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Le PDG de la X-TREM Factory entretiendrait une relation des plus intenses avec sa vice-présidente. On espère que ce n’est pas cette affaire qui a distrait l’ancien Phoenix de son travail et qui a entraîné un manque de sécurité lors de la dernière conférence de presse de l’entreprise où à eu lieu une explosion causant la mort d’un de ses haut-gradés...
Le mystérieux « Mist » dont l’apparition soudaine a récemment secoué la ville serait en fait une association de trolls désoeuvrés voulant profiter de la panique des récents attentats pour gagner plus de popularité sur les réseaux sociaux.
Il paraîtrait que le fondateur de la ville Edward Astrophel aurait été le descendant direct de Diogène, le philosophe grec qui vivait dans un tonneau. Incroyable !
les rumeurs



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((leo)) + let's live tonight
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MessageSujet: ((leo)) + let's live tonight   Ven 28 Juil - 3:20

« Eh, vous partez ? »

Olympe s’immobilise, Meera dans son ombre ; elle me lance un regard, un sourire, se justifie d’un « soirée entre filles », se presse d’ajouter un « non, tu n’es pas invité, même au nom de tes fantasmes tordus » à peine narquois — prévisible — avant de lancer un baiser dans l’air, de s’éclipser. J’accroche un peu plus longtemps le regard de Meera, lui adresse un vague rictus, lourd de sens pourtant ; je dois me faire violence pour ne pas me lever, la retenir par la taille et cueillir son goût au creux de ses lèvres, histoire de l’amadouer, de l’avoir pour moi toute la soirée. Je me tiens à carreau, donne le change, fais comme si.
Rien d’officiel entre nous, toujours un entre-deux un peu hésitant — difficile de nous définir, pourtant j’imagine que ça crève les yeux. Cent balles qu’Olympe a déjà grillé, à moins que ma bassiste préférée n’ait vendu la mèche.
Elle disparaît elle aussi, et il ne reste plus que nous deux — Ethan s’est déjà échappé depuis un moment, mais c’était prévu qu’il ne s’attarde pas après la répétition, aujourd’hui.

Je soupire, te lance un coup d’oeil de l’autre côté de la pièce en m’approchant du petit réfrigérateur du local, dont je tire deux canettes de bière — l’une demeure dans ma main, l’autre est lancée dans ta direction, pas moi qui nettoierai si ça gicle à l’ouverture.

« Nous voici donc en tête à tête, mon cher Leo, je lance, d’un ton presque dramatique, avant de m’affaler sur le canapé, près de toi, et d’ouvrir ma canette dont je bois une gorgée fraîche. C’t’un peu triste, les samedis soirs sans concert. Ça manque d’un truc, j’trouve. »

Je vis pour ces moments-là — pour ces soirées à enflammer la scène ((soit dit en passant plutôt minable, dans un bar bondé de mecs de quarante balais alcoolisés qui draguent des midinettes de même pas vingt piges en jupe courte et décolleté plongeant)), à lire nos paroles sur les lèvres des plus réguliers, à les voir frapper le rythme de nos accords, sur leurs verres, leurs tables, de leurs deux mains, peu importe.
J’existe, dans ces moments où je vibre, raccord aux cordes de ma gratte et de ma voix — c’est toujours une petite part de moi qui meurt presque, les samedis soirs sans l’adrénaline des artistes.

J’ai l’impression que j’aurais l’air dingue, si je cherchais à mettre des mots dessus — tu me prendrais pour un fou, à moins que ça ne soit déjà le cas —, à expliquer les émotions, les sensations, si j’essayais de dire à quel point ces soirs-là ça compte, pour moi.
A quel point j’me sens fort et vivant, quand c’est nous cinq envers et contre tout, jamais plus soudés que quand se mêlent guitares, batterie, basse, clavier et voix en une symbiose comme infaillible.

J’avale une autre gorgée, allume l’écran de mon téléphone posé sur l’accoudoir pour constater l’heure — peu tardive, et ça me ramène à cette espèce de mélancolie bizarre, y’a comme un vide à cette soirée.

« Même pas onze heures… Sans déc’, on fait quoi maintenant ? »


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MessageSujet: Re: ((leo)) + let's live tonight   Mar 19 Sep - 0:43

Ré dièse. La dernière note remplit la pièce comme un râle brisé ; un ivrogne qui titube en accusant la Lune de l’avoir fait tomber si bas, un orphelin solitaire qui confie son chagrin à la nuit. Ses billes d'ocre s’attardent encore un peu sur l’assemblage de blanc et de noir, son doigt refuse de quitter la touche alors que le morceau est terminé depuis longtemps.
Leo il était le gamin paumé, Leo il était ce vide après l'apothéose.
Jusqu’à ce que des voix familières ne le tirent de ses pensées.

