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Le PDG de la X-TREM Factory entretiendrait une relation des plus intenses avec sa vice-présidente. On espère que ce n’est pas cette affaire qui a distrait l’ancien Phoenix de son travail et qui a entraîné un manque de sécurité lors de la dernière conférence de presse de l’entreprise où à eu lieu une explosion causant la mort d’un de ses haut-gradés...
Le mystérieux « Mist » dont l’apparition soudaine a récemment secoué la ville serait en fait une association de trolls désoeuvrés voulant profiter de la panique des récents attentats pour gagner plus de popularité sur les réseaux sociaux.
Il paraîtrait que le fondateur de la ville Edward Astrophel aurait été le descendant direct de Diogène, le philosophe grec qui vivait dans un tonneau. Incroyable !
les rumeurs



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Meera ♦ Wanderers at night, they might combust. [NC - Âmes sensibles] [terminé]
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MessageSujet: Meera ♦ Wanderers at night, they might combust. [NC - Âmes sensibles] [terminé]   Sam 24 Sep - 22:44


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Wanderers at night, they might combust ❞

Nuit avancée, retour de soirée, celui qui est toujours un peu difficile quand on s’appelle Romeo et qu’on est un peu plus porté sur la bouteille que son homonyme Shakespearien. Tu t’es mis minable, encore. Ils te l’ont déconseillé, pourtant, à l’hôpital ; il te l’a dit, pourtant, ton père — et ses yeux te suppliaient de l’écouter, de ne pas faire le con, et ça faisait mal putain. Ça faisait mal de le voir se dire qu’il avait foiré quelque part, que c’était de sa faute, peut-être, si t’étais là, au bord du coma éthylique et la gueule cassée. Et toi, abruti, face à lui qui aurait vendu son âme au diable en personne pour toi, pour son fils, t’as même pas eu les couilles de lui dire que t’étais le seul fautif, que non, bordel, il n’avait pas merdé, qu’il était, avec Santiague, le meilleur père dont t’aurais pu rêver. T’as pas eu les couilles d’lui dire que c’était ta faute, rien que la tienne, la faute à ta dépression, la faute à ces idées noires qui t’ont pris pour amant, celles dont t’as jamais osé parler clairement, celles dont t’as honte, celles qui t’écorchent et en font jaillir de nouvelles depuis les plaies béantes que t’infligent les premières. T’as même pas eu les couilles de le regarder dans les yeux, et de lui dire que t’étais désolé.

Et ça t’a bouffé, parce que t’as la culpabilité facile, au moins autant que la rancoeur — tu t’en veux, comme t’en veux au monde entier, ce soir, plus que beaucoup d’autres encore. T’as fui, lâchement, dès qu’on t’a autorisé à sortir, ordonnance en mains, après un dernier repas au goût de plastique et d'aluminium, et un dernier regard à la télévision, qui rediffusait indéfiniment les mêmes images depuis la veille : celles, filmées par les caméras de surveillance du centre ville, de l’explosion qui secoue la place, de la grande roue qui tangue, vacille, des gens qui hurlent, pleurent et paniquent ; ce monde est fou t’as songé, fielleux, méprisant. T’aurais bien voulu fuir cette ville ; à défaut t’as fui les murs trop blancs. T’as fui, simplement, sans même oser faire un détour jusqu’au service que ton père occupait au matin, sans avoir les couilles de l’affronter, de lui dire merci, de lui dire au revoir — t’es faible, froussard et déloyal quand il s’agit d’assumer tes tocs, tes tics, tes torts et tes travers. T’as fui et, comme toujours, t’as tout fait pour oublier.
T’as tout fait pour oublier la déception, l’inquiétude dans les yeux de Marvel, t’as tout fait pour oublier les questions à venir, les regards de travers, les rires peut-être, t’as tout fait pour oublier pourquoi, comment t’as fini comme ça, t’as tout fait pour oublier ta connerie, ta stupidité, à quel point t’es navrant, pitoyable et détestable, méprisable, imbuvable. T’as passé l’aprem, la soirée, entre alcool, clopes et antidouleurs, t’as voulu oublier les mots durs et les coups à grands renforts de vodka et d’héroïne — ce soir, t’as fait le con, avec un matos qui n’était pas le tient, qui avait déjà percé une veine, peut-être plusieurs, mais t’en avais envie, t’en avais besoin, pour ne pas péter un plomb, pour ne pas t’égarer à faire pire, à tenter le diable, à te détruire autrement ; à te faire du mal pour de vrai.

Ironie du sort ; t’as recommencé ce pourquoi t’as fini dans cet état, des bleus au corps, des bleus au coeur, des sutures à la lèvre, à l’arcade, une douleur lancinante entre les côtes — et t’as flippé, en quittant le couvert de l’appartement ; t’as flippé de le croiser, t’as flippé qu’il recommence, t’as flippé qu’il finisse ce qu’il avait entamé, qu’il n’y ait personne pour te sauver. T’as pas voulu y songer, t’as continué de noyer tes pensées, t’as savouré le brouillard de l’alcool dans ton esprit en déambulant dans les rues, la démarche mal assurée, un rire rauque au fond de la gorge pendant que tes camarades — des camés, des potes de défonce que tu ne vois toujours qu’en soirée — te bousculaient en essayant de tenir droit, eux aussi, aussi pitoyables que toi. Et puis, tu les as perdus un à un, tu ne sais plus trop quand, ni comment ; puis c’est la solitude qui s’est immiscée, la peur, l’angoisse, la terreur presque, et t’as jeté des regards furtifs alentours, la vue trouble, les mains tâtant tes poches à la recherche de ton canif. A défaut de ne t’être pas encore plié en deux pour rendre le mélange de tout ce que t’as pu ingérer jusque là, tu n’as plus rien à avaler — t’as perdu tes painkillers et tes cachets d’ecstasy en cours de soirée, sûrement volés pendant que t’étais trop stone pour le remarquer.

