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Le PDG de la X-TREM Factory entretiendrait une relation des plus intenses avec sa vice-présidente. On espère que ce n’est pas cette affaire qui a distrait l’ancien Phoenix de son travail et qui a entraîné un manque de sécurité lors de la dernière conférence de presse de l’entreprise où à eu lieu une explosion causant la mort d’un de ses haut-gradés...
Le mystérieux « Mist » dont l’apparition soudaine a récemment secoué la ville serait en fait une association de trolls désoeuvrés voulant profiter de la panique des récents attentats pour gagner plus de popularité sur les réseaux sociaux.
Il paraîtrait que le fondateur de la ville Edward Astrophel aurait été le descendant direct de Diogène, le philosophe grec qui vivait dans un tonneau. Incroyable !
les rumeurs



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shame ❀ (ian)
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super-banana
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MessageSujet: shame ❀ (ian)   Lun 26 Mar - 22:17

» shame
« YOU COULD DO BETTER THAN THAT | IAN »
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Elle avait le cœur au bord des lèvres et ses mains sur le corps ; l’une sur la taille, l’autre agrippe fermement contre sa nuque, tandis qu’ils se faufilaient parmi les convives –comme si elle était sienne ce soir, et qu’il comptait bien ne pas la laisser lui filer entre les doigts.
Il en voulait pour son argent après tout.

Si fréquenter des hommes riches lui permettait de gagner des sommes astronomiques –à ses yeux d’enfant des rues tout du moins– en très peu de temps, le faste de l’univers dans lequel cela la plongeait à chaque fois lui donnait doublement la nausée. Trop de lumières, trop d’éclats, *flash, flash* –tout lui rappelait toujours qu’elle n’avait jamais rien à faire là.
Constamment ramenée à ce qu’elle était ; une pauvre orpheline élevée dans la boue. Et pute par-dessus le marché.

« Je sais que t’es pas habituée à ce genre de soirées ma jolie, contente toi de sourire et la fermer et ce sera vite fini, on pourra être tranquille rien que tous les deux. »

Si tu crois que t’es le premier à me dire ce genre de saloperie tu t’enfonces le doigt dans l’œil jusqu’au coude. Et si tu crois que j’ai hâte d’être seule avec toi, c’est jusqu’à l’épaule que tu te l’enfonces.
Inspiration, expiration.
Sois jolie, tais-toi, ignore ses mains baladeuses qui profitent de chaque opportunité pour s’accaparer un peu plus de toi et pense à ce qui est à la clé : l’argent, l’hôpital, les soins, Saul, Saul, Saul et son sourire, Saul et ses yeux bleus qui reviendront bientôt à toi –ça vaut tous les sacrifices ce genre d’amour là.

La soirée se passait. Les gens défilaient devant elle sans jamais lui accorder d’attention car ils savent ce qu’elle était –ou plutôt ce qu’elle n’était pas, à savoir comme eux– et elle aurait presque pu passer un semblant de bon moment s’il n’y avait pas ces mains sur elle, constamment, et cette sensation désagréable d’être épiée chaque fois qu’elle tournait le dos à quelqu’un.
Elle ne savait même plus dire si les lumières qui l’éblouissaient venaient des illuminations de la salle ou d’autre chose.
Elle eu la réponse à sa question tacite lorsqu’elle entendit derrière elle le son du déclic d’un appareil photo, réalisant que quelqu’un venait de prendre sur le vif un cliché grossier de son client de la soirée avec les mains partout sauf là où la décence leur dicterait d’être.
Meera senti son cœur lui tomber dans l’estomac.
Et si ces photos étaient publiées ? Si on la reconnaissait ?

« Excusez-moi, elle s’extirpa de son emprise avec un petit sourire poli, je dois aller aux toilettes je reviens. »

Et elle s’enfuit sans demander son reste, à la recherche d’un appareil photo dans une salle des fêtes gigantesque. Parfait.
Ce ne fut qu’au bout de plusieurs longues minutes de recherche qu’elle aperçut enfin la silhouette longiligne derrière le flash de l’appareil.

« Hm, pardon ? fit-elle en posant une main sur le coude du jeune homme pour l’inciter à se tourner vers elle, en prenant le ton le plus humble qu’elle connaisse, j’ai vu que vous avez pris des photos de moi pendant la soirée et, euh –elle marqua une légère pause, buta sur les mots pour formuler sa demande correctement sans avoir l’air de faire un caprice de diva– si possible j’aimerais bien qu’elles soient supprimées… s’il vous plaît. »

Elle eu un mauvais pressentiment en plongeant ses yeux dans le regard polaire qui lui faisait face.