Il relève la tête peu avant que Olympe et Meera ne sortent et leur adresse un bref signe de la main. Leo pourrait les mettre en garde contre les dangers qui guettent deux femmes seules la nuit, leur rappeler qu’en cas de danger il faut taper l’entrejambe et sortir le téléphone - surtout, ne pas hésiter à appeler à l’aide.
Mais il n’en fait rien. Leo n’a pas envie de parler inutilement. Tout ça elles le savent déjà. Et puis, il n’a pas spécialement envie de passer pour le pote rabat-joie qui les pense incapables de se débrouiller - ce serait absolument faux, le jeune homme les connaît assez pour le savoir. Ce sont de grandes filles.
Mais il n’y peut rien, Leo, si une part de lui tremble toujours pour les gens qu’il aime.
Il peut juste leur souhaiter en silence de s’éclater.

Quand elles ont quitté la salle, il quitte enfin son synthé pour échouer sur le canapé et rattrape la canette lancée par l’autre rescapé. Celui-ci vient ensuite s’asseoir à son tour ; leur contre-soirée entre garçons était lancée.
Leo hoche de la tête quand Romeo explique, sans user ces termes, qu’il trouve la soirée creuse - la soirée ou lui-même ? Parce que ceux qui le côtoient aussi régulièrement que Leo le savent, c’est sur scène qu’il est vivant. Sur scène qu’il vibre de tout son être.
Et le claviériste peut le comprendre, lui-même se sent différent sous les acclamations du public. C’est comme s’il était le même en mieux. Qu’à eux cinq, ils étaient invincibles.

Mais pour l’instant, ils ne sont que deux musiciens à la dérive.
Et autant l’avouer, s’il n’a rien contre les fêtes où l’alcool coule à flots, Leo préfère quand même ces instants de répit.

Alors quand son ami lui demande ce qu’ils vont faire, Leo se dit qu’il faut calmer le jeu maintenant avant que l’irréparable ne se produise.
C’qu’on va faire ?” Demande-t-il, en regardant Romeo. Son expression n’a pas changé, mais en le connaissant bien on peut différencier les intonations ; en l’occurrence, celle qu’il vient d’utiliser signifie même pas en rêve mon grand.
Mais au cas où, Leo extrapole quand même. En brandissant sa canette vers son compère. “J’vais t’le dire. On va aller chez moi, commander une pizza et se la couler douce. Foi de cette canette, sans quoi j’t’arrose avec.
Ouh, quelle menace.
Cela dit Leo sait qu’avec Rom, vaut mieux essayer de faire passer le message en humour plutôt qu’en force.




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MessageSujet: Re: ((leo)) + let's live tonight   Jeu 14 Déc - 9:35

« C’qu’on va faire ? »

Au ton que t’emploies, je devine de là la suite ; bonjour le père — ou le grand frère, va savoir lequel des deux serait le pire — improvisé.
J’t’aime bien, Leo, tu sais ? Beaucoup, même. Peut-être parce que dès les premiers instants ta nonchalance m’a amusé, ta répartie épaté — enfoiré — ; puis t’as l’avance de l’âge et du respect qu’il impose — ouais, même aux p’tits cons dans mon genre, plus ou moins, encore que d’être dans la case meilleurs potes et famille de coeur me permet plus de dérives que d’autres.
Ouais, j’saurais sûrement pas l’exprimer à voix haute — fierté masculine oblige — mais j’suis profondément attaché à ta belle gueule ; dans ma tête t’es devenu ce frangin que j’aurais aimé avoir et que la vie ne m’a pas donné — à défaut, deux pères formidables et une dream team comme on n’en fait plus.

J’t’aime bien, Leo, hein, ouais, j’t’aime vraiment bien — sauf quand tu te fais moralisateur dissimulé.

« J’vais t’le dire. On va aller chez moi, commander une pizza et se la couler douce. Foi de cette canette, sans quoi j’t’arrose avec. »

J’te lance un de ces regards à ma sauce — le familier, celui dont tu dois avoir l’habitude maintenant ; les mêmes traits imprimés sur ma tronche chaque fois que t’essaies de tamiser mes élans autodestructeurs et mon avidité de défonce alors qu’il est déjà trop tard.
Dans ma tête, des basses qui cognent, de la sueur sur les peaux qui se cherchent au travers des vêtements fins sur la piste, l’esprit loin, envolé, extasié par les drogues.
Déjà, plus rien à sauver — l’impulsion de l’être à se déposséder.

