeur s’emballa, il lui était impossible de ne pas imaginer le pire dans les mots qu’il s’apprêtait à dire –si elle-même se trouvait répugnante après tout, comment les autres ne pouvaient-ils pas penser de même ?

« Comment je pourrais, tu… Bon sang, Meera, les seuls à qui j’en veux c’est eux. Pas toi… Surtout pas toi, c’est pas de ta faute, c’est… »

Il s’interrompit, et dans ses yeux, elle y trouva tout ce qu’elle voulait y trouver –d’un coup ce fut comme si elle pouvait de nouveau respirer.

« Ne pleure plus, sweetheart. »

Meera eu comme un rire nerveux alors qu’il essuyait de nouveau les larmes qui lui restaient accrochées aux joues ; c’était peut-être ridicule mais elle arrivait à trouver du réconfort dans chacun de ses mots, et c’était la première fois qu’il l’appelait par ce genre de surnom tendre, et avec ce ton si doux –à croire qu’il savait parfaitement comment dompter ses peurs et son coeur.

« On a qu’à aller chez moi, d’accord ? –Meera acquiesça sans rien dire, comme une enfant fatiguée qui laisserait aux plus grands l’initiative des décisions– Métro ou taxi ? »

Elle s’apprêta à répondre « Métro » quand Romeo passa un doigt sur ses lèvres –son choix était fait. Trop fatiguée pour protester –et honnêtement trop pressée de rentrer au chaud également– elle s’installa dans le véhicule quand il lui ouvrit la porte sans ouvrir la bouche, se contentant d’un sourire poli pour saluer le chauffeur.
Il faisait plus chaud au couvert de l’habitacle, pourtant, Meera avait comme du mal à se laisser aller au repos le temps du trajet. C’était une drôle de sensation, comme si elle avait froid de l’intérieur, et elle se retenait presque de claquer des dents.
Heureusement, elle avait la chaleur de Romeo contre elle pour l’empêcher de grelotter.

Au sortir du taxi, tandis que le jeune homme s’occupait de payer le chauffeur, elle eu cette désagréable sensation de froid dans sa nuque, comme si on l’observait, et elle eu un frisson glacial le long de son dos ; la seconde d’après, quand Romeo revenait vers elle, le désagrément s’évanouissait et c’était comme si elle s’était tout imaginé –vu les événements de la soirée, ça ne l’étonnerait même pas que sa tête lui joue des tours.

« T’étais pas obligé de payer pour moi… elle murmura d’une voix éteinte en avisant la route par-dessus son épaule comme pour s’assurer qu’il n’y avait personne pour les observer derrière eux. C’était combien ? Pour que je te rembourse… »

Meera était de celles et ceux qui n’aimaient pas vraiment que l’on paye pour eux. Il fallait dire que très tôt elle avait été confrontée au coût de la vie, et depuis si longtemps qu’elle se débrouillait toute seule elle avait du mal à accepter l’aide des autres de peur d’avoir l’air d’un fardeau –pire d’un gouffre à fric. Instinctivement elle serra une main sur les lanières de son sac qu’elle avait récupéré, comme pour s’assurer qu’il était bien là, que son contenu ne s’était pas envolé.

❀ ❀ ❀ ❀ ❀

Quand elle passa le seuil de l’entrée de chez lui, Meera sentit comme une vague de soulagement la saisir ; elle avait enfin un peu moins froid, et surtout elle ne se sentait plus si vulnérable –à croire qu’au couvert de son appartement, elle pouvait être totalement nue qu’elle ne s’y sentirait jamais vraiment comme tel tant elle s’y sentait en sécurité ; peut-être à cause de son odeur qui régnait dans l’air.

Le miaulement qu’elle entendit depuis le salon la fit sourire, et le baiser au coin de ses lèvres lui donna un peu plus chaud à l’intérieur –petit à petit elle commençait à reprendre des couleurs, même si ce n’était pas encore tout à fait ça, c’était un début.

« Tu veux quelque chose ? À boire, à manger ? Sucré, salé, chaud, froid, cuisiné ou tout fait ? Autre chose ?
Juste de l’eau s’il te plaît, elle répondit avec un sourire fatigué ; elle ne se sentait pas capable d’avaler quoique ce soit, et elle doutait qu’il accepte de la laisser vider une bouteille de vodka comme elle avait l’habitude de le faire après une nuit de travail. »

Elle se déchaussa dans l’entrée, mais au moment de retirer la veste qu’il lui avait posé sur les épaules, elle eu une seconde d’hésitation. Si à l’ombre de la ruelle, il n’avait pas vu les traces dans son cou et sur ses épaules, à la lumière de l’appartement, il était évident qu’il ne pourrait pas les louper –ça la dérangeait, terriblement. Elle aurait voulu pouvoir se montrer belle et nouvelle devant lui, vierge de tout coup de rein n’ayant pour but ultime que l’argent et l’envie de tirer un coup entre des cuisses encore jeunes.
Honteuse, elle laissa la veste sur ses épaules, et le froid reprit aussitôt ses droits dans sa poitrine.

« Dis, fit-elle une fois avoir bu le verre d’eau qu’il lui avait tendu, j’pourrais prendre une douche et t’emprunter des vêtements…encore ? »

Si elle avait fini sa phrase sur un rire un peu nerveux, elle n’avait rien de drôle en tête –juste l’envie, encore une fois, de se passer la peau au karcher, de se frotter l’épiderme jusqu’au sang si ça pouvait retirer tout souvenir de leurs mains sur elle.




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