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Il paraîtrait que le fondateur de la ville Edward Astrophel aurait été le descendant direct de Diogène, le philosophe grec qui vivait dans un tonneau. Incroyable !
les rumeurs



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l'errance des cieux - émile
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Mist
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Mist
MessageSujet: l'errance des cieux - émile   Ven 17 Aoû - 12:31

bloc

au jardin des dieux
sur le pont des souvenirs ▵



Néant.

— c’est le néant qui l’entoure. et il y a cette mélodie, entêtante, qu’il ne peut pas s’empêcher de repasser en boucle à l’aide de ses écouteurs. il n’entend rien d’autre que les murmures d’une vie qui ne lui appartient plus. il n’entend rien d’autre que le silence au fond de son coeur ; l’écho qui résonne encore et encore dans cette carcasse, ce cadavre ambulant. il n’est plus qu’un mort-vivant, qui ne sait plus ce qu’est l’avenir.
peut-être n’a-t-il plus l’espoir qu’un jour s’en iront les roulements des vagues tempétueuses, enragées, qui viennent s’abattre sur son squelette.

il ne vit que sur le fil du destin. il espère sans doute qu’un jour, il pourra retrouver la vue. il en a entendu parler, de ces traitements pour soigner de la cécité. il aimerait, peut-être. mais il n’est pas sûr. le silence de la nuit lui paraît peut-être plus agréable que les jours d’horreur.  —

Noé, tu n’as plus rien de l’enfant que tu étais. Tu as grandi, tu as changé.
Sans doute que les esprits évoluent, qu’ils se modifient et finissent par s’adapter à tout ça, ce qui les entoure ; mais les coeurs ne changent pas. Tu restes l’enfant rêveur, qui s’assoit au bord des falaises, celui qui rêve de voler et de crier au vent ; mais il y a déjà bien longtemps que les cris se bloquent au creux de ta gorge. Tu n’es que le pauvre oiseau, chassé, les ailes déjà coupées, et qui doute d’un jour revoir les cieux.
Tu es le garçon rêveur qui ne voit plus rien de ce monde beaucoup trop horrible, corrompu, et qui ne se lasse plus d’imaginer chaque possibilités, chaque pièce du puzzle d’une façon différente.

rêves ;
songes ;
cauchemar.

Du bout des doigts, tu caresses la surface granitée qui s’étend sous ton corps.
Tes yeux ne sont plus que le simple reflet d’une âme vide, d’un monde sans fin, d’un abysse éteint. Et pourtant, Noé. Pourtant ils continuent à se poser là où semblent résonner les cris, les voix. Car c’est tout ce qu’il te reste. Tu as longtemps imaginé —et peut-être l’imagines-tu encore, que tout ce que tu as vu, tout ce que tu as vécu, n’est qu’un tissu de mensonges. Tu as longtemps imaginé que, ces voix que tu entends, qui tournent et ne font que se heurter à la fermeture de ton esprit bien trop meurtri ne sont que les malices de ton âme troublée.
Et alors, tout ne serait que mensonge. Tu ne serais qu’un simple fou, une bête aliénée, soumise aux caprices d’une psychée tourmentée. Mais peut-être l’es-tu réellement, Noé.
Peut-être qu’il n’y a plus rien dans ton coeur que du vide, des pleurs et des hurlements de détresse.

un sourire ;
pincement au coeur ;
les rires des enfants au loin.

Tu continues aujourd’hui encore, à repasser ces maigres, faibles souvenirs en boucle. Et tu repenses encore au visage pâle que tu as vu pour la dernière fois. C’est peut-être tout ce qui te maintient debout, Noé. Tu te bats pour les chimères d’un passé que tu ne rattraperas pas.
Sans doute a-t-il changé aujourd’hui. Tu sais bien qu’il a grandi, tu t’en doutes. Mais tu ne sais pas si tu le reverras un jour. Ce n’est qu’un fantôme.
Alors, encore une fois, tu imagines.

et sous les lueurs du ciel crépusculaire ;
tu laisses les douces brises de l’été te couvrir de ce goût amer.

