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Le PDG de la X-TREM Factory entretiendrait une relation des plus intenses avec sa vice-présidente. On espère que ce n’est pas cette affaire qui a distrait l’ancien Phoenix de son travail et qui a entraîné un manque de sécurité lors de la dernière conférence de presse de l’entreprise où à eu lieu une explosion causant la mort d’un de ses haut-gradés...
Le mystérieux « Mist » dont l’apparition soudaine a récemment secoué la ville serait en fait une association de trolls désoeuvrés voulant profiter de la panique des récents attentats pour gagner plus de popularité sur les réseaux sociaux.
Il paraîtrait que le fondateur de la ville Edward Astrophel aurait été le descendant direct de Diogène, le philosophe grec qui vivait dans un tonneau. Incroyable !
les rumeurs



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h e r o i n ; ((romeo))
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MessageSujet: h e r o i n ; ((romeo))   Mar 25 Juil - 3:40

(www) gasoline — halsey ; cover
(www) crawling — linkin park
(www) war of change — thousand foot krutch
(www) not gonna die — skillet
(www) 2xgm— fauve
(www) my nightmare — get scared ((w/nirvana))
(www) breaking the habit — linkin park
(www) heroine — sleeping with sirens
(www) any other way — we the kings
(www) un jour — damien sargue
(www) me against the world — simple plan
(www) animal — neon trees ; cover ((w/jonas))
(www) song on fire — nickelback ((w/meera))
(www) howl at the moon — the script
(www) be somebody — thousand foot krutch ((w/shizu))
(www) feel nothing — the plot in you
(www) where's my wonderland — blood on the dancefloor
(www) desire — years & years ((w/hélio))
(www) battle symphony — linkin park


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MessageSujet: Re: h e r o i n ; ((romeo))   Mar 29 Aoû - 0:00

this feeling of being so absurd in my life x romeo, romeo, romeo
dear family, dear fathers and dear unknown x ses pères adoptifs, ils s’appellent Marvel et Santiague, mais Romeo les appelle plus souvent Marl et Sante, et ce depuis gamin.

Marvel pourrait presque être le père biologique de son fils, les traits du visage en faux air, et les cheveux blond cendré. Mais la carrure est différente, plus solide, plus carrée, et les yeux sont d’un bleu glacial qui tire sur le gris et dont les nuances varient en fonction du temps qu’il fait dehors — Romeo les trouve sublimes quand le ciel est nuageux et que les prunelles de Marvel semblent avoir été arrachées aux cieux d’hiver. Il est médecin urgentiste à l’hôpital d’Astrophel, depuis plusieurs années maintenant. C’est suite à un accident de voiture qui a failli lui coûter la vie lorsqu’il était encore jeune ((17 ou 18 ans)) qu’il a décidé de s’engager à sauver celle des autres à son tour, par reconnaissance envers le corps médical qui a sauvé la sienne.

Santiague, c’est quelques centimètres de plus et trois ans de moins, c’est une peau halée, des iris olive et un accent mexicain léger, qui se prononce quand il n’y prend pas garde ou qu’il est fatigué. C’est à la fin de son adolescence qu’il passe la frontière — seul, presque mis à la porte par ses propres parents — pour venir s’installer aux Etats-Unis, loin des rues machistes et homophobes qui lui ont valu bon nombre de coups qu’il a rendus, chaque fois avec plus de rage que celle d’avant. Il s’est heurté au racisme banalisé des rues basses de Brooklyn, avant d’emménager à Astrophel, là où son don de télékinésie n’apparaît pas comme une anomalie aux yeux du monde. C’est ici, seulement, qu’il commence à bâtir une vie qui n’est plus si précaire, démontant les murs des préjugés pour se faire une place dans la société — aujourd’hui, il travaille dans l’administration financière de la ville.

