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Le mystérieux « Mist » dont l’apparition soudaine a récemment secoué la ville serait en fait une association de trolls désoeuvrés voulant profiter de la panique des récents attentats pour gagner plus de popularité sur les réseaux sociaux.
Il paraîtrait que le fondateur de la ville Edward Astrophel aurait été le descendant direct de Diogène, le philosophe grec qui vivait dans un tonneau. Incroyable !
les rumeurs



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(iekazu) ♦ play with matches, burn into ashes
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Paris-Brest crémeux
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MessageSujet: (iekazu) ♦ play with matches, burn into ashes   Mer 22 Fév - 10:31

J'suis loin.
J'ai depuis longtemps oublié où j'suis ; un d'ces squats pourris où on traîne à plusieurs le temps d'une défonce ou deux – ou à temps plein, quelquefois, quand on a plus que ça. Le genre où j’ai zoné quand j’ai fugué – peut-on encore parler de fugue alors que j’étais déjà majeur ? J’regarde par la fenêtre ouverte, une clope – un joint – à la main. J’entends vaguement derrière moi les rires confus et les voix éraillées, sans y prêter grande attention.
J’suis loin. J’suis encore à cette nuit, à ces souvenirs trop récents qui me collent à la peau. J’me souviens d’ma connerie, d’ma nonchalance, j’me souviens son hésitation ; j’me souviens de ses mots, aussi, et ça m’fout en vrac. J’suis pas là ; j’suis plus là depuis quelques jours – et ça ne leur échappe pas.

« Eh, Eastwood, tu rêvasses ? »

J’lève à peine les yeux en direction du type qui m’adresse la parole. J’l’aime pas, lui, sa gueule me revient pas. D’aussi loin que je le connaisse – et bon sang, si j’me trompe pas, ça commence à dater ; je crois qu’lui aussi quémandait les services de Melvin avant que c’t’enfoiré crève et qu’il faille qu’lui aussi se rabatte sur Daemon. Finalement, c’était de toute façon choisir entre la peste ou le choléra ; j’ai fait mon choix quand lui a attendu de ne plus l'avoir. Il a c’t’air suffisant, conquérant, c’est une raclure d’la société dans mon genre, et dans le même que tous ceux dans la pièce miteuse, mais j’serai sûrement pas celui qui se risquera à trop de franchise à son égard – non pas qu’j’tienne vraiment à la vie, mais si y’a au moins une chose que j’aimerais bien contrôler, c’est la façon dont j’vais crever.
Ces derniers jours, soit dit en passant, même les idées noires se font moins présentes, moins pressantes.

« Fais-moi un plaisir ; r’prends une dose et ferme ta gueule. »

J’sais même pas c’que j’fous là. Depuis l’autre soir, j’ai pas recommencé. J’me suis remis à la méthadone, j’retente. J’ai rien à perdre, j’me dis. Ça faisait longtemps que j’avais pas réessayé, que j’avais lâché l’affaire. J’en avais oublié ce que ça faisait ; je craignais le manque mais il n’est plus là. Le pire, c’est le vide. C’est revoir les choses, le monde, la réalité tels qu’ils le sont – capables de m'atteindre. C’est ressentir de façon un peu plus crue, plus vive – et c’est qu’dans du creux, y’en a d’la place à combler avec des écorchures et un trop-plein d’douleur.
J’lui ai pas dit. Ni à elle, ni à personne. Si j’dois flancher, j’veux pas avoir à me dire que j’aurais rompu une énième promesse et déçu quiconque – j’pense qu’à ce niveau-là, je bats déjà pas mal de records.

« T’as dit quoi, là ? »

J’cille. Y’a d’la colère dans sa voix, une envie d’me faire ravaler mes mots. J’écrase ma clope, j’me démonte pas, j’me tourne vers lui et j’m’efforce d’avoir l'air sûr de moi – même si j’le suis jamais vraiment face à lui.