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MessageSujet: Re: shame ❀ (ian)   Mer 28 Mar - 10:41

shame
// meera
Il n’a pas voulu être là ; ne devait pas être là. Mais son patron l’a envoyé à sa place, parce qu’il avait mieux à faire. Inutile d’argumenter : plus jeune, Ian a appris qu’il ne se heurterait jamais qu’à un silence fermé à la discussion. Il est l’élève, vingt-et-un an et pourtant le gosse qu’il fût lors de leur premier contact lui colle à la peau comme s’il était toujours le même : une demi-portion dissipée. Alors, et sans autre choix pour n’être pas rabaissé aux tâches plus ingrates encore et tenu à l’écart des appareils et des décors pour le reste de la semaine, il a lâché l’affaire — abdiqué d’un soupir désenchanté, qui ne lui a rien valu d’autre qu’un regard satisfait du patron.
Connard.

Ils sont deux sur le coup ; l’autre est un type un peu plus jeune que lui, d’un studio dont il connaît vaguement le nom et les portfolios — il se sait meilleur en tous points ; l’autre débute à peine, il songe en avisant la façon dont il se tient, une veine saillante sur sa tempe, la concentration nerveuse plutôt que détachée, celle qui ôte de l’authenticité aux clichés. Il demande aux groupes d’interrompre leurs conversations, aux couples de cesser leur danse — il les saisit dans des poses mesurées, parce qu’il n’a pas encore appris à faire du flou des gestes un effet artistique.
Ian, lui, sait. Il capture un pas de valse et le balancement des dentelles, le bouffant des tissus légers et aériens à chaque pas ; il emprisonne le naturel d’un rire qui éclate, quelque part, plus loin, entre les corps qui oscillent et vacillent. Le flash scintille, avive les jeux de lumières et les couleurs vives des robes de satin — les ratés il y en a sans doute, mais il ne prend pas le temps d’y songer, s’il préfère le vif aux arrêts sur image ridicules façon poses forcées, c’est aussi qu’il s’agit de ne pas penser.

Des yeux, il balaie les alentours, cherche l’endroit qui lui permettra de prendre d’autres clichés plus originaux, un peu plus de sa patte, de ce pourquoi on le recommande par le bouche à oreille — il croit avoir trouvé, un instant, esquisse un pas, mais il y a cette main sur son coude, cette voix tout près de lui, qui l’incite à se résigner. Il tourne la tête vers l’importune — une gamine dont il ne saurait trop définir l’âge, parce qu’il n’a jamais été bien doué pour ça, et son visage lui dit quelque chose ; ou bien ses cheveux, il ne sait pas trop, sans doute qu’elle s’est trouvée sur l’écran numérique de son appareil, à un moment ou à un autre de la soirée déjà bien entamée.

« J’ai vu que vous avez pris des photos de moi pendant la soirée et, euh — si possible j’aimerais bien qu’elles soient supprimées… s’il vous plaît. »

Il hausse un sourcil ; la demande n’est pas tout à fait insolite. Il y en a d’autres, des commes elles — hommes et femmes, qui refusent d’apparaître sur quelque photographie qu’ils n’aient pas explicitement demandée. A l’instant, il ne s’en avise pas — au plus vite accèdera-t-il à la demande de l’adolescente, au plus vite retournera-t-il à ce pourquoi il est présent, et payé.
Il fait défiler les clichés dans la galerie en marche arrière, tous ceux dont il a mitraillé la salle et la foule — et il note déjà mentalement ceux qui ne vont pas, ceux qu’il supprimera dès qu’il sera rentré chez lui pour ne juger de plus près que ceux qui mériteront de l’être à ses yeux —, cesse sitôt qu’il trouve le sujet du crime.

Aucun doute — il n’y en a pas d’autre, ce soir, de fille avec les mêmes cheveux qu’elle ; les nanas des hautes sphères sont plus classiques, plus coincées, toutes pareilles.
Il s’apprête à supprimer — se fige dans le geste, quand il comprend que quelque chose cloche. Il n’avait pas réalisé, plus tôt — parce qu’elle n’était pas le sujet principal de la pellicule, que c’était sur une autre Lady qu’il avait porté son attention. Mais elle est là, et lui aussi, ses mains surtout, un de ces types comme on en voit à tous les cocktails, sortir avec des gamines qui auraient l’âge de leur fille s’ils en avaient une — même s’il doute que la plupart s’en encombrent, d’une pareille responsabilité.

Quand il relève les yeux vers la jeune femme à ses côtés, il affiche un sourire peu amène — un rictus mauvais, moqueur, et ses prunelles trahissent un dommage dont il ne s’excuse pas.

« Serait-ce de ceci que tu parles ? il persifle, en tournant l’écran vers l’intéressée. Je l’aurais supprimée avec plaisir, crois-moi, mais en vérité ce cliché me plaît plutôt bien… »

Il jette un coup d’oeil à l’écran, rit d’un ton léger — comme s’il s’agissait d’une vulgaire plaisanterie ; et sans doute préférerait-elle.

