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 Etre une victime crée parfois des liens (PV Romeo)

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MessageSujet: Etre une victime crée parfois des liens (PV Romeo)   Dim 2 Avr - 19:11

Depuis qu’il s’était levé ce matin-là, Shawn avait un mauvais pressentiment. Cela lui arrivait rarement, n’étant pas le mec avec le plus d’intuition au monde, du coup autant dire qu’il prenait la chose au sérieux quand c’était le cas. Quand il avait cette étrange sensation dans la tête et dans les tripes, il n’était pas tranquille. Aussi, sa sœur et son frère n’avaient pu que remarquer sa mauvaise humeur, essayant d’en savoir plus sans résultat vu que l’adolescent ne voulait pas les inquiéter sans preuves. Après tout, les pressentiments ce n’était pas totalement fiable. Il pouvait très bien imaginer ça, c’était aussi dans sa tête, après tout. Même si une petite voix lui disait que ce n’était pas une erreur cette fois. Il détestait cependant obéir à quelqu’un d’autre que lui-même et il l’ignora donc toute la journée.

Rien de spécial ne se passa pendant le trajet jusqu’à l’école, ni pendant les cours du matin. Enfin, rien d’inhabituel plutôt. C’était en somme une journée scolaire ordinaire. Les cours du matin furent particulièrement barbants ce jour-là et ceux de l’après-midi un peu plus intéressants alors qu’il put utiliser son pouvoir de glace pour une simulation de combat. A croire que si la pression des responsabilités ne s’avérait pas aussi pesante au quotidien, être un héros lui aurait vraiment plu.

Avec un peu de chance, si ses parents n’étaient pas morts, il aurait continué à rêver comme quand il était enfant. Sauf qu’il avait grandi bien trop vite quand l’accident s’était produit, emportant ses tuteurs avec lui. Et maintenant, s’il s’engageait dans cette voie, ce n’était plus vraiment pour lui. Mais plus pour conserver l’image immaculée de son nom, de ses parents. Pour leur succéder, eux qui avaient été de si grands héros adulés de tous ou presque. Ce n’était pas à lui d’être leur héritier, mais comme son grand-frère avait refusé ce rôle, le cadet n’avait pas le choix. Ou du moins, il estimait ne pas l’avoir. Ce qui revenait au même dans le fond.

A la fin des cours, Shawn s’attarda plus longtemps que les autres élèves dans les vestiaires. Son mauvais pressentiment venait de revenir au galop alors qu’il avait réussi à l’oublier jusqu’à présent. Et il n’aimait vraiment pas ça. Rester caché n’était probablement pas la meilleure des solutions s’il voulait savoir ce qui allait lui tomber dessus, surtout qu’il n’était pas un lâche, mais c’était un moyen de défense comme un autre. Aussi, prit-il son temps pour se changer et ranger ses affaires, allant même jusqu’à nettoyer un peu les lieux en ramassant quelques déchets qui n’étaient pourtant pas les siens. Une fois dans le couloir, il s’acheta même une boisson au distributeur, n’ayant pourtant pas soif. Mais il décida quand même d’arrêter de fuir et sortit du bâtiment, l’estomac noué comme rarement.

Ne pas savoir pourquoi ce mauvais pressentiment se montrait si tenace l’angoissait encore plus si possible. De l’extérieur, sa nervosité très inhabituelle ne se voyait pas du tout, mais à l’intérieur il la sentait bien. Devinant ce que sa sœur lui dirait si elle était là, il fit de son mieux pour respirer tranquillement afin de se calmer. Cela marcha. Un peu. Mais alors qu’il s’éloignait enfin du bahut, passant derrière les bâtiments pour rentrer à pied malgré la distance, estimant qu’aller à l’arrêt de bus était trop dangereux aujourd’hui, il vit de grandes silhouettes s’approcher et son estomac se noua à nouveau.

Heureusement, il était rapide avec sa taille et ses grandes jambes, aussi accéléra-t-il le pas, en tenant sa capuche pour éviter qu’elle ne tombe et révèle ainsi, ce qui était souvent la cause de ses brimades. Il sentit son pouvoir crépiter dans ses mains, prêt à s’en servir en cas de réelle nécessité. Ces types, il les avait reconnu. Ils avaient son âge et ils n’avaient pas très bonne réputation,  parmi les élèves comme chez les professeurs. Et pour arranger ça, ils avaient l’air de détester tout particulièrement les élèves les plus riches et les plus populaires, venant eux-mêmes de familles assez pauvres et ordinaires. Shawn s’était toujours attendu à avoir affaire à eux, aussi s’était-il étonné de les voir le laisser tranquille.