« ’kaaay p’pa, message reçu, je lâche, pourtant pas abattu — on m’bat pas sur ce terrain-là. Mais ça va pas être possible, en fait, j’t’explique. »

Tu l’aimes pas, ce mais, pas vrai ?
Une pause dans les mots, j’avale de longues gorgées fraîches qui m’arrachent une esquisse de grimace — j’aime moins ces bières que celles qu’on prend d’habitude, mais la supérette était en rupture de notre moteur favori au couvert du garage inutile, retapé et plus ou moins isolé qui nous sert de salle de répétition ; petite merveille dégotée par Olympe sur nos débuts.

« T’as pas oublié hein ? Samedi, permission de minuit, et puis auto-permission supplémentaire accordée jusqu’au bout de la nuit et jusqu’à ce qu’épuisement de trois jours s’ensuive.  »

Rictus au bord des lèvres — je ne te laisserai pas gagner. J’suis même sûr que tu sais que tu n’auras pas le choix ; faudra m’enfermer de force ou me suivre. Tu seras trop inquiet pour me planter comme un con. Je m’étire sur le canapé, engourdi et les épaules nouées. Trois gorgées encore, la main libre posée sur ma cuisse — j’attends de sentir vibrer le téléphone dans ma poche ; d’être rassuré. Bien rentrées suffira, s’agit juste de savoir qu’elles ne sont plus dans les rues, seules face aux loups ; non : aux chiens.
J’me le pardonnerai pas, s’il leur arrivait un truc pendant qu’on est là, affalés comme deux cons sans ennuis sur le vieux sofa un peu usé du garage qui accueille nos répétitions. Il leur arrivera rien. J’essaie de me convaincre, tant bien que mal ; j’attends ce foutu message, et dans un coin de ma tête j’entends le tic tac des secondes.

Ça fait même pas trois minutes, laisse-leur au moins le temps d’atteindre la bouche de métro, crétin.

Je soupire et me lève, termine ma canette dégueulasse cul-sec, grimace sans retenue en sentant sur ma langue ce goût que, pour de bon, je ne supporte pas. La bière n’a jamais été mon péché-mignon et, pour sûr, encore moins celle-là.

« En attendant, Leo, je lâche avant de tiquer, lorsque je loupe le panier dans la poubelle au coin de la pièce. En attendant, donc, tu fais c’que tu veux, mais moi j’bouge. J’ai plus huit ans.  »

Je ramasse la canette, la jette, puis j’enfile mon blouson abandonné sur le dossier d’une chaise — cuir usé, fermeture qui ne fonctionne presque plus ; mais je m’en fous. Anniversaire des seize ans, valeur sentimentale prime.
Dans l’encadrement de la porte je m’immobilise, te lance un regard par dessus mon épaule — j’ai peut-être été un peu trop dur, un peu trop cassant, j’sais pas ; j’suis nul pour parler aux gens, tu sais ? J’m’exprime qu’en chanson, puis peut-être que si, peut-être qu’au fond, j’ai encore huit ans.

« Tu viens ? »

J’ai pas envie d’être seul, ce soir.

Je sais que j’vais déconner, je sais que j’vais flancher. Je connais trop ces jours sans, ces jours où les rires sonnent un peu plus creux, ces jours où les yeux s’égarent dans le vide plus souvent qu’à l’accoutumée, ces jours où dans le coeur y’a la tristesse, et puis la douleur qu’on n’a pourtant pas invitées. Ces jours où l’optimisme n’est plus rien qu’un mot, où la moindre angoisse passagère devient terreur, où le blues s’attarde et dévore le moindre des élans de bonne humeur, des tentatives d’être et d’exister.
Ces jours où je cherche une solitude que je ne supporte pas, et qui réveille mes pires instincts — ces soirs où j’espère chaque fois qu’ils seront les derniers.

Non, vraiment.
J’ai pas envie d’être seul, ce soir.


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MessageSujet: Re: ((leo)) + let's live tonight   Mar 3 Juil - 18:50

A force, Leo connaissait Romeo ; ses regards, ses mimiques, ses impulsions. D’où lui venaient ces tendances autodestructrices, ce goût pour l’excès ? Il ne lui avait jamais posé la question. Leo n’était pas du genre à se montrer curieux sur les pourquoi des autres ; qu’on veuille ou non se confier à lui, il comprenait et acceptait. Certains prenaient ça pour un manque d’intérêt, mais Romeo le connaissait assez bien pour savoir qu’il accordait plus d’importance à la personne devant lui qu’à son passé. Sans doute parce qu’il aimerait qu’on en fasse de même pour lui.