C’est au cours de leurs années d’études à l’université, lorsque Marvel a 22 ans et Santiague 19, qu’ils se rencontrent et se fréquentent. Seize ans plus tard, maintenant qu’ils en ont 38 et 35, ces deux-là sont toujours ensemble, bien qu’ils ne se soient jamais mariés. C’est donc de Marvel que Romeo, adopté quand ils avaient 27 et 24 ans, tient son nom de famille.
everybody wants to be a cat x Boomerang, c’est une petite boule de poils rousse qu’il a récupéré en bas de chez lui en revenant d’une journée de répétition. Il pleuvait, il avait bu avant de rentrer, son attention s’éparpillait, et pourtant son regard a fini par se poser sur la petite chose trempée, frigorifiée et effrayée, prostrée sur un morceau de carton entre deux sacs poubelle sur le trottoir. Il n’a pas vraiment réfléchi lorsqu’il l’a ramassée et montée chez lui, réchauffée dans une serviette près du chauffage qu’il a allumé en plein mois de juin pour être certain qu’elle n’ait plus froid. Pendant des jours, il ne l’a plus lâchée d’une semelle, veillant à ce qu’elle ne manque de rien et qu’elle ne tombe pas malade.

Lorsqu’elle s’est remise sur pattes et qu’elle est devenue intenable, peluche agitée qui bondissait en tout sens, il a tenté de la laisser aux bons soirs de la veuve du cinquième étage. Cependant, chaque fois qu’elle ouvrait la porte, la bestiole descendait jusque devant celle de Romeo, attendant patiemment qu’il ouvre pour se glisser dans l’appartement où elle avait pris ses marques. Au bout de cinq ou six fois à la renvoyer chez la vieille femme, sans résultats concluants, ils ont tous les deux convenu qu’il la garderait. C’est par ailleurs de cette anecdote qu’elle tient son nom.

Il aime cette petite bête d’un amour fou, quoiqu’il soit peu démonstratif. Il oublie régulièrement de la nourrir aux heures qu’il a fixées, mais elle finit toujours par lui pardonner, parce qu’il la laisse dormir sur ses genoux et sur son oreiller, et qu’il lui refile parfois les restes de ses propres repas — elle raffole d’ailleurs du blanc de poulet. Elle aime les bains, parce qu’il l’y a habituée dès les premiers jours ; elle vient d’elle-même laper l’eau au robinet, parfois, pendant que lui se sert un verre, à condition qu’elle parvienne à grimper sur l’évier. Romeo lui a acheté un arbre à chat dans lequel elle ne va jamais, bien qu’il ait l’air des plus confortables, elle semble préférer dormir sur l’enchevêtrement de fils derrière ses guitares et ses amplis, ou bien l’une des chaises en bois de la cuisine.

La logique des chats, Romeo ne la comprendra jamais.

standing in a hall of fame, and the world's gonna know our name x carvel&son et les contrats à gages
we can love, we can hate, we can't live without it x the fallen devils, la famille du coeur qu'il a choisie et son Grand Rêve
you can't overdose on music x son rapport à la musique, puis son mp3, ce qu'il écoute quand il est seul et pendant ses trajets, et puis même avec des gens chez lui sur sa chaîne hifi

please don't let them say i am the villain of the story x carvel&son et les contrats à gages
you wanna be stressed, i'd rather have sex x parental advisory here 8)
each scar as a part of a story that could never be told with any word x les cicatrices en vrac


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MessageSujet: Re: h e r o i n ; ((romeo))   Mar 29 Aoû - 0:08

OS à venir. ♥
Je t’aime
T’es folle
Je t’aime
Genre, d’amour ?
Du vrai
Chut. Je risque de te croire
Tu peux, tu sais
Jamais
Je t’aime
Un sanglot. Il suffoque, il étouffe. Sur lui, sous lui, les draps sont humides de sueur. Il se débat avec le vide, il tremble, il frissonne de tout son être. La fièvre l’emporte, il gémit dans son sommeil, les larmes coulent sur ses joues sans même qu’il ne s’en rende compte. Il pleure. Il pleure depuis des heures ; c’était silencieux, jusqu’à ce que ce soit la guerre et le tumulte des heures sombres qui éclate dans son coeur.

« N… Nir… » Il hoquète, il ouvre les yeux ; le poids dans sa cage thoracique l’empêche de parler, de hurler, alors que ça brûle à l’intérieur. Il essaie de s’échapper, d’échapper à l’obscurité de sa conscience que même la nuit rappelle à lui. « Stop… Stop, stop, stop… » Il geint et c’est à peine un murmure, trop faible pour être entendu de quiconque.
Trop faible pour être entendu de son coeur qui brûle et des remords qui le dévorent.
Rongé à l’acide.