Il était après tout un des élèves les plus riches et un des plus populaires, si ce n’était le plus populaire. En plus, il était parfois considéré comme une bête de foire au bahut à cause de ses oreilles pointues. Sans compter ses tenues bien différentes de la mode adolescente habituelle. Bref, un tas de raisons pour qu’il soit leur cible plutôt qu’un autre. Mais visiblement, ils n’attendaient que le bon moment et cette pensée lui donna la nausée. Ce genre d’individus jouaient dans une autre catégorie que les petits voyous à qui il avait toujours eu affaire et il savait qu’il ne s’en sortirait pas aussi facilement cette fois. Surtout qu’ils avaient attendu s’il s’éloigne suffisamment des lieux de passage les plus fréquentés pour être tranquilles.

Tout en priant pour qu’un adulte les voie quand même, Shawn décida de se retourner pour leur faire face et ainsi les prendre par surprise. Cela marcha... Pendant quelques secondes. Il réussit quand même à geler un peu le sol, espérant les faire tomber pour pouvoir ensuite s’enfuir. Mais cela ne marcha pas comme prévu, comme souvent. Un coup au ventre le fit se plier en deux et voir des étoiles avant qu’il ait pu faire quoique ce soit d’autre. Il avait beau savoir se défendre un minimum, il n’était pas non plus un expert des combats alors que visiblement c’était le cas de ses bourreaux. Il lutta pour ne pas tomber par terre et se ressaisir, esquivant ainsi un autre coup malgré son état chancelant.

Mais on lui faucha bientôt les jambes et il s’écrasa sur le béton, grimaçant de douleur. A croire qu’il n’était vraiment pas en forme aujourd’hui, d’habitude il s’en sortait quand même mieux. D’instinct, il se roula en boule pour se protéger un maximum et serra les dents en sentant des coups de pieds lui être assénés. Décidément, ils n’allaient pas de main morte aujourd’hui. Mais avant qu’il ait pu y penser davantage, il eut l’impression que quelque chose se passait puisque les coups de pieds s’arrêtèrent. Il lui fallut quelques instants pour reprendre suffisamment ses esprits et une fois que ce fut le cas il aperçut un type qu’il ne connaissait ni d’Eve ni d’Adam. C’était lui qui avait détourné l’attention de ses agresseurs et Shawn se sentit étrangement soulagé.

Il ne savait pas si ce type allait tenir face à eux, mais au moins il n’était plus tout seul. Il n’était pas en état pour analyser plus la situation. Il ne savait pas s’il était avec eux ou contre eux, s’il était là pour l’aider ou même s’il allait pouvoir se défendre contre ces adolescents. Le blessé voyait flou et il ne se posa donc aucune question, préférant respirer profondément malgré la douleur pour essayer de récupérer un peu. Nom d’un chien, ça faisait mal ! Se redresser un minimum pour s’appuyer contre le mur derrière lui demander un effort trop grand et sa vision s’assombrit encore plus, sans qu’il perde pour autant conscience complètement.
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MessageSujet: Re: Etre une victime crée parfois des liens (PV Romeo)   Mer 26 Avr - 22:01

être une victime...

Je n’aime pas cet endroit.
C’est qu’une école, pourtant, mais je leur trouve toujours comme quelque chose d’un peu malsain — et, si ce n’est pas la mienne, et quand bien même c’est la ô combien prestigieuse école qui formate les Supers de demain, j’imagine que le schéma est le même ici qu’ailleurs.
Une représentation de la société en miniature, avec ses leaders, ses moutons et ses victimes.
Voilà ce qu’est une école. Une hiérarchie douteuse, une autorité fragile, un lieu d’apprentissage qui devient purgatoire des faibles et terrain de jeu des pires dans le dos des adultes. Pas besoin d’aller voir six pieds sous terre pour avoir un avant-goût de l’enfer.
Le pire dans tout ça, c’est que certains n’en réchappent pas ; je suis loin de connaître les statistiques, mais je sais que trop d’adolescents se foutent en l’air des suites de brimades trop virulentes. Le collège, le lycée, c’est le lieu où l’estime de soi, les rêves et les espoirs sont guillotinés à la chaîne et sans vergogne. J’imagine que personne n’en ressort indemne, pas même les loups, mais je mettrais ma main au feu que ceux qui y perdent le plus sont les agneaux — trop gentils, ou trop différents, qu’importe, le système les use et les bouffe.
Et si ce n’est pas l’école, c’est le reste, l’extérieur, le travail ou la société toute entière — j’imagine que c’est pas normal, d’être incapable, depuis que j’ai seize piges, de me voir atteindre vingt ans autrement que crevé et enterré.