« J’t’ai juste poliment invité à aller crever. Excuse, si c’était un peu trop métaphorique pour toi. »

Je siffle entre mes dents, regrette presque aussitôt – moi non plus, fermer ma gueule, j’connais pas. Il se lève, mais je ne lui laisse pas l’occasion de m’approcher – j’ai la chance d’être plus près de la porte que de lui ; je m'éclipse, je m’efface. Ce qu’il peut bien arriver aux autres, à ceux qui sont restés et continuent de respirer le même air que lui, je m’en branle. Qu’il aillent crever.

Je traîne dans les rues, celles qui me sont moins familières que d’autres. Haylen je connais, Hiawatha je gère, Nahuel je repère le principal ; Saten par contre, pas vraiment. J’sais situer la baraque de quelques potes au mieux, mais faut pas trop m’en demander. Même avec ceux d’ici, on préférait aller tourmenter les bonnes âmes d’Haylen – on était des sales gosses, quand même.
Le seul truc que je connais vraiment, ici, et c’est juste qu’on on peut pas la manquer, même avec toute la mauvaise volonté du monde, c’est l’église. Y’a sûrement de quoi rire quand on m’regarde, quand on sait c’que j’fais, mais j’ai toujours adoré ces endroits. J’aime le calme qu’on y trouve, le silence, cette impression qu’entre les murs sacrés, gravés de dates en chiffres anciens, le monde extérieur n’a plus d’emprise. Je ne crois pas, je n’adhère pas aux religions parce qu’elles m’apparaissent, sinon sectaires, au moins comme un moyen socialement acceptable de ne pas assumer ses torts, de se décharger du poids de ses responsabilités. L’argument du fainéant ; ce qui doit arriver arrivera, ce qui est fait est fait, je n’ai rien et plus rien à faire pour que le monde tourne encore. J’ai des travers – beaucoup –, mais je considère avoir déjà suffisamment de personnes auprès desquelles me justifier pour ne pas devoir en plus quoique ce soit à un type que personne n’a jamais vu – et la science veut que ce soit celui qui avance l’existence d’une chose qui la prouve.
Pour moi, et même si j’en porte quelquefois les symboles – dans une intention purement esthétique, soit dit en passant ; avis à ce qui pourrait de loin, très loin ressembler à un… Comment ils appellent ça, déjà ? Chapelet ? Une chaîne au lieu des perles et le métal préféré au bois. Classique des rockeurs ; insulte ? Y’a qu’les mijorées pour s’effaroucher de si peu – le religion est une prison.
Les églises ? Une bénédiction.

Par automatisme, ou peut-être parce que j’y pensais trop pour terminer ma route ailleurs, c’est à quelques mètres à peine des imposantes portes en bois ouvertes de ladite fameuse église que j’échoue. Je lève les yeux, tente d’apercevoir le sommet, mais la lumière vive dans les nuages gris m’éblouit, me dérange. Je reporte mon attention sur ma cigarette, sûrement sortie du paquet pendant que je marchais sans même y avoir pris garde – réflexe de fumeur, on dira.
Je prends le temps de la terminer – et d’étouffer une quinte de toux – avant d'entrer, de me fondre dans la pénombre de l’endroit. J’aime ça, aussi ; ce semblant d’obscurité qui n’en est pas vraiment une, la lumière de l’extérieur qui filtre a peine au travers des vitraux colorés qui représentent des scènes que je ne connais pas, ne comprends pas, mais que je pourrais passer des heures à contempler pour être certain qu’aucun détail ne m’échappe, et ces rangées de bougies alignées là où il y a de la place et qui sont autant de prières formulées à voix basse, serrées les unes contre les autres comme pour se donner la force d’atteindre quelqu’un capable de les entendre et de les exaucer.
Souvent, je me demande à quoi prient les gens ; ce qu’ils désirent, ce qu’ils attendent — à quoi bon souhaiter ? Ça m’échappe, trop de choses m’échappent quand elles sont comme ça, abstraites et incertaines — à quelques détails près. Je suppose qu’il réside en leur croyance quelque chose de semblable à mes superstitions — une façon de se rassurer, de conjurer le mauvais sort. Je ne sais pas, et je n’ai personne à qui poser mes questions. Pas comme si j’fréquentais vraiment les gens de foi.