Je t’aime
T’arrêtes jamais, hein
Pourquoi tu ne me le dis pas ?
Parce que
Tu ne m’aimes pas ?
Je ne le dis jamais
Pourquoi ?
Ça sert à rien
Tu crois ?
C’est trop con
Je t’aime
Il repousse les couvertures qui lui tiennent trop chaud, et la morsure de l’air glacial qui s’est faufilé par la fenêtre laissée ouverte lui arrache une plainte, un frisson, un claquement de dents. A moins que ce ne soit à l’intérieur de lui-même, qu’il fait si froid qu’il pourrait bien en crever ? Il tourne, comme un fauve en cage. La démarche hésitant, le pas mal assuré. Dans la pénombre de la chambre, il se heurte aux meubles, il se prend les pieds dans les draps qui sont tombés par terre.
Dans le silence angoissant de la pluie, il sanglote, déchirant.

Sur son bureau, il devine l’emplacement vide laissé par son ordinateur — celui qu’il a explosé, de colère, de rage, de douleur, parce que c’était comme ça que tout avait commencé, comme ça qu’il l’a rencontrée, comme ça qu’il l’a aimée. Il l’a détruit ; triste métaphore pour lui rappeler qu’il l’a tuée, elle.
Assassin.
Il gémit, il s’étouffe, il tousse. Putain, non, non, non non non… Non ! C’est l’angoisse qui le prend aux tripes, c’est un vertige qui le saisit, la nausée qui monte et lui fait tourner la tête. Il vacille, se jette contre sa fenêtre, qu’il ouvre entièrement, de ses mains tremblantes, de ses doigts fébriles. Et il inspire. Il inspire le froid automnal au dehors, qui vient lui piquer les yeux et lui brûler les poumons. De ce côté-ci, rien d’autre que le jardin, et un vis-à-vis sur la fenêtre du salon du voisin. Volets clos ; rue paisible.
Le monde est endormi, et lui, il crève à l’intérieur.

Il se voit s’habiller, faire le mur, fuir à trois pâtés de maisons plus loin pour frapper à la fenêtre d’Olympe, s’abandonner à ses bras et passer la nuit avec elle, à rire, à faire les cons, à chanter, à tournoyer, à oublier que putain, le monde fait mal. Passer des heures à le refaire autrement. Autrement, pour qu’il devienne celui qu’il faut, pour des inadaptés émotionnels dans leur genre. Dans son genre.
Rentrer au petit matin, et n’avoir plus jamais mal.
Jamais.

Romeo
Quoi ?
J’ai recommencé
Hein ?
J’ai recommencé je te dis
Nirvana...
Ça fait mal
Nirvana...
Ça pisse le sang
Nirvana steuplait...
Je me sens mal
Nirvana......
Il recule, il cille, il a envie de vomir. Ça lui retourne les tripes, rien que d’y penser. Elle le rendait malade. Elle était cruelle. Elle était poison. Il tomberait presque, si la douleur, la colère, maintenant, ne le tenait pas debout, tête levée, regard luisant. Il a les yeux vitreux, voilés de larmes, il fixe le vide comme s’il pouvait y trouver une réponse, quelque chose, n’importe quoi pour sortir de cet enfer.
N’importe quoi pour ne plus souffrir.
Instinctivement, sa main agrippe son bras, ses ongles entament sa peau.
Non. Non, pas ce soir, pas cette fois.
Je peux pas. J’ai pas le droit.
Je peux pas faire ça.


Ses prunelles dérivent ; habituées à l’obscurité nocturne, elles décrivent les livres mal alignés sur ses étagères, les bien trop nombreux kaléidoscopes empilés les uns sur les autres, les photographies épinglées sur ses murs ou encadrées là où il reste de la place. Ses pères et lui, Olympe et lui, sa clique et lui. Du temps où il n’avait que quelques écorchures déjà soignées, presque, restes de harcèlement qu’il avait encaissé en baissant la tête, quelques coups qu’on lui avait donnés, et qu’il avait rendus en les comptant chaque fois précisément. Qu’il n’en oublie aucun, que justice soit faite.
Cette fois-ci, il ne peut rien soigner le poing serré, le sang brûlant.
Alors, quoi ?