J’entends le chahut de la fin des cours, les rires, les noms qu’on appelle de loin pour attirer l’attention de l’ami qui s’en va trop vite. On me frôle d’un peu trop près, me bouscule presque ; je suis du regard le jeune perché sur son skate qui file entre les passants, et j’ai l’esquisse d’un lointain sourire au bout des lèvres.
Ce serait mentir de dire que je n’ai connu que le pire entre les murs de mon collège public, c’est vrai. J’y ai rencontré les autres, la team, le crew, et Olympe..
« Inséparable » je lâche un jour, sans réfléchir, allongé sur mon lit, elle occupée à gratter des accords sur ma guitare — c’est bien la seule autorisée à la toucher. « Quoi ? » elle lâche, sans même lever les yeux, ce à quoi je réponds un « T’es mon inséparable. » à peine audible, tout à coup conscient de la niaiserie de mes propos. « Pardon ? » elle ricane, en levant les yeux vers moi, moqueuse. « Genre comme ces idiots de piafs qui se laissent dépérir si leur compagnon crève ? » Je me contente de soutenir son regard, sans un mot de plus ; j’ai presque dix-sept ans, et je crois qu’elle comprend, ce jour-là, plus que jamais, son importance à mes côtés.
Une goutte d’eau froide me tombe sur le nez, me fait sursauter en même temps que grimacer. Je la chasse d’un revers de manche, rabat la capuche de mon sweat sur ma tête avant de reprendre mon observation des environs. Le flot de jeunes n’en a pas tout à fait fini de s’échapper de sa prison, et je me surprend à chercher, peut-être, un visage familier dans la foule.

J’abandonne vite, me fond dans la masse jusqu’à m’en écarter, je contourne les bâtiments dans l’espoir de déboucher sur une allée moins fréquentée par les gamins, histoire de pouvoir respirer — juste une dizaine de minutes avant les métros, qui seront bondés à cette heure-ci, évidemment.
Au moins le jeu en vaut-il la chandelle — j’ai ma dose pour la semaine.

Je m’apprête à traverser lorsque du mouvement au loin sur ma droite attire mon attention — à ce niveau-là, c’est presque plus une histoire d’intuition de de réel détournement d’attention.
Je ne comprends pas tout de suite ce à quoi j’assiste ; j’ai l’impression que c’est mon esprit qui me joue des tours comme d’autres images un peu plus floues viennent se superposer à la scène qui se produit sous mes yeux.
Je me débats, mais on me retient ; j’ai les bras croisés dans le dos, tenus trop fermement pour me défaire de la prise. Ils sont trois, moins celui qui me tient ; deux, l’un rit, l’autre frappe. J’ai le goût du sang dans la bouche, j’en crache au sol ; une douleur me secoue depuis l’estomac, j’ai l’impression que je vais gerber, ça brûle, le bide, le cœur, les yeux — je ne pleure qu’une fois seul dans ma chambre, quand ils sont partis, m’ont laissé à genoux sur le trottoir, quand j’ai balancé une excuse à mes pères, qu’ils n’ont pas cru mais qu’ils ont laissé passer, quand j’ai enfin quitté la table, sans finir le dîner que ce soir, je n’ai pas aidé Marl à préparer. Je pleure pour toutes ces larmes retenues, pour ces muscles endoloris qui me tiraillent, ma faiblesse, mon impuissance — je pleure parce que je suis pitoyable, pathétique, coupable ; mais de quoi ? victime, sans savoir pourquoi.
Je cille, et c’est la colère, la rage qui coule dans mes veines tout à coup, c’est la haine, c’est la rancœur quand je presse le pas dans leur direction, quand je lâche un « hey » une seconde avant de choper l’un des gamins par le col pour le plaquer contre le mur, de lui asséner un coup dans l’estomac, poing serré — ne laisse pas de marque, ne te met pas trop en tort.
Ils ont l’air perdu, se sont figés. Je reçois le poing retour sans vraiment reculer ; un croche-patte plus tard, le voilà au sol, et je le surplombe de toute ma taille. J’entends les pas précipités d’un autre que j’esquive avant de le saisir au poignet pour l’immobiliser d’une clef de bras — et c’est plus instinctif qu’autre chose ; les entraînements rudimentaires qui m’empêchent de crever au corps à corps sur le terrain.