Une gorgée d’eau, les pieds qui se balancent, frappant chacun leur tour le vide de la corniche. Tu sais que personne ne viendra ici. Il n’y a que toi. Toi et les yeux d’un crevé, pour venir t’aventurer là où tu pourrais glisser, tomber et ne jamais te relever.
Alors tu écoutes patiemment les secondes qui défilent, les musiques qui s’enchaînent, la voix qui gronde. Au gré des mélodies, tu murmures doucement les paroles, tu te laisses aller aux libertés de ton monde de mirages ; car tout est faux ici, tout n’est qu’artifice.

Rien n’existe, n’est-ce pas Noé ?
Tissus de mensonges.
Les yeux bleus, blanchis par les années passées, il regarde ce monde qui l’entoure, mais n’y voit que les terreurs de son néant.

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MessageSujet: Re: l'errance des cieux - émile   Mer 22 Aoû - 22:35

La tête emplie de vide, l'esprit chargé de rien, il s'avançait, il marchait, il connaissait le chemin de l'école, il avait encore un peu de mal, mais il se souvenait, parfois, il se trompait un peu, tournait à droite au lieu d'aller à gauche, mais au bout du compte, il parvenait toujours au bout du chemin, et il s'était dit que jamais, il n'abandonnerait, qu'un jour, il réusssirait, sans se tromper.

Et finalement, c'était le crâne débordant d'espoir qu'il entrait, dans ce lieu si nouveau, mais à la fois, si familier. Il y arriverait, il y arriverait. En attendant, il fallait juste sourire, il fallait juste aider.

Emile, tu le savais, la vie était loin d'être facile, mais pourtant, tu restais muet face aux horreurs qu'elle engendrait, tu te contentais seulement de sourire, comme si ce simple regard pouvait tout effacer, et tu essayais de t'en persuader, mais tu le savais, Emile, tu ne faisais pas le poids.

Et tu marchais, tu disais bonjour, à ces gens qui te reconnaissaient, mais que tu ne parvenais pas à identifier, tu aidais ces autres, pour un devoir, ou pour un autre problème, tu n'attendais presque rien, seulement un "merci, Emile", et ça suffisait à remplir ton cœur de joie, pour un instant, mais c'était largement suffisant.

Et tu observais, chaque chose autour de toi, et tu touchais chaque objet qui croisait ton chemin, t'avais cette étrange croyance que peut-être, certaines sensations pouvaient t'aider, que certains paysages pouvaient t'orienter, que certains regards pouvaient tout te révéler.

Mais aujourd'hui, tu venais d'en croiser un vraiment particulier, de regard. C'était un regard bleuté, et lointain, cruellement vide, qui ne savait plus vraiment où se poser, qui s'arrêtait seulement là où le vent le menait.

Alors, discrètement, tu t'approchais, tu ne voulais pas le troubler, ce garçon au regard si perdu, si encré, sur une entité que tu n'parvenais pas à déceler. Mais tu t'en doutais, tu savais qu'il t'entendrait arriver, et puis, tu n'étais pas vraiment doué pour te camoufler, même si tu n'souhaitais qu'une chose, te fondre dans la masse.

Et tu venais t'asseoir à ses côtés, mais, pendant un instant, vraiment, un court instant, tu n'osais pas lui parler. Tu jouais nerveusement avec les manches de ton pull, et tu le regardais, il te rappelait quelque chose, mais c'était si vague, si brumeux, que tu pensais que tu t'faisais des idées, Emile, bien trop stupide, il t'en fallait tellement peu.