Sur son lit, il la revoit encore, allongée, ronronnante, et il se revoit aussi, lui, les mains sur son corps, en train de la dénuder, de l’embrasser ; elle qui rit chaque fois que leurs pensées s’entremêlent dans leur tête. Dans la sienne, c’étaient des chansons, des mélodies fluettes et des comptines d’enfants, trop lumineuses et colorées pour ce qu’elle était réellement. Il la revoit, il sent encore sa peau chaude sous ses doigts, les cicatrices qu’il effleurait sur ses bras, les baisers qu’il y déposait, et le goût métallique qui s’attardait dans sa bouche, chaque fois, cruel de vérité. Douloureux. Immonde, écœurant. Terrifiant.
Il la revoit, au matin, les yeux obstinément clos, l’épiderme froid. Quand elle ne réagissait plus, les secondes d’angoisse, l’appel à l’aide. L’hôpital. Je ne veux plus te voir. Il ne savait pas, alors ; il ne savait pas qu’elle le prendrait au mot, il ne savait pas qu’il ne la verrait plus jamais. Il ne savait pas qu’il venait d’infliger le dernier coup, de rompre la dernière corde, de briser le dernier pilier : il ignorait encore qu’il venait de la condamner.
Sa victoire dans le pire, elle lui a claqué à la gueule, quelques semaines plus tard.
Partie terminée.

Il crie, enfin.
Un cri de rage, de douleur, un sanglot un peu trop sonore qui éclate dans la nuit profonde. L’un des cadres se brise : elle et lui. Le papier glacé se déchire sous les éclats de verre, elle disparaît, et lui pleure, et lui rit — un rire nerveux, brisé, dément.
Est-ce que l’on peut devenir fou d’avoir perdu ce qu’il restait d’innocence à quinze ans ?
Est-ce que l’on peut devenir fou de s’être écorché l’âme de la sorte ?
Est-ce que l’on peut devenir fou d’avoir tué ?


Romeo
Romeo réponds
S’il te plaît
Romeo
S’il te plaît
S’il te plaît
Me laisse pas
Romeo réponds-moi
Romeo j’ai besoin de toi
Il se laisse tomber à genoux, les morceaux de verre lui écorchent les mains, il cille à peine. Cette douleur-ci est peu, comparée à celle qui le bouffe de l’intérieur. Il s’en saisit d’un, qui miroite sous les reflets de la lune venus de l’extérieur ; il y songe, une seconde, puis se ravise. Peur, lâcheté, ou bien peut-être est-ce une forme de courage, que de vivre encore lorsqu’abandonner paraît si facile ?

C’est de ta faute
Tout est de ta faute
Je te déteste
Crève
Réponds
Je le pensais pas
Réponds-moi
Romeo
Le morceau tombe au sol dans un faible tintement et, de nouveau, ce sont des sanglots qui le secouent, sans qu’il ne puisse plus les arrêter. Il ne sait plus respirer, il sent sa gorge prise en étau, l’air qui peine à emplir ses poumons. Peut-être qu’il crie encore, il ne sait plus.
Cette fois-ci, la porte s’ouvre à la volée ; une fraction de secondes se passe, avant qu’on se précipite vers lui, et qu’on l’enferme entre deux bras chaleureux, rassurants. Aussitôt, il parvient de nouveau à inspirer. « P… P’pa… P’pa je… » Il n’y arrive pas, il ne peut pas : ce soir, les mots sont trop difficiles à prononcer. Sera-t-il de toute façon jamais capable de les dire ? « Chut… chut, c’est rien. Ça va aller… Ça va aller… »
Les mots qui rassurent — les mots que l’on essaie de rendre rassurants.
Ceux qui ne le sont jamais.
Non, ça n’ira pas, ça n’ira plus.
Pas alors qu’elle est partie.
Pas quand c’est de ma faute.