Je n’ai pas la carrure, pas la force, mais j’ai la rapidité et la fourberie de mon côté — le fiel, aussi. « Dégagez. Sinon j’appelle les flics. » je siffle, à peine assez fort pour qu’ils m’entendent tous. Ils se jettent des regards en biais, et c’est peut-être mon air un peu trop sérieux dans mes menaces qui finit par les faire fuir. Celui au sol se relève, s’éloigne ; celui que je retiens se débat et je le lâche pour le laisser s’évader avec les autres.
J’attends qu’ils disparaissent à l’angle du bâtiment pour me tourner vers toi. T’es toujours à terre, t’as l’air un peu sonné, pas trop amoché au niveau du visage — t’as limité la casse, j’imagine que t’as un bon instinct de survie. Je m’approche de toi, m’accroupis pour être à ton niveau, avance ma main pour la poser sur ton épaule. « Hey, ça va ? Rien de cassé ? » J’ai parlé doucement, pour ne pas te brusquer ; j’ai déjà mon téléphone dans la main, prêt à composer le numéro des urgences si nécessité se présente. « Tu peux te lever ? »


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MessageSujet: Re: Etre une victime crée parfois des liens (PV Romeo)   Ven 19 Mai - 18:51

La première chose qui s’imposa à l’esprit de Shawn c’était qu’il avait mal. Sacrément mal, nom d’un chien ! Ensuite, il songea que ceux qui lui avaient fait ça le payeraient très chers s’ils recroisaient sa route un jour. Il n’était pas particulièrement rancunier, mais ce serait trop facile de les laisser s’en tirer ainsi. On ne tabassait pas les gens pour son simple plaisir. Mais Shawn ne pensait pas être capable de leur rendre la monnaie de leur pièce sans finir à l’hôpital, aussi se contenterait-il de porter plainte au commissariat. Ce serait nettement plus mature et le jeune homme ne voulait pas s’abaisser à leur niveau, même si ce ne serait pas aussi satisfaisant que s’il se débrouillerait tout seul comme un grand. Mais le blond n’avait aucune envie de finir à l’hosto ou même au cimetière pour sa simple fierté.

Sa vision devint moins floue au fur et à mesure qu’il reprenait ses esprits ainsi que son souffle. Il avait toujours diablement mal, mais au moins il était sûr maintenant de ne plus s’évanouir. Ce qui était quand même nettement mieux. Autant pour sa santé que pour observer son sauveur qui vérifiait que ses agresseurs partaient bel et bien. La victime se demandait bien pourquoi on avait perdu son temps pour l’aider. Parce qu’on l’avait reconnu et qu’on espérait en tirer un avantage ? C’était la raison la plus plausible et si c’était le cas cela le dégoûtait d’avance qu’on puisse vouloir profiter de lui et de son nom ainsi. Mais il y avait aussi la possibilité que son sauveur ne l’ait pas reconnu et fasse ça sans arrière-pensée. C’était improbable dans ce monde d’hypocrisie, mais pas impossible. Un rictus apparut sur les lèvres de Shawn alors qu’il était toujours appuyé contre le mur. C’est beau de rêver. Pourtant, une partie de lui se surprit à espérer que pour une fois il était tombé sur un chic type qui ne pouvait simplement pas laisser quelqu’un se faire tabasser sous ses yeux.