Bref, en voyant la tête de son ami, le claviériste sut qu’il était mal barré. Et sa réplique ne fit que confirmer ses doutes. Leo grommela un “Comme si t’attendais une permission, sale gosse.” avant de s’enfoncer un peu plus dans le canapé puis prendre une grande lampée d’alcool. Sale gosse. Combien de fois par jour le surnommait-il ainsi ? Cela dit ce n’était pas de sa faute si ça correspondait si bien à Romeo.
Les deux musiciens restèrent silencieux quelques instants, chacun dans leurs pensées ; puis le plus jeune se leva - Leo ne put s’empêcher de penser bien fait devant le panier loupé - et exprima une nouvelle fois ses intentions. Ce à quoi le tatoueur répondit, dans un excès de maturité et un haussement d’épaules : “Tu fais c’que tu veux.

Le souci, c’est que l’autre jeune homme le connaissait trop bien pour se laisser avoir par cette air d’indifférence - ou de nonchalance - dont il s’entourait. Leo le savait parfaitement mais il avait le droit de râler un peu, non ?
Finalement, côtoyer un énergumène tel que Romeo l’a peut-être fait régresser mentalement.

Il suivit le vocaliste du regard tandis que celui-ci prenait le large, sans lever le petit doigt. Leo était bien décidé à ne pas capituler si facilement. Puis Romeo arriva à la porte et lança une invitation directe qui sonnait plus comme un appel. Là, le brun sentit que jouer la comédie une nouvelle fois n’était pas une bonne idée. Il soutint un instant le regard de son vis à vis, soupira, puis répondit “T’es chiant mec.” avant de terminer sa canette à son tour puis de la jeter dans la poubelle - il adressa un regard de et bim moi j’ai réussi au guitariste - et de le suivre, empoignant au passage sa veste. Une fois arrivé à son niveau, l’aîné passa un bras par-dessus les épaules de son camarade et le ramena vers lui en lui ébourriffant les cheveux. “A charge de revanche. Tu sais pas à quel point t’es fatiguant quand t’es bourré.” Fatiguant à surveiller puis ramener, ouais.

Leo faisait souvent ce genre de menace mais ne s’y tenait jamais. L’alcool le faisait oublier ce genre de choses, du moins c’est ce qu’il prétendait. La vérité c’est qu’il n’avait jamais eu besoin de quoi que ce soit en échange de son amitié. Encore moins de la part de ce gamin ruiné qui ne pouvait vivre sans sa dose de plaisirs dangereux et de splendeur même illusoire ; cette tête brûlée qu’il considérait comme son frère.




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MessageSujet: Re: ((leo)) + let's live tonight   Mar 24 Juil - 13:54

Je sais, Leo. Je sais à quel point je t’en demande beaucoup, à quel point je suis lourd à porter avec mes travers, des torts, mes secrets, mes regrets, à quel point j’suis trop, tout le temps, toujours dans l’excès — trop passionné, trop vide, trop vif, trop las, trop heureux ou trop triste, jamais dans la demi-mesure, toujours à déborder. Je sais, je sais qu’j’suis pas l’ami parfait, je vends du rêve qu'une fois sur quinze mais c’est que les quatorze fois qui restent moi j’crois plus en rien et mes rêves j’les pioche au hasard dans la poudreuse parce que j’y arrive plus, j’y arrive pas — je sais plus vivre sans m’foutre des doses dans les veines et des verres dans le nez, j’ai oublié quelque part, entre ma jeunesse et le drame.
Je sais comme tu dois être las, parfois — et comme Olympe, et comme les autres —, comme tu rêves sûrement d’me foutre des claques et d’me secouer, me dire t’es grand, démerde-toi ; et j’sais comme j’t’en dois plus d’une. J’espère — j’espère te les rendre un jour en mille, toutes ces heures de ton temps qu’tu m’as consacrées en serrant les dents et sans te défiler, là où d’autres m’auraient tant de fois claqué la porte au coeur.

T’imagines pas à quel point c’est important, et tout c’que ça représente, quand une fois de plus ton regard soutient le mien, qu’une fois encore tu baisses les armes et tu charges à blanc — t’imagines pas tout ce que j’te dois, pour ce millier de fois comme celle-là, où tu m’as pas lâché, où tu m’suis pour pas qu’j’me perde pour de bon.
Où t’es là, quand d’autres ne le sont pas.

« T’es chiant mec. »

J’souris sans un mot, j’donne le change et de toute façon j’imagine que mon regard parle pour moi ; j’ai toujours été un livre ouvert et face à toi ça ne fait pas exception — tu me connais de toute façon trop bien pour te laisser berner par des rires qui ne font pas briller les yeux.

Nez froncé quand tu marques le panier sans effort et, vu l’oeillade que tu me lances, ça ne t’a pas échappé non plus, le gouffre du talent entre nous deux — c’est à charge de revanche, sache-le.