« On dit que les meilleures photographies sont celles qui se suffisent à elle-mêmes pour raconter une histoire… Que raconte celle-ci, d’après toi, dis-moi ? »


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MessageSujet: Re: shame ❀ (ian)   Sam 31 Mar - 23:11

» shame
« YOU COULD DO BETTER THAN THAT | IAN »
Meera sentit ses entrailles se tordre lorsque le photographe lui adressa un rictus qui n’en disait rien qui vaille. Intuition, sixième sens, peut importe le nom qu’on pouvait bien lui donner, elle avait cette impression que ça n’allait pas se passer comme elle le voulait, et elle en eu la chair de poule.

« Serait-ce de ceci que tu parles ? Elle acquiesça et ne put s’empêcher de grimacer de dégout devant l’écran de l’appareil. Je l’aurais supprimée avec plaisir, crois-moi, mais en vérité ce cliché me plaît plutôt bien… »

Meera se raidit, leva les yeux vers lui tandis que chaque muscle de son corps se crispa instantanément. Elle eut du mal à déglutir subitement.

« On dit que les meilleures photographies sont celles qui se suffisent à elle-mêmes pour raconter une histoire… Que raconte celle-ci, d’après toi, dis-moi ? »

Elle ne comprit pas tout de suite où il voulait en venir. C’est seulement en faisant des yeux l’aller retour entre son air suffisant et le cliché qu’elle réalisa –il se foutait de sa gueule ouvertement.

« Rien qui vaille la peine de s’attarder dessus, répliqua-t-elle d’un ton sec et amer, effacez la, s’il vous plaît. »

Si son ton témoignait de la détermination de sa volonté, elle ne put s’empêcher d’utiliser les formules de politesse habituelles –car on l’avait élevée comme ça, dans l’idée qu’il fallait respecter ceux des classes supérieures même quand ils vous crachent dessus et en rigolent après.




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MessageSujet: Re: shame ❀ (ian)   Dim 13 Mai - 21:09

shame
// meera
Dans les yeux qu’elle lève vers lui, il cherche les failles et s’en repaît — la détresse des autres face à une quelconque supériorité qu’il entretient et dont il les surplombe comme une infinie source de divertissement. Il tente de déchiffrer son regard, d’en décortiquer chaque émotion l’une après l’autre, en fines lamelles découpée du bord tranchant d’une lame — serait-ce ici de la stupeur, et là de la honte, saupoudré d’un rien de dégoût ; serait-une ombre de colère qui tout à coup assombri ses prunelles bleu vif comme un soir d’orage ?

À quand la foudre, ma jolie ?
Mais oserais-tu seulement, au milieu de tous ces gens, briser de tes esclandres le calme paisible et la gaieté de ces artifices qui nous entourent ?


Il devine qu’il n’en est rien — le tonnerre ne fait que gronder au loin, à croire qu’il y a quelque chose de plus précieux que ta dignité qui te retient de t’éparpiller en scandale et querelle, belle enfant.

« Rien qui vaille la peine de s’attarder dessus. Effacez la, s’il vous plaît. »

Il perd de son sourire — mais pas de sa superbe. C’est comme un ennui, une lassitude familière qui s’installe sur ses traits, dissipe son rictus et lui arrache un soupir contrarié — comme s’il avait attendu d’elle quelque chose d’un peu plus distrayant que d’autres mais qu’elle ne sait pas lui donner ; comme s’il était déjà mécontent de son nouveau jouet.

« Mauvaise réponse, il lâche, froid et sans appel, en éteignant l’appareil. Tu m’excuseras de n’avoir pas plus de temps à t’accorder, mais je dois retourner travailler. »

Il esquisse un pas pour la contourner, trois de plus pour s’éloigner ; et puis la foulée reste en suspens, inachevée. Comme une hésitation soudaine, comme s’il tergiversait — l’envie de tenter l’usure. Son équilibre balance l’espace d’une seconde, puis il lui lance un regard par dessus son épaule — deux prunelles d’acier allumées d’un éclat mauvais.

« Je te laisse jusqu’à la fin de la soirée pour te décider… Tu te douteras bien que je suis ici pour le croustillant, ma jolie, non pour tes esquives sans grande élégance. »

Sans plus de cérémonie, il s’éloigne et se glisse entre les couples qui dansent et bavardent, flûtes de champagne à la main — lui réfléchit déjà à quel nouvel angle aborder pour les prochains clichés, et la gamine il l’a déjà oubliée.


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MessageSujet: Re: shame ❀ (ian)   Sam 2 Juin - 18:32

» shame
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Il ne lui plaisait décidément pas ce type.
Elle avait l’impression qu’il lisait en elle comme dans un livre ouvert et qu’il se satisfaisait de son malaise avec une avidité quasi-perverse qui la rebutait. Pour sûr que dans d’autres circonstances, elle ne se laisserait pas faire. Mais pas de folies Meera, pas quand il y a tant d’argent en jeu, pas quand c’est la qualité de l’hospitalisation de Saul qui dépend de ta capacité à en prendre plein la gueule sans l’ouvrir ; encaisse, encaisse, tu pleureras demain.