J’passe un moment comme ça, à divaguer, à rêvasser en observant la flamme vacillante des mille bougies alignées sur le marbre près des portes, à laisser leur tiédeur réchauffer lentement mes mains rendues glaciales par le froid au dehors — et la drogue, aussi, peut-être ; du moins, son manque, à l’heure actuelle. Je perds la notion du temps ; quand je reprends pied avec la réalité je ne sais pas si ça fait cinq minutes ou deux heures que je suis immobile, fasciné par le ballet incendiaire des cierges.
Je me crois seul, pendant longtemps ; je me suis cru seul depuis le début. Sauf que mes yeux accrochent une silhouette, plus loin au devant. Juste un dos, et une tignasse sombre, c’est peu, mais ça suffit à me figer, un instant — une fraction de seconde, celle de trop, celle qui trahit. J’ai comme un doute, un instant de trouble ; je m’avance en biais, dans l’espoir de voir un profil se dessiner, l’esquisse d’un minois familier, qui réveillerait des souvenirs, m’ôterait certains doutes pour en faire des certitudes — parce que ce soir-là, il y avait l’alcool, la drogue, que j’ai les souvenirs flous, de simples je crois sans pouvoir les affirmer franchement. Mais il y a un nom, un nom qui tourne en boucle ; ça je m’en rappelle, je me souviens sa voix aussi, je crois. Son visage, lui, a les contours un peu moins clairs.

Je n’y parviens pas ; d’ici, je ne vois pas assez, et j’ai peur d’être remarqué — c’est immonde, cette angoisse, qui se ravive dès que je songe à cette nuit-là. Je ne l’admettrai jamais à voix haute, mais ça m’est arrivé, les soirs où je rentrais seul, un peu éméché, la démarche mal assurée, de surveiller mes arrières, de jeter des coups d’oeil par dessus mon épaule et de me méfier de la moindre silhouette, la flippe en travers de la gorge. Pendant plusieurs semaines, c’en était maladif, j’ai viré parano. Ça commence à peine à s’effacer, j’aurais presque pu oublier — presque est important — qu’il faut que tout remonte, tout à coup.
J’ai envie de me barrer, de fuir, mais je sais que je regretterai ; que j’m’en mordrais les doigts d’m’en être allé sans avoir de réponse, en ayant pas les couilles d’aller m’assurer d’ma connerie ou d’la réalité. J’réfléchis même pas quand j’m’avance vers lui, dans son dos, lentement, silencieusement ; c’est à peine si je respire encore, et je pourrais presque prier tous les saints dans l’espoir qu’il ne se retourne pas. Merde, pourquoi j’suis en train de flipper comme un con ?

J’m’approche, et j’réalise pas non plus c’que j’fais quand j’me penche au dessus de son épaule en y posant la main, contact léger, à peine esquissé, et qu’j’laisse ma voix filer d’entre mes lèvres, un mot, un nom m’échapper, une interrogation murmurée d’un ton trop lourd pour que l’inquiétude n’y perce pas.

« Iekazu ? »

Dans l’meilleur des cas, il me regardera sans comprendre, m’affirmera qu’il ne connaît personne de ce nom, et je me retirerai en m’excusant, un peu honteux mais au moins rassuré qu’il ne vienne pas me hanter jusqu’ici.
Mais putain, j’fais quoi si c’est vraiment lui ?


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MessageSujet: Re: (iekazu) ♦ play with matches, burn into ashes   Mer 2 Aoû - 0:24


PLAY WITH MATCHES, BURN INTO ASHES

Feat Romeo R. Eastwood



Tu as le regard fixé sur les flammes des cierges, les yeux dans les vagues. L’esprit si loin de là où tu es,  de ton banc que tu n’as pas quitté depuis... Depuis quand ? Ca fait un moment que tu es la, pensif, sans même voir les secondes qui passent. Tu sais plus, tandis que tu as les pensées qui fusent, quand les cierges te font penser à eux, au regret qui ne te lâche pas. Tu en as remis un il n’y a pas si longtemps, comme tu le fais depuis deux ans, déjà, à cette même date. Tu as le regard prit par la colère, et comme toujours c’est contre toi même qu’elle est dirigé. Dire que tu aurais presque pu passer dix ans avec eux, que tu as même pas su en profiter vraiment quand eux ont pourtant essayés.

