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 (josherah) ; wasted days, flawed nights.

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Citoyens
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MessageSujet: (josherah) ; wasted days, flawed nights.   Mer 8 Mar - 14:31



Wasted days, flawed nights
Lumière tamisée ; le comptoir est désert, ce soir. Milieu de semaine, deux ou trois jeunes qui ont quitté les bancs d’école avant l’heure et qui goûtent à leur savoureuse liberté, un homme, la trentaine, costard, cravate desserrée, négligée, attaché-case posé sur le cuir abîmé, un verre à moitié entamé devant lui. Temps mort d’un quart d’heure, et puis la maison, « chérie je suis rentré oh que ça sent bon c’est quoi oh mes petites puces je vous ai manqué vous aussi vous m’avez manquées vous avez fait vos devoirs rangé vos chambres allez aider maman à mettre la table papa va se changer ».
D’autres jeunes, plus loin ; la jeunesse dorée qui joue au plus fort, au plus dur ; les blousons noirs des temps modernes, le panache et les valeurs en moins. Ils ont le sourire carnassier, ils arrivent en terrain déjà conquis quand ils se lèvent et s’avancent vers le bar ; vers elle.

Venue tuer les heures, parée de son silence le plus beau, les jambes croisées et l’air indolent, sagesse insolente. La robe courte qui n’en dévoile pas assez, les boucles rousses qui dissimulent la naissance de sa poitrine ; ce sont peut-être les fantasmes, l’attrait de l’imaginaire, du dissimulé, du danger qui les attire ? Elle a le regard fauve, les gestes félins — dans la cassure de son poignet, une grâce étrange, dans les tourbillons infinis de son verre, une élégance envoûtante, mesurée, calculée. Elle plaît, elle le sait ; et si séduire n’est pas son intérêt, ensorceler l’est un peu plus.
Elle lève à peine les yeux quand on l’entoure, porte son verre à ses lèvres. Son silence a ce trop-plein de dédain qui les heurte, alors on tente de poser une main sur son épaule et elle s’écarte, l’air de rien, sans même ciller ; on croirait qu’elle n’a pas bougé, qu’il a visé à côté.

« Serah, Serah, Serah… Tu dates. » Elle lève les yeux, peine à reconnaître les traits, qui lui rappellent peut-être quelque chose, de loin. Un ancien client, du temps où elle ne faisait pas encore jeu seule ? Les souvenirs ne reviennent pas — qu’importe, c’est si loin, tout ça. « Il est où, ton chien de garde ? » Elle fronce les sourcils, imperceptiblement, une fraction de seconde à peine. Duncan ? « Je suis une grande fille, maintenant, tu sais ? » Elle lâche, une raillerie dans la voix. Pourtant, ô ciel, ce qu’elle voudrait qu’il soit encore occupé à la suivre pour s’assurer qu’elle ne s’attire pas d’ennuis, parfois.
On passe un bras autour de ses épaules, et c’est un regard las, à peine menaçant qu’elle pose sur l’intrépide. Si tu savais ; si tu savais tout ce que je pourrais te faire pour que tu regrettes, pleures, supplies ; si tu savais. « En bons vieux camarades, tu m’accorderais bien un peu de temps, pas vrai ? » Elle ricane, et dans ce rire, c’est du mépris, c’est un affront. « Camarades ? A d’autres… Va plutôt t’amuser avec celui qui te fait remuer la queue quand t’as les crocs, chéri. » Il ne peut pas lui mentir. Il a les yeux cernés, le teint livide, les mains à peine tremblantes, constamment, les veines visibles, comme éclatées sur ses poignets, trop fins, l’os saillant — elle sait que sous ses vêtements amples, les ravages sont les mêmes. Qu’il n’a plus jamais faim et que la drogue se nourrit de ce qu’il n’avale plus, du vide, de lui. Il n’est pas remonté, il est bas, toujours aussi bas, pitoyable, gagne pain d’un autre qu’elle s’est fois mille fois égorgée en place publique.

Cette fois, il est proche, beaucoup trop ; elle sent son souffle, cigarette et mauvaise bière, se retient de froncer le nez. Il caresse ses cheveux, son visage, il sourit, il se marre, cet enfoiré et sa superbe qu’elle essaie d’écorcher. Mais il y en a, des comme ça, des comme lui, que plus rien n’atteint, que plus rien ne blesse — ce sont les pires, ceux sur lesquels on n’a que peu de pouvoir parce que même la mort n’est plus une menace, presque une bénédiction. « Serah, poupée, sois pas aussi vieux jeu, j’te propose juste de t’éclater un peu… »
Silence.
Eclats de rire.
Elle est folle, délirante, démente ; elle est absurde et elle s’en rit de plus belle. « Je ne me souviens même pas de ton nom ! » C’est son poignet qu’on saisit, c’est une force qu’elle n’a pas qui lutte pour se défaire de la poigne sans attirer les regards sur eux plus que de raison — mais ils pèsent déjà sur sa nuque, dans son dos, depuis qu’elle a ri sans barrières. « T’en fais pas, j’vais me charger de te le rappeler. »

Ton menaçant, regard luisant ;
elle devrait être effrayée, peut-être,
se débattre,
au lieu de quoi c’est le calme
le silence
elle cherche dans ses yeux
— deux billes d’un bleu profond
— clair, infini, presque gris
une réponse
névrosé, veines grillées
folie masculine
ou vengeance dissimulée ?

« Lâche-moi. »

Elle souffle, à peine
lâche-moi ou crève.

je lève mon verre à tous ces jours gâchés, à toutes ces nuits biaisées, ces heures imparfaites et les quelques secondes qui l'étaient peut-être trop — parfaites, lumineuses, radieuses dans leurs parures hideuses de mensonges et de promesses dérangées ✘ ft. Joshua


Serah les charme en #B24767

"you're playing with a heart that's fireproof"
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