« Mauvaise réponse. Son ton était froid, son regard las –elle se sentait déchet, moins-que-rien quand il la jugeait de haut comme il le faisait. Tu m’excuseras de n’avoir pas plus de temps à t’accorder, mais je dois retourner travailler.
Quoi ? Attendez je- »

La lueur mauvaise au coin de son regard lui cloua le bec.

« Je te laisse jusqu’à la fin de la soirée pour te décider… Tu te douteras bien que je suis ici pour le croustillant, ma jolie, non pour tes esquives sans grande élégance. »

Et il l’abandonna pour vaquer à ses occupations de photographe.
Humiliée serait un bon terme pour décrire la façon dont elle se sentait actuellement.

« Eh bien, c’est là que tu te cachais ! »

Meera déglutis avec difficulté avant d’enfiler un sourire factice et se retourner vers le client de la soirée.

« Désolée, je ne me sentais pas très bien, j’avais besoin de marcher un peu.
Bois ça, fit-il en lui plaçant une flûte pleine de champagne hors de prix, j’connais rien de mieux que l’alcool pour ce genre de p’tits malaises. »

Il eu un rictus narquois et vida son verre d’un trait, semblait attendre que Meera boivent dans le sien pour enchaîner –elle y trempa les lèvres, réprima une grimace et en but une gorgée honorable.

« D’ici la fin de ton verre tu verras qu’on peut s’amuser dans ce genre de soirée ma belle. »

Elle doutait que le fun soit partagé d’ici la fin de la soirée, loin de là.




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MessageSujet: Re: shame ❀ (ian)   Mer 4 Juil - 15:36

shame
// meera
Il se fond au milieu des gens, de ces silhouettes sans nom, toutes les mêmes, les mêmes gueules pomponnées les même sourires forcés, les mêmes regards en biais ou qui l’ignorent ; lui sillonne.

Il connaît ce monde-là, ces sphères d’étoffes riches et de jolis langages, de tirades pompeuses, ces noms qu’on encense pour des relations, des contrats, des filons, des pistons. Il connaît, parce que son père avait l’argent — à défaut d’un nom ; son titre il l’a acheté en liasses imprimées avant de disparaître dans les bras d’une nénette de vingt ans.
Aujourd’hui, Ian n’est plus jamais l’invité mondain ; il est à ces soirées ce que les quelques meubles sont à la grande salle : invisible, seulement moins bien intégré au décor. Il détonne et dérange, peut-être, dans ses fripes qu’il achète dans les boutiques locales de prêt-à-porter vaguement gangsta plutôt que dans les grandes chaînes de luxe et de haute couture sur mesures.

Ses thunes, il les claque sans remords en matos photographique.

Sur un plateau qui le frôle il saisit le geste preste une flûte de champagne qu’il porte à ses lèvres, puis sans remercier dans la foule agitée il s’efface — mais après tout, l’homme pressé trop bien rangé ne l’a sûrement pas remarqué ; s’il l’a fait peu importe, les convenances le dérangent, le peroxydé.

Il s’accorde une pause, le temps d’un verre et d’ôter sa veste — haut gris léger sans prétention, sobre au possible, peu d’efforts devant son armoire dès qu’à s’apprêter il faut ne serait-ce qu’y songer. Pas compliqué, dans la penderie tout s’assortit, couleurs sombres ou froides, toujours uni, pas de motifs pour gâcher les raccords ; Ian n’apprécie la complexité que de l’esprit et de la photographie.

Le reste le dépasse.

Il cherche une zone dégagée pour installer son matériel, le déplacer — toujours ce même trépied léger, et le numérique dernière génération clipsé à son sommet —, sur son trajet on l’interpelle, s’agit de mettre à jour la liste des noms de ceux qui ont payé pour être saisis à poser en foirant à donner l’impression que non — comment s’en plaindre, après tout ; c’est sur leur comédie risible qu’il se fait de l’argent.

Terminée, la série des portraits tirés à quatre épingles, des noeuds papillons trop droits et des décolletés trop prononcés — combien de contouring pour inventer ce qui n’existe pas ? — il se glisse dans l’un des nouveaux recoins de la salle, saisit le décor.
Ça lui plaît, le jeu de lumières des lustres et des miroirs, des verres en argent et des dorures, il imagine toutes les expositions qu’il pourrait mettre en scène, dans d’autres circonstances — il garde les idées pour plus tard, peut-être une séance avec Nina, et il imagine déjà, les couleurs qui lui iraient au teint, et les poses et les effets les retouches, tenter l’audace.