Tu fermes les yeux, et tes idées changent de tout au tout. C'est elle que tu vois. Meera, encore elle et son énergie, son sourire quand elle jouait sur scène, quand elle te parlait. Une fois de plus tu te sens bête, essayes d’oublier ce sentiment, ce cœur qui bat un peu trop vite. Dans le fond, t’aimerais avoir quelqu’un à qui en parler, pour te conseiller, parce que la vérité c’est que tu ne sais pas du tout gérer ce qui est pour toi un premier amour. Il y a bien Jude, peut être, mais même si tu as déjà voulu tu ne sais pas comment aborder ça avec lui.  Et c’est là que tu remarques, pour la deuxième fois, qu’il n’y a que de lui que tu peux dépendre. Ca t’agaces, un peu.

Avec un soupir discret tu ouvres les yeux, regarde l’autel face à toi. Sans savoir vraiment pourquoi, tu penses à cette fille dont tu ne connais que le visage. Elle qui vient souvent ici, qui comme toi parait croire, tu l’as déjà vu prier pour dire. Et si finalement tu penses à elle, c’est parce qu’elle t’a toujours intrigué. Non pas comme Meera, mais parce que tu as très bien compris qu’elle doit être aussi jeune que toi, peut être moins, ou plus, mais les années d’écarts entre vous deux se font mince, ça tu en es sur. Ca t’intrigue Iekazu, toi qui l’as déjà remarqué, sans oser vraiment lui parler. Tu te demandes si à elle, tu accepterais facilement d’ouvrir une conversation. Tu es sur que la conversation pourrait se faire simple, même agréable, quand vous avez ne serait-ce que la religion en commun.

Tu te décides à regarder l’heure, à songer à partir, sans même faire attention au bruit de la porte qui s’ouvre. Tu ranges ton portable, sans pour autant te lever tout de suite. C’est une prière que tu adresses mentalement, les yeux rivés de plus belle sur les cierges. Tu réalises pas les pas qui s’approchent, tu laisses tes pensées te gagner de plus belle. Jusqu’à cette main sur ton épaule, qui te fais sursauter. Avant cette voix.

- Iekazu ?

Tu te figes, d’un seul coup.
Tu n’as même pas vraiment regardé le visage derrière toi que tu l’as reconnu, lui. Lui et cette voix qui te semble impossible à oublier, tant qu’il t’a hanté pendant des jours. Tu le savais vivant certes, mais tu n’avais jamais pensé à le revoir. Surtout pas ici, dans un lieu que tu aimes, pas dans cette église dans laquelle tu te réfugies pour en faire ton endroit à toi, loin des problèmes. Mais la vérité c’est qu’importe où, tu n’avais pas envie de te retrouver nez à nez devant lui.

Parce que tu as cette culpabilité qui te ronge, même en le sachant en vie.

Tu te lèves, le regard terrifié plus que tu ne le voudrais, durant quelques secondes. Mais tu te reprends vite, ne veut pas lui laisser le temps de voir , et d’un coup tu hésites sur quoi dire, quoi faire. L’ignorer ? Faire comme si tu ne le connaissais pas ? En vu de ta réaction, il est trop tard pour ça. Quel con. Alors tu te décides à faire comme d’habitude, rire, discrètement.

- Romeo… Haha sérieusement ? Tu sais que de toutes les personnes que je connais, je pensais pas tomber sur toi.

Tu te retiens de trop en dire, alors que tes pensées fusent et se veulent plus méchantes, alors que tu essayes de rester calmes. Tu es coincé, ici, dans cette église qui te bride, t’empêche de faire preuve de cruauté dans un endroit où tout ne doit être qu’amour et pardon. Alors t’essayes, de ne pas laisser le mot de trop s’échapper. Et honnêtement, malgré tous les efforts du monde tu doutes en être capable.

- On peut savoir ce qui te ramène ici ? Je ne te savais pas croyant, pour dire vrai.