Et il murmurait, d'étranges mélodies, que tu pensais connaître, que tu essayais de rejouer dans ta tête, mais c'était encore trop flou, et ça t'rendait totalement fou, et ça te frustrait, mais tu souriais, fallait continuer...
Puis, un peu hésitant, un peu bégayant, tu osais, enfin, même si t'avais l'air d'un con. Tu voulais comprendre quels genres de trésors renfermait ces iris bleus, si vides, tellement arides.

"Il est bien triste, ce sourire. Pourquoi ?"

C'était un peu timide, totalement maladroit, mais t'étais comme ça, et, à peine avais-tu prononcé ces quelques mots que le rouge te montait aux joues, encore une fois, tu maltraitais tes vêtements, à les étirer, et les nouer inlassablement, mais tu continuais, encore, par curiosité, tu voulais seulement aider.

"C'était quoi, ces paroles ? Ça me dit quelque chose, mais je n'arrive pas à me rappeler... Peux-tu m'aider ?"



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MessageSujet: Re: l'errance des cieux - émile   Dim 26 Aoû - 23:04

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au jardin des dieux
sur le pont des souvenirs ▵


Noé.
Noé, t’as l’regard de ceux qui n’ont plus rien à perdre ; ceux qui sont morts. Aussi bien de l’intérieur que de l’extérieur.
Noé, tu es l’être, l’âme errante, la plus douce des tortures, le plus désireux des plaisirs de la chair.
Tu es le coeur qui s’est arrêté de battre ; l’enfant qui ne grandit déjà plus, ou qui a déjà trop grandi. Tu es la peine des cieux.

— son coeur est en guerre
et il le sait, il s’en lasse d’être une pierre. —

J’aurais aimé raconter ton histoire comme celles que l’on raconte aux enfants. J’aurais aimé suivre ta vie, celle qui se termine avec un happy ending. J’aurais aimé dire qu’un doux sorcier viendra t’aider un jour, te sortir des malheurs que les destins t’ont jeté. J’aurais aimé voir ce feu, l’éveiller, celui qui sommeille en toi ; qui n’attend que son heure pour se laisser allumer et ne plus jamais s’éteindre.
J’aurais aimé te conter de belles choses ; t’annoncer que les temps se remettront en marche lorsque ton coeur le souhaitera. J’aurais aimé te dire, que rien de tout ça n’est grave, et qu’un jour, tout ira bien, que tu seras heureux, l’âme en paix.
J’aurais aimé, oui.

Au loin, résonnent ces pas incertains. Tu les entends de là où tu es, Noé. Tu entends le manque de confiance qui arrive ; la caresse de la passion. Tu entends la musique des souvenirs effacés, ceux troublés, ceux qui ne reviendront qu’au-delà de l’infini. Tu tournes ton visage, brisé, ton sourire, écrasé, figé, mystérieux, indescriptible aussi, peut-être.
qui sait ?

Ta voix se tait, les mélodies s’éteignent. Tu n’as pas peur, tu n’as pas honte. Ou peut-être tu n’as plus honte de tout ça.
C’est triste, Noé. De voir les mondes s’écrouler, les mondes s’envoler, de ne plus voir le regard des autres, de ne plus sentir le jugement ; l’enfer que sont les autres te t’atteint plus autant qu’avant. Il n’y a plus que les murmures la nuit ; les ordres au coucher du soleil ; les réveils en torture.

il est bien triste ce sourire. pourquoi ? frissons ; son familier. Tu as l’impression de le connaître, de l’avoir toujours connu. Tu as cette douce sensation qui te parcourt le corps, qui t’adoucit le coeur.

douceur des nuits noires ;
clarté des rêves de neige.

Tu ne te concentres plus que sur cette voix, soudaine, apaisante. Tu ne pensais pas qu’il allait te parler, Noé. Tu ne penses plus à grand chose, tu le sais.
Tu ne veux pas répondre ; non. Ce serait douloureux.

c’est une chanson que je chantais quand j’étais petit, avec un ami. c’est une sorte de berceuse.