Il relève les yeux, pour accrocher du regard un éclat de bleu ; intérêt à demi-ravivé, il se penche sur l’écran de l’appareil et active le flash dans un sifflement rendu silencieux par tous les bruits, la musiques et les talons, les verres et les ricanements faussés.

Ses yeux à elle, qui le cherchent, le salaud, et lui ne cille pas — il rit.

Légère hésitation, puis il éteint son appareil et le pend à son cou, délaisse le trépied dans un coin de colonne, puis sillonne, encore, toujours — il frôle ce monde auquel il n’appartient pas, rejoint celle qui, ce soir aussi, détonne comme lui.

« Mademoiselle, monsieur il incline la tête, dans sa voix des intonations mielleuses ; politesse ou sarcasme, difficile de délier le faux du vrai — il plonge son regard dans les prunelles de l’homme, défiance non dissimulée. Me feriez-vous l’honneur de me laisser vous emprunter votre cavalière, le temps d’une chanson, de deux si votre grandeur d’âme est assez ? Sa splendeur m’étourdit, il serait bien triste que le monde entier ne l’admire pas, et bien égoïste de ne point partager telle majesté. »

Le beau langage ; lui aussi connaît — il ne l’entretient, toujours, que pour ses intérêts ;
et, parce qu’après tout, il lui en faut bien peu, à lui, pour, de ce beau monde, se moquer.


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MessageSujet: Re: shame ❀ (ian)   Mer 4 Juil - 23:38

» shame
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L’angoisse au bord des lèvres.
Ce genre de soirées n’avaient clairement jamais été ses préférées –pas quand elle y allait par la contrainte de l’argent et non pour le plaisir simple de s’y rendre et d’y apprécier la compagnie– mais celle-ci en particulier semblait bien partie pour figurer sur le podium des pires d’entres elles. En plus de l’angoisse inéluctable liée à ce qui allait se passer lorsque les portes de la salle des fêtes auront fermé, elle se sentait doublement oppressée à cause de l’autre enfoiré avec son appareil photo. Elle était subitement épiée de partout, et jugerait que chaque paires d’yeux qu’elle croisait la fixaient avec mépris et jugement –elle se sentait faible, étourdie.
C’était terrible de se dire que c’était ses mains à lui, posées sur son corps, qui la maintenaient décidément dans la réalité.

Nouveau flash, et son cœur s’emballa de nouveau.
Meera tourna la tête dans la direction qu’elle croyait être l’origine de la vive lumière, mais ne croisa pas du regard la silhouette antipathique de tout à l’heure. Il se fout de ma gueule. Elle en tremblait presque de colère –peut-être bien qu’elle tremblait tout court en vérité.

« Allons bon, qu’est-ce qu’il nous veut celui-là… »

L’adolescente sentit la main se raffermir sur sa taille et ce fut comme des barreaux de prison qu’on resserrait autour d’elle. Quand elle se retourna et leva les yeux vers son clients, avant de suivre son regard, sa gorge se noua plus encore.

« Mademoiselle, Monsieur, –sa politesse mielleuse lui donnait la gerbe ; son hypocrisie de l’urticaire. Dieu savait à quel point Meera était la première a essayer de trouver du bon chez les gens, mais c’était presque transcendant à quel point elle savait déjà qu’elle ne pouvait pas supporter cet individu, son mépris et sa fausseté– Me feriez-vous l’honneur de me laisser vous emprunter votre cavalière, le temps d’une chanson, de deux si votre grandeur d’âme est assez ? Sa splendeur m’étourdit, il serait bien triste que le monde entier ne l’admire pas, et bien égoïste de ne point partager telle majesté. »

Le plus âgé des deux émit un ricanement et ramena Meera contre lui dans un geste symbolique –ce soir, elle l’appartenait, parce qu’il avait payé pour ça.

« T’as de bons goûts gamin, mais j’ai déjà investi pour passer du temps avec la demoiselle alors si tu la veux faudra y mettre du tien –j’entends bien par-là de ton porte-feuille, fait-il d’un ton narquois qui laisse planer le doute quant au sérieux de ses dires. »

Meera elle, c’était comme si son esprit venait de se désolidariser de son corps ; elle observait la scène avec absence, comme s’il ne s’agissait pas vraiment d’elle dont on parlait comme d’une vulgaire marchandise monnayable, mais de quelqu’un d’autre –de quelque chose d’autre même.
Voilà ce qui arrive lorsqu’on accepte de se laisser traiter comme un objet, Meera.
Repli stratégique, étanchéité à ce qu’il se passait à l’extérieur ; c’étaient là ses seuls moyens de se préserver au milieu de se banc de requins.