Et puis, t’as ce geste habituel, cet élan au semblant fraternel qui réchauffe quelque chose en moi, qui fissure le dedans mais dans le bon sens du terme — une étreinte qui rassure, qui rappelle que quoiqu’il arrive quelqu’un est là, à m’attendre quelque part et qui croit en moi. La seconde d’après t’en rajoutes une couche, tu fous mes cheveux en vrac et je grogne, ou peut-être que j’ris, j’sais pas bien, j’te fous un coup sans force dans les côtes, plus pour la forme qu’autre chose — ma façon à moi d’te dire dégage, j’t’aime bien mais n’en profite pas sans un mot.

« A charge de revanche. Tu sais pas à quel point t’es fatiguant quand t’es bourré.
J’ai ma petite idée sur la question, figure-toi. »

Si tu savais à quel point, si tu savais à quel point j’sais tout ça — à quel point je vous épuise d’inquiétude chaque fois, à quel point j’m’en veux et à quel point j’aimerais vous préserver, mais si proches les uns des autres c’est rien qu’une utopie débile, j’peux pas vous en protéger.

Alors… Alors, j’fais l’égoïste, j’me détruis pour me préserver d’la culpabilité — ça ne dure jamais, mais je bénis ces heures d’oubli, suffisamment pour recommencer à la chaîne et m’consumer à petit feu. Alors — alors, comme souvent, j’nous échoue dans l’une des boîtes de nuit du centre ville, où les corps se bousculent et se mêlent des odeurs d’alcool et de sueur et de clopes ((faudrait les fumer dehors, mais sans déconner, la moitié des types n’en ont rien à foutre)). Deux épaves de début de soirée adossées contre le bar, premier verre à la main — cocktail chargé en rhum de mon côté, que j’parviens tant bien que mal à me retenir de descendre d’une traite ou deux. J’sais pas à quel moment j’perdrai les pédales, à quel instant précis j’vais envoyer ma retenue se faire foutre et commander shooter sur shooter pour me déchirer plus que profiter — c’est parce que t’es là que j’tiens bon ((et parce que j’suis encore sobre et à même de réfléchir et d’pas dérailler dans la seconde)), et même si mes bonnes résolutions tiennent jamais longtemps.
D’ici là, on fait aller.

« Eh Leo, j’me penche vers lui en haussant la voix — conscient que les décibels en hausse ne sont certainement pas propices à de longs échanges du genre de celui que je m’apprête à engendre, but who cares ? Tu t’vois où toi, dans, je sais pas, cinq ans ? Dix ? Tu nous vois où ? »

Parce que nous — les Fallen Devils —, c’est une évidence. Toujours, dans dix ans, dans vingt ans — l’avenir assuré. J’ai besoin d’y croire et d’y croire pour mille s’il le faut — c’est la seule force que j’trouve à puiser pour tenir debout. Toi, eux, et notre avenir d’étoiles montantes.

J’ai besoin de ça — besoin de nous pour continuer.
Besoin de parler d'avenir pour me projeter — me dire que c'est encore possible.
Que demain existe, et que j'peux en être.


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MessageSujet: Re: ((leo)) + let's live tonight   Mer 25 Juil - 22:09

Défaite consentie face au vocaliste sur les épaules duquel il passa son bras, alors que ce n’est pas lui qui a besoin d’un appui - oh si toujours un peu, pour s’ancrer dans la réalité ; Leo dépendait plus de ses amis qu’ils ne le pensaient et les Fallen avaient la (mal)chance d’être plus que ça encore. Crever n’était rien : Leo il vivrait pour eux, ils n’étaient pas du même sang mais partageaient le même ADN musical, des délires à n’en plus finir et le même don pour les emmerdes ; ça lui suffisait pour les considérer comme sa famille. Et dans le groupe Romeo occupait la place du petit frère largué, perdu sans boussole ni voiles sur un navire percé de toutes parts, qui se maintenait à flots tant bien que mal - mais coulait souvent. Un moussaillon qui abandonnait les rames pour oublier la misère, et dont il fallait reprendre la barre dans ces moments. Un peu comme ce soir.
Alors après une scène familière ils prirent le large sur cet océan qu’on appelait nuit.

Ils s'échouèrent dans l'une des nombreuses boîtes de la ville, dont Leo ne retiendrait pas le nom - à quoi bon ? Elles se ressemblaient toutes à ses yeux, le seul lieu de débauche qui comptait pour lui c'était L’échappatoire et uniquement les jours de concert. C'était souvent moins l'endroit en lui même que les personnes qui l'accompagnaient (ou plutôt qu'il accompagnait) qui lui importait. Cependant quitte à faire, le jeune homme avait commandé un cocktail qu'il sirotait lentement.