En même temps, tu sais quoi de lui véritablement, à part tout ce qui te dégoûte ?

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MessageSujet: Re: (iekazu) ♦ play with matches, burn into ashes   Jeu 17 Aoû - 3:55

Il se lève, d’un seul coup ; je recule par réflexe, comme si tout geste brusque de sa part était une menace, un risque encouru, un danger à éviter. Et pourtant, c’est dans ses yeux à lui qu’il y a de la peur, dans ses yeux à lui qu’il y a comme un trouble, comme un instant de flottement qui dérange. Je crois ? C’était bref, fugace, j’ai rêvé ?
Paraît qu’on ne voit jamais que ce que l’on voudrait bien voir ; j’aimerais qu’il ait peur de moi ?
Ça ne m’a jamais traversé l’esprit, ce que je ferais s’il m’était donnée l’occasion de le croiser de nouveau, après ça. Y’a eu de la rage, y’a eu de la peur ; du reste, c’est demeuré abstrait, je n’ai jamais imaginé en termes concrets ce qu’il se passerait, nous deux respirant le même air à trois pas l’un de l’autre. J’avais pas non plus vraiment prévu que ça se passerait sur fond de cierges et de vitraux d’église.

Il rit, et je penche la tête ; c’est discret mais ça suffit pour que le ricanement ténu résonne contre les hauts plafonds, se réverbère comme à l’infini autour de nous. Et ça frappe, ça claque comme une évidence dans mon esprit : je hais ce son, je hais son rire.
Mes poings se serrent, je force mes phalanges à lâcher prise dans la seconde qui suit. Pas ici, Romeo. Pas ici.

« Romeo… Haha sérieusement ? Tu sais que de toutes les personnes que je connais, je pensais pas tomber sur toi.
Ah bon ? »

Ça pue le sarcasme, ça pue le foutage de gueule, je reprends un semblant d’assurance et c’est plus fort que moi, de lui montrer que je suis là, que cette fois, il ne m’aura pas ; d’avoir le dernier mot, qu’importe la situation, de remporter une bataille, prendre ma revanche, ne surtout pas lui laisser la belle.

« On peut savoir ce qui te ramène ici ? Je ne te savais pas croyant, pour dire vrai.
On ? Il n’y a pourtant que toi que ça intéresse, non, de savoir ? »

Je m’approche d’un pas, m’amuse à tester les nouvelles limites, forcément incertaines au vu des circonstances de la dernière fois. Mais c’est au dessus de son épaule que se perd mon regard, quelque part dans les flammes des cierges qui se consument à quelques enjambées de là. Ça me rappelle les heures passées à les fixer, quand j’ai commencé à fréquenter l’endroit, un peu avant que Nirvana n’en finisse avec elle-même ; je me souviens, je priais à cette époque-là, je priais pour elle, qu’elle s’en sorte, je priais pour nous, adolescent amoureux que j’étais.
Mais je n’ai jamais su croire en mes mots, jamais su croire que quiconque écoutait ; peu importe qu’il existe ou non, ce Dieu si cher à certains l’a laissée crever comme si elle n’était rien, comme si elle n’était personne.
Comme s’il n’y avait pas de demain pour les écorchés.

« J’aime juste… le calme des églises. Leur paix, leur silence. J’aime… l’atmosphère qui y règne, j’sais pas, c’est… J’saurais pas vraiment me justifier. Et j’ai pas non plus vraiment envie d’le faire, pour tout t’avouer. »

Je hausse les épaules, l’ignore et continue de fixer les bougies donc la cire coule jusque sur les brûleurs. Sans trop y prendre garde, par habitude à peine nerveuse, je m’amuse avec le collier qui pend à mon cou, fait coulisser le pendentif sur le cordon, croix sombre qui n’a rien de religieux, artefact du rock, d’un style qu’on se donne et puis qu’on adopte.
Celui dans lequel je me suis réfugié, et qui me sied si bien aujourd’hui.


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MessageSujet: Re: (iekazu) ♦ play with matches, burn into ashes   

(iekazu) ♦ play with matches, burn into ashes
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