« Allez tu m’fais pitié, amuse-toi un peu avec si ça t’excites, mais ramène-la moi dans deux danses précisément. »

Ce soir elle était leur jouet à tous, et car elle n’avait que son but ultime en tête, elle les laissait faire impunément.
Elle sentit qu'on la poussa dans le dos vers le photographe de la soirée et son regard s'affola d'un seul coup comme si elle ne réalisait que maintenant que les mains posées sur elles avaient soudainement changé, et lorsque son regard croisa les iris glacées qui dardaient au-dessus d’elle, l'adolescente fut prise d’une violent frisson et ses poings se crispèrent si fort que ses ongles s’enfonçaient dans ses paumes.
Rage et peur main dans la main.




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MessageSujet: Re: shame ❀ (ian)   Jeu 5 Juil - 2:44

shame
// meera
Le rire, dérangeant — qui le prend de haut et, face aux grands, il n’est tout à coup plus beaucoup, mais peut-être un peu plus qu’elle — et l’étreinte qui se resserre — le mâle qui marque sa femelle, et s’il demeurait le moindre résidu de doute, il est à présent balayé : entre eux, aucune trace de la moindre affection, d’une part un trophée, et de l’autre rien qu’une plaie.
À vif, et qui suppure son trop-plein d’infection.

« T’as de bons goûts gamin, mais j’ai déjà investi — il tique sur le mot employé, n’en laisse rien paraître ; il retient à grand peine l’oeillade qu’il aurait jeté en direction de la gamine, si sa fierté ne l’obligeait pas à soutenir le regard de l’autre, ce mâle en pleine paradepour passer du temps avec la demoiselle alors si tu la veux faudra y mettre du tien –j’entends bien par-là de ton porte-feuille. »

Il plisse les yeux, mouvement imperceptible — il marche sur un fil, au bord de l’hésitation ; l’impression de comprendre, lentement, pourquoi elle aussi, elle détonne. Pourquoi elle n’est pas comme eux, elles ; pourquoi elle paraît plus frêle et moins fière, pourquoi ses yeux croisent plus de reflets sur le parquet lustré que d’autres regards, pourquoi c’est autre chose qu’il éprouve en respirant son air, autre chose qu’un simple mépris désintéressé ;

une envie de la briser
comme on serait pris de folie
de briser une jolie chose
qui craquerait bien sous le talon

et de voir
d’admirer
si elle saurait
se relever.


Il se demande, brièvement, s’il serait capable — allonger pour la belle, pour ses yeux, pour sa faiblesse, pour sa terreur, si elle serait assez pour justifier qu’il joue fric sur table. Il penche pour non, il balance vers oui ; il tergiverse sans un geste et sans ciller, sans, face au regard qui le surplombe et voudrait le diminuer, ne serait-ce que déranger le rythme de ses propres inspirations.
Combat d’honneur silencieux
et la sienne est en jeu.


« Allez tu m’fais pitié, amuse-toi un peu avec si ça t’excites, mais ramène-la moi dans deux danses précisément. »

Et la poupée abîmée qu’on pousse dans ses bras, il la réceptionne avec une douceur qui tranche — la froideur un peu lointaine de ses yeux n’est pas la caresse presque pudique sur sa taille et son poignet, l’emprise légère pour préserver l’équilibre sans l’emprisonner ; l’oisillon bleu l’est sans doute déjà bien assez.

L’autre a perdu toute son attention, qu’il s’éloigne, s’efface, disparaisse pour de bon, Ian n’y prend pas garde ; il observe de près les contours du visage de la femme presque enfant, petite, si petite sous ses doigts, et si fragile, mais si tangible, et si, si, déjà si fêlée, fendue de part en part — et le tremblement léger de son poignet quand il y fait courir ses doigts, le poing serré qu’il effleure, lentement.
Toucher presque tendre, attise la rage — de si près, un inconnu, elle aurait dû le repousser ; ce n’est pas sa place à lui, ni aujourd’hui ni jamais, mais les droits il se les accorde et en abuse.

« Calme-toi, jolie, il souffle près d’elle, distance raisonnable de son oreille — ce qu’il faut pour entendre, ce qu’il faut de décence et d’espace pour respirer. Desserre ces poings, que ne s’impriment point dans ta peau ces croissants de lune que je ne saurais voir et, oh, ne me raconte pas que je suis pire que lui, j’en serai vexé — danse. »

Il esquisse un pas, deux — il n’écoute pas la musique, ignore le rythme de la valse italienne, jusqu’aux moindres détails décide du jeu et de toutes les règles à y appliquer, pipe les dés. Comme ses mots, toujours à contre-temps, dans le désordre et mal raccordés — il s’emmêle, parfois, trop de choses à dire, si peu de temps pour y songer, à comment les aligner. Il court après, comme il peut, dératé, aiguille d’une idée à l’autre sans connecteur logique, sans point d’ancrage ;
le fil rouge s’embobine de travers

et les mots, sur ses lèvres, trébuchent.