Romeo se pencha alors vers lui, geste que Leo mimiqua pour avoir une chance de l'entendre. La question le plongea dans la réflexion ; elle avait l'air badine comme.ça - qui n'avait pas déjà joué à ce jeu avec des potes, surtout avec quelques verres dans le nez pour se sentir le droit à un avenir plus fou ?
Mais ce n'était jamais innocent, pas vrai Romeo ?
Y’avait toujours des craintes informulées chez ceux qui s'interrogeaient sur le futur.

Finalement, Leo haussa les épaules. “J’sais pas.” La vie l'avait trop souvent surpris pour qu'il essaie encore de fixer un cap ; à la place il avait rejoint un équipage. “A toi de me dire, c'est toi le capitaine.” Avec Olympe certes, parce que savoir Romeo seul aux commandes ne serait pas rassurant quoi qu’on en pense. Le claviériste fit pivoter son tabouret pour plonger le regard dans celui du blond. “Où va-t-on, alors ?” Et ses yeux en dirent plus que ses mots : donne-moi la direction, Romeo. Donne-la, et on t'y emmènera coûte que coûte. On ira jusqu'au bout ou on coulera à essayer ; qu’on tutoie les étoiles ou qu'on sombre en Enfer, qu'importe tant qu'on sera tous les cinq. Tous les cinq.

Finalement Leo suivait à l’aveuglette, mais les réussites autant que les périls lui importaient peu. Leo dépendait vraiment plus de ses amis qu’ils ne le pensaient.




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MessageSujet: Re: ((leo)) + let's live tonight   Sam 4 Aoû - 1:29

« J’sais pas. A toi de me dire, c'est toi le capitaine. »

L’inconnu à bâbord comme à tribord, reste plus qu’à suivre le nord — quoique j’serais plutôt du genre à emprunter vers la deuxième étoile à droite, et filer tout droit jusqu’au matin, ça m’a toujours fait un peu plus rêver, les étoiles que les terre-pleins à l’horizon.

J’peux pas m’empêcher de rire — moi, capitaine ? Je n’ai sans doute d’un pirate que l’élan pilier de bar, joyeux luron qui enchaîne les chopes de bière du crépuscule jusqu’à l’aube, et puis de l’aube jusqu’au crépuscule. Si j’file les flots ce n’est pas derrière la barre — plutôt en haut du mât, à me repaître du paysage ((de l’infini sous mes yeux)). C’est un peu plus moi, ça — la place du rêveur, ou celle du poète ((maudit)).

« Où va-t-on, alors ? »

Où va-t-on ?

Je sens tes yeux sur moi, mais je ne te regarde pas, les miens balaient la piste de danse, les corps qui ondulent sous les stroboscopes, les flash, les danseurs et danseuses perchés sur des estrades, billets glissés sous tous les élastiques — j’inspire, un peu trop fort, et ma côte me lance ; restes d’une guérison pas tout à fait achevée et certains gestes me sont encore inconfortables ((mais j’suis maso, il paraît)). Je bois une gorgée, deux, trois, dans ma gorge chaleur diffuse, et dans la poitrine et le ventre, frisson le long de l’échine.

Où va-t-on ?

J’ai pas les mots, Leo, pas ceux qu’il faut, pas des assez grands pour le dire comme je le voudrais. J’voudrais — j’voudrais partir loin, loin de la misère, loin du moi d’aujourd’hui, j’voudrais partir loin des échecs, j’voudrais partir loin avec ceux qui reviennent ((Saul pour rallumer les yeux de Meera)), j’voudrais, j’en sais rien, loin, n’importe où tant que c’est avec vous ;
loin de cette ville folle, loin de cette vie qui m’essouffle — loin, j’vous en prie, pour respirer.

Où va-t-on ?

« Loin, je lâche, mais sans doute trop bas pour le volume sonore de l’endroit — je répète, plus fort. Le plus loin possible. Et haut. Très haut. Là où vont les plus grands. Là où on peut faire rêver les gens, mais pas dix, ni cent, ni mille, mais genre des millions ! Un truc de fou, loin, là où on aura réussi, et où on n'aura plus rien à prouver à personne, et qu'on n'aura plus rien à se prouver à nous-mêmes non plus. Vraiment, un truc de dingue, comme les grands. »

Comme les grands.
J'ai jamais cessé d'y croire et même si c'est bancal parfois, je m'accroche à ce demain potentiel pour moins trembler — me projeter, encore et toujours.