Et pourtant, il y croit — il essaie. Pour cette nuit, pour ne pas craquer, pour ne pas sombrer, pour ne pas tout foutre en l’air, il fait de son mieux. Il s’abandonne aux bras offerts, bientôt rejoints par d’autres. Il se laisse enserrer, il se laisse consoler. Pour cette nuit, pour ne pas devenir fou, il fait semblant, il essaie d’oublier — c’est factice, c’est surfait, mais putain, c’est qu’un môme, qu’est-ce qu’il y peut ?
Ce soir, et jusqu’à demain, jusqu’au matin qui le forcera à ouvrir de nouveau les yeux, à se traîner hors de son lit et à vivre quand il a ôté ce droit à quelqu’un, il continuera de faire semblant. Il ravalera ses larmes, il esquissera l’ombre d’un sourire. Il essaiera d’avoir l’air d’aller bien — comme s’il suffisait de quelques heures, quelques jours pour que la plaie béante se referme.
Et, un jour, comme il l’a déjà fait, et comme elle le faisait avant lui, il recommencera.
Parce qu’elle est sa première addiction, sa première méthode d’auto-destruction.
Parce qu’il se considère assassin, ce jour-là sera le début de la fin.
Le jour ne se lèvera plus, au fond de ses ambres ternies, au creux de son cœur endoloris.
Mais il fera semblant. Il donnera le change. Il jouera au plus fort.
Il fera le con, et il oubliera trop vite que la douleur qu’il inflige, il la connaît déjà.

Je suis désolée.
Je suis désolé.

OS à venir, bientôt fini. ♥
Le souffle court, le frisson dans tout le corps, l’adrénaline dans les veines ; j’en ai les mains qui tremblent, et ce sourire sur mes lèvres, et ce rire au fond de ma gorge. Je balance, je vacille, les projecteurs et les flashs ; vingt-cinq mille étoiles sur fond d’obscurité mouvante. Ils hurlent, il applaudissent, et je vibre et mon coeur bat — un battement fou pour chacun de ceux qui vivent face à la scène.

Je pose ma guitare contre l’estrade et les accords changent, « et celle-là… celle-là, vous la connaissez ? », d’autres cris, d’autres applaudissements, j’avance à mesure, au bord du vide, dévale les escaliers qui me mènent à hauteur de la foule, « celle-là elle est pour vous, celle-là elle est pour nous, celle-là, celle-là elle est pour nos combats, celle-là elle est pour nos vies », les gardes du corps m’encadrent, je longe les barrières, je croise les regards, rends les sourires, effleure les mains, « pour la vie, cette chienne de vie qui nous laisse si souvent sur le bas côté, perdus, égarés et couverts de bleus », je vois des larmes sur un visage aux prunelles vives, ivres de bonheur et je ris, je rends l’accolade qui s’offre, quand je parle il y a l’émotion qui fait tanguer ma voix, « celle-là c’est pour se souvenir qu’à la nuit succède le jour, et qu’un jour, un jour on est au sommet », je rejoins l’esplanade, accroche une main dans le public qui m’aide à trouver mon équilibre sur le rebord de la barrière contre laquelle je m’appuie, perché sur les barreaux de fer, « comme vous ce soir, et comme moi, et comme nous » dans mon dos, les premiers accords de basse, je ferme les yeux et je devine les doigts de Meera sur les cordes, les airs familiers, tant de fois répétés ; je rouvre les paupières et balaie la foule « celle-là pour se rappeler qu’ici, ce soir, nous sommes vivants ! »

Et ils hurlent, et le sol tremble, je ris encore, baisse les yeux sur ceux qui m’entourent et m’accrochent, à la recherche d’un contact — quelques secondes pour rendre la soirée qu’ils vivent plus tangible, saisir qu’ils sont , au centre de millier d’autres, part d’un tout et part de nous, part de cette nuit, part de la magie qui nous saisit tous un peu. Je croise les regards et ce soir, ce soir pour la millième fois, je réalise que j’ai réussi ; je suis vivant et, dans les yeux qu’ils posent sur moi, nous, il y a l’espoir, la rage d’exister, que j’ai rêvé ressentir et insuffler.
Ce soir, à nos pieds, d’autres démons assassinés.