« Donc, si j’ai saisi l’échange, tu monnayes ta présence et divers agréments contre quelque arrondissement de fin de mois… Ou du moins la réalité n’est pas loin de l’idée, je crois, mais, sait-on jamais, interromps-moi si je m’égare à ton sujet. »

Est-ce que ;
est-ce que c’est pour ça, que ta place n’est pas ici ; à leur bras, à ces hommes qui ne t’aiment pas, à ceux qui ne veulent de toi que ton corps, que tes cuisses et leur refuge en leur creux ?
Est-ce que ;
est-ce que c’est pour ça, que tu détonnes, que tu déconnes, que tu déranges ; parce que tu n’as rien à faire là, dans un monde qui se fout du dedans, se fout des sentiments, et n’attend de toi qu’obéissance, et jolie compagnie ?

« Je suis curieux, tout à coup, dis-moi, jolie, dis-moi : combien il raque de l’heure pour que tu sois sage et docile devant sa queue ? »

Il crache les mots, oscille entre le vulgaire et le soutenu, déchire un monde d’hypocrisie en quelques lettres : il prononce sans faux-semblants, il se rit des euphémismes ; s’agit d’assumer ou de remballer, lui préfère asséner les vérités sans les tamiser.
Dans son regard — rire — et sur ses lèvres — mépris —, il suinte le mec trop bien pour les autres, trop bien pour toi, gamine tapin, il fait tourner le monde autour de lui — s’en donnerait le tournis. Il dégueule d’un trop-plein de confidence — et ce soir, ce soir, tu goûtes à ses caprices les plus mauvais, à sa cruauté la plus abjecte.

Pour être honnête — pour être honnête il est sordide, et il

il voudrait
te voir rire
et te voir pleurer

et il se demande ce qui
du bonheur ou de la détresse
siérait le mieux à tes traits.


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MessageSujet: Re: shame ❀ (ian)   Jeu 5 Juil - 14:11

» shame
« YOU COULD DO BETTER THAN THAT | IAN »
C’était terrible ce contraste entre ses gestes et tout le reste.
Les mains qui effleuraient désormais sa taille et son poignet étaient d’une douceur dont elle avait presque oublié l’existence quelques secondes plus tôt quand c’était l’autre qui la tenait si fermement contre lui qu’elle craignait qu’il n’y laisse une marque sur sa peau.
Un instant, elle se demanda ce qui était vraiment le pire : un connard brusque aux intentions basiques ou en enfoiré doucereux aux idées cruelles.
Il lui suffit  d’ouvrir la bouche pour qu’elle prenne sa décision.

« Calme-toi, jolie, desserre ces poings, que ne s’impriment point dans ta peau ces croissants de lune que je ne saurais voir et, oh, ne me raconte pas que je suis pire que lui, j’en serai vexé –danse. »

Pourquoi est-ce qu’elle l’écoutais, lui qui ne lui donnait rien que de sales idées noires en échange ? Pourquoi ne pouvait-elle pas lui dire toutes les insultes qu’elle connaissait si bien d’habitude, quand il s’agissait de les proférer à des garçons comme elle, des garçons de la rue ?
La réponse tenait probablement en une simple phrase ; elle était terrifiée dans ce monde où elle n’était rien, où sa parole n’avait pas de poids face à celui de l’argent.
Petit faon dans la cage aux fauves, obéir, c’était survivre encore un peu plus longtemps.

Ses pas se faisaient maladroit, raides ; elle portait plus d’attention au fait de ne plus croiser son regard qu’à respecter les temps de la valse qui lui semblait s’éterniser alors qu’elle venait de commencer.

« Donc, si j’ai saisi l’échange, tu monnayes ta présence et divers agréments contre quelque arrondissement de fin de mois… Ou du moins la réalité n’est pas loin de l’idée, je crois, mais, sait-on jamais, interromps-moi si je m’égare à ton sujet. »

Meera ne répondit pas, garda la tête baissée, les sourcils froncés dans une expression soucieuse –s’agissait surtout de retenir ses larmes et ne pas craquer. Et puis son silence suffisait à lui répondre puisqu’elle ne l’avait pas interrompue –il ne faisait pas fausse route la concernant, ça elle devait l’admettre.

« Je suis curieux, tout à coup, dis-moi, jolie, dis-moi : combien il raque de l’heure pour que tu sois sage et docile devant sa queue ? »

Elle se crispa tout à coup car elle n’avait pas vu venir la fin de la phrase ; et elle que les mots vulgaires n’effrayaient jamais pour en avoir entendu toute sa vie, elle se sentait tout d’un coup atteinte, salie par de simples mots entendus milles fois auparavant.
Elle n’ouvrit pas la bouche tout de suite, se laissa le temps de souffler et rassembler son courage pour ne plus être tout à fait passive –et enfin elle releva la tête vers lui, qui était si grand qu’elle devait plier sa nuque en deux pour le regarder dans les yeux.

« Supprime tes photos de merde et peut-être que je te le dirais, fils de pute. »

C’était peu mais elle faisait ce qu’elle pouvait, pieds et poings liés comme elle l’était.