Et puis, c'est plus fort que moi — la première pensée noire fuse dans mon esprit, et je sens mon sourire se faner sur mes lèvres ; je me détourne de tous ceux qui dansent et m'accoude au comptoir, termine la deuxième moitié de mon verre cul sec ((autodestruction enclenchée)).
Et j'me sens coupable — coupable de t’infliger ça, d'être infoutu d'être heureux ne serait-ce que le temps d'une soirée ; coupable d'être cet inlassable poids mort que vous traînez à vos chevilles. Coupable de t'y avoir précipité, encore, ce soir ((mais toi aussi tu savais que ce serait éphémère, pas vrai ?))

« Enfin, tout ça, c'est si j’nous coule pas avant, évidemment, je lâche, regard fixe sur mon verre vide ((j’en commande un deuxième pour ne pas fixer le rien)). Sinon, c'est clair qu'on n'ira pas bien loin. »

Les gueules de bois qui me clouent au lit, les crises et l'envie de plus rien, le manque en pleine répétition, ces jours où me lever c'est trop m'en demander, ces concerts annulés à cause de moi, de mes conneries, de mes n'importe quoi, et à chaque fois j’flippe, chaque fois j'me demande combien de temps on tiendra comme ça ;
combien de temps vous tiendrez, avec moi.


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MessageSujet: Re: ((leo)) + let's live tonight   Mar 21 Aoû - 9:47

Loin, comme l'écho qui s’échappe de ses lèvres ; loin comme l’horizon, comme le sommet du monde ; assez loin pour se retrouver, pour se réveiller.
Pour trouver un rêve à vivre.  

Leo n’a jamais eu d’aussi grandes ambitions. Il a un jour espéré pouvoir sauver des vies comme son second père, mais le lendemain matin ce n’était déjà plus qu’un amas de cendres sur lequel il s’est bâti une haine irrationnelle. Alors non, Leo n’aurait jamais pensé voir les étoiles de près.
Jusqu’à eux.
Romeo a toujours eu cette vision panoramique auquel il a fini par devenir réceptif ; tandis que le vocaliste déroule le fil de son idéal, il ferme les yeux pour mieux s’imaginer. L’image est un peu floue, les lumières aveuglantes ; des milliers de voix se mêlent avec les leurs sur un titre devenu phare.

C’est un rêve digne d’un gosse, un peu - la formulation l’amusa d’ailleurs, comme les grands. Romeo n’était pas vraiment un adulte ; tout au plus il en avait les cicatrices et le coeur plombé, dénué d’innocence.
Romeo était en quête de reconnaissance, comme tous les enfants. Romeo il voulait montrer qu’il avait sa place parmi ces grands qui avaient tout pour eux. Mais surtout, Romeo avait besoin de se prouver quelque chose - qu’il n’était pas fait pour voguer entre les bars et les apparts bons marchés, qu’il valait mieux que ce que les regards lui donnaient, que lui aussi avait le droit de voler ? Leo n’en savait rien, et au fond peu importe. Il n’avait pas besoin de connaître la raison pour hisser les voiles.

L’espace d’un instant ils flottent tous les deux entre le réel et le fantastique ; l’espace d’un instant tout va bien.
Puis les nuages foncent. L’orage gronde.

Leo fixa de nouveau son cadet. Il ne les connaissait que trop bien, ses sauts d’humeur ; étrange comme il passait si facilement de la rêverie la plus flamboyante à des songes trop sombres pour en distinguer le fond. Ça ne le surprenait plus vraiment mais le claviériste se demandait toujours s’il était possible de l’en empêcher - parce qu’il n’aimait pas le voir comme ça, que ça le dérangeait. Était-ce de la peine ? Peut-être.
Peut-être que Leo était triste de voir Romeo ainsi.
Mais Leo avait les sentiments troubles - à part les visages de sa nouvelle famille et les noms de ses ennemis, tout le reste était brouillé par la rage qui le consumait.

Alors il se tourne de nouveau vers le comptoir, prend une nouvelle gorgée de cocktail pendant que Romeo entame son second verre - ce soir encore il n’était pas question de marcher droit. Dignité abandonnée au coin d’une ruelle, pulsions qui prennent le pas sur la raison. Destruction programmée - pour mieux se reconstruire ?
Non.
Simplement pour oublier.

T’as plus qu’à apprendre à nager, vieux. Au cas où on coule vraiment.” Leo ne pouvait pas mentir au point de lui assurer que non, tout irait bien ; que même avec ses conneries désolantes et ses failles évidentes, ils arriveraient à bon port sans accroc. Romeo n’y croirait jamais de toute façon. Mais et alors ? S’il fallait continuer à la nage ou en radeau, qu’à cela ne tienne. La seule chose qu’il refusait, c’est que son ami se laisse couler sans tenter de remonter.
Et même si c’était mal parti pour qu’il reste à la surface ce soir, Leo comptait bien le rattraper.