Je saisis une main dans la foule ; j’ai deviné ces ombres gravées dans la chair, les fêlures à même la peau, ces histoires qu’on inscrit en soi à coup de lames — les miennes dissimulées d’encre, que l’on devine encore si l’on y prend garde.
Il y a dans les yeux de cet autre ces récits que je connais, ces douleurs familières, cette lutte acharnée pour que chaque heure ne soit pas la dernière, qu’il y ait des demain et des toujours ; il y a sur ces traits comme une détermination, un empressement d’être et de ressentir en plus vif, en plus intense, chaque seconde comme nouvel élan ; il y a dans cette poigne tremblante une force extrême, une colère sourde, une volonté qui ne cèdera pas.

« ce soir c’est pour toi, et pour tous les autres qui ne rendront jamais les armes »

Et ma voix sur les premières paroles ; je lis les identiques sur les siennes, la fièvre et l’émotion dans ses yeux comme entre mes côtes. Je me penche, frémis sous les mains qui m’effleurent et me couvrent, entre l’autre et moi le micro comme réceptacle de nos deux voix, la sienne douce et chaude, vibrante, à peine hésitante, et c’est comme si l’autre avait vécu toute sa vie pour cet instant-là — mes prunelles plongées au fond des siennes, nos deux coffres comme un seul sur cette chanson écrite à l’aube de mon dernier anniversaire, que l’autre pourrait avoir lui-même rédigée s’il avait tenu le crayon à ma place cette nuit-là, quand les souvenirs se fracassaient et que les dix dernières années éclataient dans l’esprit en un vacarme assourdissant qu’il fallait ordonner.
Un hymne de guerre contre soi-même, des mots de courage pour dire que tout reste à faire, que les dragons sont morts et que les rêves peuvent s’échapper de leur tour d’acier, défaits de leurs chaînes rouillées. Ces mots que j’ai tant voulu écrire et partager, ces mots que j’ai tant voulu entendre repris en vingt-cinq mille échos pour vingt-cinq mille raisons différentes ; vingt-cinq ans enfin et ce soir je ne touche plus terre, vingt-cinq ans enfin et ce soir c’est ma victoire.

Le premier refrain meurt sur nos lèvres, je me redresse sans laisser s’en aller cette main qui s’accroche à la mienne — c’est comme une promesse, tenue à bout de bras, envers et contre tout, celle de ne pas lâcher. Et je chante, je chante un sourire aux lèvres, je chante pour vingt-cinq mille personnes, je chante pour vingt-cinq mille heures, vingt-cinq mille vies ; je chante comme si c’était la dernière fois, je chante pour nos existences biaisées, je chante pour l’autre, je chante pour ces milliers d’autres, je chante pour Shizu et nos amours, pour Meera, Ange et nos folies, nos terreurs et nos névroses, je chante pour Olympe et nos nuits sans sommeil, nos confidences, je chante pour Leo, Jude, Allen et nos complicités, je chante pour Nirvana, Jonas, Iekazu, les douleurs, les rancoeurs, les bonheurs éphémères et les leçons de vie — je chante pour un pardon, je chante pour un merci.

Je reprends le dernier choeur une deuxième fois, et mon Inséparable se joint à moi dans une impulsion imprévue qu’une vague d’applaudissements et de cris euphoriques couvrent presque. Nos chants comme si souvent accordés en une symbiose sans pareille, je ferme les yeux, renverse la tête en arrière et m’accroche à cette poigne qui me tient toujours pour ne pas perdre l’équilibre ; je les rouvre quand résonnent dans l’air les derniers mots, « i’ll live again » et regards croisés en une symbolique flagrante.

A l’autre une étreinte soudaine, et le tonnerre des mains qui frappent et des hurlements exaltés tout autour de nous, je recule d’une démarche presque incertaine, à peine vacillante ; « merci » tremblant contre le micro, et je rejoins la scène en courant, quand la batterie donne un nouveau tempo qui me propulse sur l’une des caisses au devant de l’estrade, d’où j’ai l’impression d’avoir le monde à mes pieds.

Et je chante, encore,
parce que ce soir
n’est pas terminé,
que demain
est encore à venir
pour nous
et ces vingt-cinq mille autres
vivants
sous nos yeux.


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