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MessageSujet: Re: shame ❀ (ian)   Ven 6 Juil - 18:12

shame
// meera
C’est un silence qui lui répond ; un silence étrange, épais et dérangeant, qui trahit l’effet de ses mots sur elle — son pouvoir sur la gamine comme pantin entre ses doigts. À croire, à croire qu’elle renonce à toute existence dès lors qu’elle enfile ses drapés et laisse les mains d’hommes qui ne l’aiment pas la toucher ; à croire, à croire qu’elle cesse de respirer, et ne reprend son souffle qu’après coup, quand tout est terminé, et qu’il ne reste que les billets, la sueur, les larmes et le goût aigre au fond de la gorge — celui de s’être, une fois de plus, humiliée pour quelques impressions froissées.

Il se dit
qu’elle ne répondra jamais
qu’elle fermera tout à double tour
sauf ses cuisses,
grandes ouvertes pour l’autre.

Mais elle se ranime ; une inspiration soudaine et elle relève les yeux vers lui — ses prunelles à elle, sur l’instant, pourraient sembler plus glaciales encore que celles du photographe, s’il n’y avait pas en elles comme une esquisse de cette douceur intrinsèque, cette bienveillance qu’ont ceux qui ont tant souffert qu’ils se sont oubliés quelque part entre leur blessure et les autres.
Il fronce les sourcils, geste infime, face à celle qui ose — cette petite, cette enfant, poupée de porcelaine dont l’être entier vomit la peur et la répulsion, cette proie traquée, acculée, entourée de ces prédateurs qui n’attendent que de la dévorer, qui l’abusent toute entière à coups de regards sales et pleins d’idées qui la violent sans le moindre frôler. Gamine, gamine dont les jambes auraient toutes les raisons de flancher — et pourtant, il croit n’avoir jamais vu telle rage d’exister dans les yeux de quiconque, avant, avant cette gosse bousculée qui soutient son regard, et montre les crocs.

« Supprime tes photos de merde et peut-être que je te le dirais, fils de pute. »

Décontenancé, l’espace d’une seconde — il ne peut nier avoir cillé, haussé un sourcil en surprise, superbe qui se fane le temps d’un battement de cils.
Et puis, c’est le rire — le rire qui méprise, le rire qui révulse, le rire qu’on hait parce qu’il n’a rien de tendre, rien de bon, ça exhale la gangrène de l’intérieur, le fiel, la malveillance et l’antipathie ; il rit, il rit de la voir se débattre dans l’étau qu’elle a sur son corps frêle elle-même refermé.

Sa prise se fait plus brusque sur la taille de la belle, la rapproche de lui ; il se retient d’en faire de même sur la cassure de son poignet gracile — il relâche doucement, et ses doigts effleurent les lignes de vie et de coeur puis s’entremêlent à ceux de la jolie ; de l’extérieur un schéma presque tendre, mais il faudrait ne pas voir leurs masques déchirés d’hostilité.

« Quel bel usage des mots, jolie, il se moque, la voix rauque de son hilarité. Mais je doute fort que ma très chère mère ait jamais eu à jouer la putain — il insiste sur le mot, détache les syllabes avec un plaisir carnassier qu’il ne dissimule pas — pour un peu d’argent de poche… Pire encore, s’il avait fallu qu’elle se pende au bras d’hommes en âge d’être son père. »

Il laisse filer les secondes, et les mots faire leur effet, graver leur empreinte dans les yeux de l’enfant ; il attend d’y lire l’impact, le myocarde en coeur de cible — te blesser, te briser, et voir, voir si tu ferais encore face, si t’oserais, toujours, lever la tête et soutenir son regard.

Enfin, il s’approche — près, si près qu’il sent son parfum, le vrai, quand elle n’efface pas le superficiel de sa misère à grands renforts de poudre et de bouquets capiteux. Il s’approche — près, si près qu’il frôle presque sa mâchoire, et son souffle s’égare aux abords de l’oreille, ricanement tamisé.

« Jolie, jolie, dis-moi ton prix, je t’implore, je t’en conjure. Tu peux, tu sais, tu peux même mentir, peu importe, comme il te chante, mais retiens que je t’en donnerai le double — le triple, si ça te plaît — si tu acceptes qu’on se revoit, si tu veux bien passer une soirée avec moi. »

Il se redresse, d’un rien — presque trop peu pour la surplomber, le dos arqué et la nuque cassée il la traiterait presque en égal ;
illusion
rien de pareil
même pas semblant.

« J’effacerai les photos sous tes yeux, je n’en ferai aucune copie — tu as ma parole, et c’est ta seule garantie. »

Fais-moi confiance aveuglément,
une bravade,
un défi.

« Alors, jolie, dis-moi, quel est ton prix ? »


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MessageSujet: Re: shame ❀ (ian)   

shame ❀ (ian)
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