Les types étaient tous partis d’après ce qu’il arrivait à percevoir de son environnement. Il était encore un peu dans le brouillard, mais ça pouvait encore aller vu les circonstances. Il avait eu de la chance, il le savait. Heureusement qu’il avait un minimum de réflexes et un ange gardien. D’ailleurs, ce dernier s’approcha de lui et Shawn ne put s’empêcher de se raidir un peu. Encore un réflexe de survie. Même si ce gars ne devait pas lui vouloir du mal, c’était plus fort que lui. Néanmoins, le blond apprécia les précautions du type pour ne pas l’effrayer. Il retint un sarcasme sur cette douceur peu virile, s’empêchant de se calmer par la moquerie, c’était bien trop bas pour un Anderson, ses parents auraient eu honte de lui. Et il pouvait parler avec ses vêtements d’un style indien et ses oreilles d’elfe qui n’étaient plus cachées par la capuche depuis longtemps.

La main sur son épaule était étrangement réconfortante et il hocha lentement la tête pour dire que ça allait. Après tout, il avait connu pire. La douleur ce jour-là quand il avait appris de la bouche de son propre frère leur mort avait été bien pire que celle qui fusait dans tout son corps en ce moment même. Il n’arriva pas à parler tout de suite, probablement encore sous le choc et ce malgré toute sa force intérieure. Par contre, il parvint parfaitement à voir le téléphone dans la main de l’inconnu et cela ne lui plut pas quand il devina ce qu’il voulait faire.

- Pas besoin d’appeler les urgences, je vais bien, articula-t-il difficilement.

Non, il n’allait pas bien, mais ce n’était pas à ce point. Et il n’avait vraiment pas envie de quitter l’endroit sur une civière et encore moins d’inquiéter sa fratrie qui paniquerait à coup sûr si les secours les appelaient. Il tenta de se lever sans pouvoir cacher sa grimace de douleur, mais sa tête lui tourna et il renonça pour le moment. Génial, son ange gardien n’allait jamais croire que ça allait et il allait sans doute l’embêter à insister pour appeler les urgences.

- Merci, sans toi je ne sais pas comment ça se serait fini.

Le remerciement était sorti naturellement, sans même qu’il y pense. C’était rare qu’il soit sincère, surtout pour remercier quelqu’un, mais si cela se trouvait il lui devait la vie. Et même lui n’était pas assez ingrat pour ignorer cela. Il se força à sourire pour rassurer ce type qu’il ne connaissait ni d’Eve ni d’Adam. Il se sentait un peu curieux, il voyait bien à présent que l’autre était plus âgé que lui et qu’il ne venait probablement pas de l’Académie, même s’il ne pouvait pas l’affirmer à cent pour cent. Qui était-il ? Shawn avait toujours été très curieux et il se retint de bombarder l’autre de questions. Quoique ce serait un bon moyen de détourner son attention de son état. Mais il opta finalement pour autre chose, suivant comme bien souvent son instinct.

- Je suis Shawn. Et toi ?

Bien sûr qu’il n’allait pas dire son nom. Il sentait qu’il avait peut-être enfin une chance pour qu’on se comporte avec lui naturellement, il n’allait pas la gâcher. Même si son sauveur n’avait pas l’allure des personnes qui baisaient les pieds des types célèbres, on n’était jamais trop prudents. En tout cas, le blond aimait bien son allure de voyou. C’était plutôt ironique de se faire agresser par certains et de se faire sauver par un autre. Sa mère lui avait toujours dit de ne pas se fier aux apparences, qu’elles étaient plus trompeuses que n’importe quoi d’autre et il trouvait qu’elle avait bien raison. Il en était le parfait exemple, après tout.

- C’est vraiment sympa de m’avoir aidé. Beaucoup de personnes se seraient contentées de passer leur chemin en faisant comme si elles ne voyaient rien...

Il y avait une certaine amertume dans la voix du jeune homme et on pouvait aisément deviner que ce n’était pas la première fois qu’il lui arrivait un truc pareil. Vraiment, l’hypocrisie c’était ce qu’il détestait le plus au monde. A se demander comment il pouvait aussi souvent en abuser. Pour l’image de ses parents et de sa famille, il jouait un autre rôle que le sien. Parce que si tout le monde connaissait le vrai Shawn Anderson, sans nul doute qu’ils ne l’apprécieraient pas autant. Et oui, certaines personnes ont une bien piètre image d’eux-mêmes, que voulez-vous. Cette amertume qui englobait tout son être était une de ses caractéristiques premières, presque un indice pour le reconnaître. A se demander si quelqu’un parviendrait un jour à l’effacer...
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