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MessageSujet: Re: ((leo)) + let's live tonight   Sam 1 Sep - 22:04

J'ai peur, Leo ; j'ai peur, si tu savais à quel point. Peur d'être celui qui finira par nous fracasser contre un mur, peur d'être celui qui émiettera le rêve en premier, peur d'être celui qui vous entraînera dans ma chute. J'ai peur, peur d'être celui qui anéantira tout ce qu'il nous reste encore, celui qui réduira la famille du coeur en cendres, encore, toujours — peur, égoïstement, d'être celui dont on se souviendra avec amertume parce qu'il était lâche, souvent morose et trop pessimiste ; peur qu'un jour on dise que ça vaut mieux sans moi, que je ne suis rien de bon, personne de bien.

J'veux pas être celui qui brise, qui foire, qui blesse et qui réduit le labeur des autres à l'état de rien ; j'veux pas devenir un silence ni un regret — j'veux pas être celui qu'on cherche à oublier parce qu'on l'a trop aimé, j'veux pas être celui qu'on abandonne parce qu'il l'a cherché, j'veux pas être celui qu'on repousse quand c'est moi qui vous jette si souvent.

Je les hais, mes failles, si tu savais.

« T’as plus qu’à apprendre à nager, vieux. Au cas où on coule vraiment. »

La brûlure de ma gorge s'amenuise, je relève les yeux dans ta direction et j'y arrive — sourire, rien qu'un peu. J'sais pas comment te le dire, tout ce que je te dois, tous les merci, toutes ces fois où t'endosses le rôle de celui qui peut tout porter pour les autres s'il le faut, le temps de repartir.
Tu m'donnes envie d'y croire encore.

Je soupire, ferme les yeux, et y'a comme une voix un peu lointaine qui me revient, c'est désagréable, ça remonte d'un tas de trucs dont j'ai pas envie de me souvenir — y'a qu'un seul prénom qui se démarque de cette année-là, qu'un visage, qu'une seule voix, et les autres me font trembler. Mais ça se rappelle à moi, un ton conciliant, confiant et encourageant, qui me dressait la liste non-exhaustive de toutes mes échappatoires aux idées noires, comme si j'écoutais — avec du recul, je me dis que j'aurais peut-être dû.

Elle parlait de bons moments, de souvenirs forts, de choses simples pour sourire, elle parlait de se raccrocher aux détails qui font du bien, à tout ce qui pouvait me permettre de raisonner autrement que par la négative. Des compliments, des baisers, des fous rires francs.

Y'a un nom qui me vient, et des yeux bleus et un parfum d'été et une bouche et des caresses et des baisers sans un mot des promesses — des détails plus sombres, flous d'alcool et de drogue, qui se dissipent à mesure que je me souviens son goût et ses mains et mon nom sur ses lèvres et son corps entre mes bras et la douceur des réveils quand c'est près d'elle.

Tout au long de la dérive qui m'a éloigné du grand large et poussé vers la berge, j'ai tourné l'alcool dans mon verre sans y songer, rouvert les yeux et fixé un point vague sur le marbre du comptoir ; je secoue la tête pour me ressaisir et jeter un coup d'oeil dans ta direction — la peur d'oser.

« Dis, Leo, puisqu'on est entre mecs… — j'avale deux gorgées pour me donner du courage, pique un fard et détourne le regard dans la seconde. J'ai… Avec Meera. On a dormi ensemble. »

L'insistance sur le mot, l'expression, dormir ; euphémisme comme j'en use peu — je couche, je baise, je m'envoie en l'air, j'fais pas souvent l'amour il est vrai.

« Et je… Putain, c'est trop con, mais j'arrive pas à m'la sortir d'la tête. »

Un rire, quelque part entre le franc et le mal à l'aise — j'ai pas l'habitude d'être honnête sur ce que je ressens, puis j'sais pas mettre de mots sur ces choses-là, comment décrire ce qu'elle me fait, le bien, la douceur, ce qu'elle fait pétiller au dedans chaque fois que je la vois, qu'elle me regarde, qu'elle me parle, qu'elle me touche.
J'saurais pas te l'expliquer — c'est le genre de trucs qu'il faut avoir vécus pour les comprendre, tu sais.

« C'est quel niveau sur l'échelle de l'abruti fini, ça, tu crois ? »

Elle est partout, tout le temps, et ça aussi, dans le fond,
ça aussi j'ai peur d'le foutre en l'air.


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MessageSujet: Re: ((leo)) + let's live tonight   

((leo)) + let's live tonight
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