Ton regard de blancheur le fixe, mais tu ne vois rien d’autre que la pénombre, le noir, les ténèbres. L’abîme sans fin.

noé, salut.


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MessageSujet: Re: l'errance des cieux - émile   Mer 5 Sep - 12:47

L'endroit ressemblait à un havre de paix, où le calme, partout, semblait régnait. Pourtant, Emile, au fond de toi, tu la sentais, cette étrange sensation, tu ne savais pas vraiment, si c'était mauvais, ou bien plutôt bon.

Et le garçon, aux cheveux dorés, levait enfin les yeux vers toi, et il te regardait, sans vraiment le faire. Tu n'étais pas bête, t'avais compris, assez rapidement, il ne pouvait pas te voir, tu le percevais, dans son regard.

Et lorsqu'il te répondait enfin, tu entendais, Emile, à travers cette voix douce, qu'il était un peu fébrile. Mélancolie qui l'traversait, toi, tu voulais juste l'aider. Tu l'écoutais, et tu souriais, bien assez pour qu'à travers le néant qui masquait sa vision, il puisse quand même ressentir ce regard bienveillant. Il se présentait ensuite, et tu ne perdais pas de temps à faire de même.

"Moi c'est Emile, je suis content de faire ta connaissance, Noé."

Et par moment, ton accent français ressortait, pourtant, t'espérais en avoir fait assez pour qu'il te comprenne. Tu soupirais un peu. Ca faisait longtemps que tu n'avais pas eu de moment calme comme ça, et tu te sentais privilégié, aux côtés de ce Noé, dont l'visage te semblait si familier. Peut-être bien qu'avant tu le connaissais ? Alors, si c'était bien le cas, tu t'en voulais, un peu, mais s'il prenait la peine de se présenter, alors tu n'avais pas vraiment à t'inquiéter.

"Tu viens souvent ici, Noé ? Je ne me souvenais pas de cet endroit, je l'ai trouvé un peu par hasard, j'aime bien..."

C'était un moment bizarre, et tu étais aussi peut-être maladroit, mais t'avais décidé que tu ne fuirais pas. Il avait l'air si triste, derrière ce regard vide et ce sourire mélancolique, il avait l'air si faux, comme agirait un robot, pourtant, malgré tout ça, il y avait cette mélodie, il y avait cette berceuse, qu'il chantait, autrefois, avec un ami, et peut-être qu'aujourd'hui, il la chanterait avec toi.

Un petit peu nerveusement, tu arrachais l'herbe autour de toi, la pauvre, elle n'avait rien demandé. Tu détournais un peu le regard, le temps de trouver tes mots, t'avais simplement besoin de quelques instants. Un petit peu hésitant, le rose aux joues, tu le regardais de nouveau, dans les yeux, comme si tu souhaitais percer ce regard opalin, comme si tu voulais changer un petit peu son destin.

"Dis, la berceuse, tu pourrais la chanter à nouveau ? Peut-être que si je l'entendais encore une fois, je me rappellerais ?"

Et tu murmurais l'air, pour l'accompagner. Les paroles ? T'aimerais t'en rappeler, mais il n'y avait que la mélodie qui te revenait.



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MessageSujet: Re: l'errance des cieux - émile   Ven 12 Oct - 0:13

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au jardin des dieux
sur le pont des souvenirs ▵


é m i l e.
Oh, Noé. Non. Tu ne t’y attendais pas. Pas maintenant. Pas après tout cela. Pas comme ça, avec tes yeux blessés, tes yeux crevés aux âmes de l’enfer. Tu ne peux pas.
Tu n’oses pas ouvrir les yeux, ouvrir ton coeur. Tu n’oses rien.
Tu es le rayon de soleil qui s’éteint derrière l’horizon, le dernier que l’on regarde, dans un espoir de le revoir, encore des milliers, des millions, des milliards de fois.
Ce n’est que les rires cruels de la vie qui s'étendent à travers tes doux cieux brisés, tes yeux paniqués.

émile.

Ta voix est si chevrotante, si cassée. Tu entends la tonalité française, la douceur de ces syllabes qui glissent au creux de tes lèvres. Tu entends chaque instant, chaque plaisir qui se murmure et se prélasse sur tes lèvres rougies par les morsures de ton émoi.
Tes yeux le fixent si intensément, que, bientôt il aura peut-être même l’impression que tu peux le voir.
car tu le peux. Tu peux le voir, observer ces cheveux qui tombent comme une couronne. Ou peut-être que tu pourrais. Si tu l’emmenais, là. Là-bas. Dans cet univers qui n’est qu’à toi, là où personne ne viendra jamais, là où la vie n’a plus de sens que pour toi. Cet univers si incertain, si réel, et pourtant si illusoire.

je viens souvent, oui. tu le dis dans un français si parfait, Noé, sans une pointe d’accent.

Tu sais qu’il comprendra. Tu l’espères. S’il ne peut pas comprendre ça, ce n’est pas lui.
Au fond, tu ne sais même pas si tu préférerais que ce soit bien lui, Emile. Celui qui a bercé ton enfance, celui que tu as vu t’être arraché, celui qui a disparu de la surface de la Terre jusqu’à présent.
Les pensées se sont envolées, les enfants ont grandi.

Faible sourire, sincère, sans doute.
Tu prends ton inspiration et commences à chanter. Chantonner d’abord, puis à chanter sérieusement. Et tu sais que tu captes son attention, tout comme lui capte la tienne. Tu sais, tu espères que, d’un instant à l’autre, tu entendras sa voix, légère, au timbre si particulier, à l’intonation si douce, celle que seuls les aveugles peuvent entendre. Tu espères entendre son inspiration, celle que l’on prend avant de s’envoler vers de féériques mélodies.

Et bientôt, il chantonne à son tour. Simplement la mélodie, sur laquelle tu viens poser ta voix, tes paroles, les mots d’un temps perdu, d’un temps beaucoup trop lointain pour que l’un de vous deux ne s’en souvienne. Et pourtant un temps auquel tu restes bien trop attaché. Mais tu sais que quelque chose ne va pas, Noé. Tu sais qu’il ne te reconnaît pas, qu’il ne sait pas qui tu es. Sinon il n’aurait pas donné son nom, sinon il se serait souvenu des paroles.
Du moins tu l’espères.

Et tu n’es même pas sûr que ce soit lui, Noé. Tu es ridicule. Ridicule d’espoir, ridicule de tendresse. Alors tu veux être sûr, oui.
Tes yeux le fixent, droit dans les siens, d’un regard dont il ne peut s’échapper. Et, peu à peu, le monde s’arrête, ton corps se fige, le sien aussi. L’espace d’une seconde, plus rien n’existe, le temps s’interrompt, l’univers se distord à ses yeux. L’espace d’un instant, son esprit ne comprend plus, car il ne peut plus comprendre, car tu lui voles les yeux.
L’espace d’un instant, le monde se renverse, et vous voilà soudainement la nuit, éclairés par les simples rayons de lune. Tes prunelles sont de la pétillante couleur qu’elles se doivent d’être. Et tu le vois enfin.

il a changé. mais c’est lui, oui.

Un triste sourire sur les lèvres.

émile, oui.

Il n’a plus la candeur, les joues rondes qu’ont les enfants. Il n’a plus la même innocence dans le regard, les yeux enfantins. Il a grandi, tu le vois bien. Et peut-être qu’il ne comprendra pas ce qu’il vient de se passer.
Non.
Personne ne comprend ton monde, personne ne comprend ce monde dans lequel tu les emmènes, où ils ne peuvent plus rien faire, que subir ce que tes désirs souhaitent.


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MessageSujet: Re: l'errance des cieux - émile   

l'errance des cieux - émile
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