Tu titubes, tu chancelles — tu te figes, le mur d’un énième bâtiment sinistre d’Hiawatha pour seul soutien. T’y vois flou, t’as le souffle court, la chaleur qui te monte à la tête — ça te fait le même effet que ces poussées de fièvre que tu faisais, gamin, au point que tes pères songeaient à te conduire à l’hôpital presque à tous les coups. Et t’as mal, putain, t’as mal à cette côte qui te lance et t’empêche d’inspirer, de respirer correctement, de te déplacer comme tu l’entends. T’as la haine, tout à coup, à te souvenir son regard, son rire, ses mots ; t’as la haine et l’envie de te venger, l’envie d’en finir, et pas avec toi-même.
Tu grimaces quand les phares d’une voiture t’aveuglent, mais le rictus s’efface presque aussitôt — parce que tes points à la lèvre sont trop douloureux pour que tu te risques à le tenir, et parce que t’avoues, t’as peur de les déchirer.

Et, aussi, peut-être, parce que cette seconde lancinante fut traîtresse, quelque part.
C’est un éclat bleu familier sous le belvédère, c’est une portière qui ne claque pas tout de suite, c’est une robe qui épouse les courbes dont le souvenir agite encore quelque chose dans tes tripes, au creux de ton bide, peut-être un peu plus bas aussi — mais t’es ivre, t’es drogué, alors faut pas s’y fier, t’es pas en état, un rien te rend fébrile, surtout s’il s’agit d’elle. C’est une main, et tu ne sais pas celle de qui, d’un homme, d’une femme — il fait bien trop sombre, et t’es aussi trop loin, avec ton bourdonnement dans les oreilles et tes yeux rougis aux pupilles dilatées par les pilules qui n’y voient plus bien clair. La main s’élève, glisse, quelque part sur l’épaule, sur la clavicule, tu n’es plus sûr — quoiqu’il en soit, un grognement s’échappe d’entre tes lèvres ; tu ne saurais dire pourquoi, ça ne te plaît pas vraiment. Tu t’écartes du mur, t’esquisses un pas, puis deux, hésitant, maladroit. « Mee…? » C’était un souffle, à peine audible peut-être, avant que tu manques t’écrouler, et que ce soit le mur qui te réceptionne de nouveau — et qu’une plainte douloureuse s’échappe d’entre tes lèvres, bien que t’aies essayé de te mordre la langue pour le réprimer. T’as mal à en chialer, les antidouleurs ne font plus effet, tu te retrouves comme un con à trembler, l’équilibre hasardeux, ton sweat pris en étau entre tes doigts, là où l’épicentre de la douleur te tiraille — t’oses à peine respirer, maintenant, même plus bouger, de peur que le moindre geste, même le plus infime, ne ravive encore l’affliction déchirante.

Tu l’entends alors, plus loin : la portière qui claque, les pneus qui crissent. Pendant une seconde, encore, t’es comme aveuglé par les phares de nuit, et puis c’est de nouveau l’obscurité, et le bruit des talons sur le trottoir. Et toi, tu n’oses pas parler, pas esquisser le moindre mouvement — tu serres les dents, tu fais le fier, les yeux fermés, occupé à retenir ton souffle pour ne pas souffrir de la moindre inspiration. T’as l’esprit tellement loin que t’as déjà oublié l’apparition aux cheveux célestes.

Cela dit, pour sûr, t’as pas oublié que t’as vu quelque chose que tu n’aurais certainement pas dû voir.


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MessageSujet: Re: Meera ♦ Wanderers at night, they might combust. [NC - Âmes sensibles] [terminé]   Dim 25 Sep - 1:14

Wanderers at night : burning
They say it changes when the sun goes down around here ✘ ROMEO
Elle avait jamais été du genre fragile Meera. Rarement malade –physiquement tout du moins, mentalement c’était une autre paire de manches– toujours prompte à aller courir les rues d’Astrophel avec ses vieux potes de l’école ou de l’orphelinat, par tous les temps et toutes les saisons. Elle n’avait pas non plus de soucis particulier avec le mal des transports, et les seuls moments où elle se sentait vraiment mal à cause d’une raison uniquement physiologique étaient lors des premiers jours des menstruations où la douleur l’empêchait de se lever à moins qu’elle n’ai pris le plus fort des anti-douleurs qui traînaient dans ses placard –mais ça ne durait jamais qu’une journée, qu’une nuit, et le lendemain elle pouvait de nouveau faire une figure risquée sur son skate sans problème majeur.

Pourtant, présentement, elle avait l’impression d’avoir été secouée dans tous les sens dans un shaker. Absolument tout dans l’air lui donnait envie de rendre le peu de nourriture qu’elle avait réussi à avaler au cours de la soirée –quelques unes de ces verrines de caviar immondes et ridiculement petites, ainsi qu’une gorgée de champagne qu’elle avait bien vite regretté après coup. L’odeur du cuir luxueux de la limousine lui tirait au coeur qui cognait dur et lourd contre sa poitrine et celle de ce parfum trop cher lui faisait tourner la tête. Le paysage qui défilait et que l’on distinguait plus ou moins nettement derrière les vitres teintes l’abrutissait, la musique d’ambiance écorchait violemment ses goûts musicaux, les ricanements gras du chauffeur lui filaient de l’urticaire, et surtout il y avait cette main qui s’était glissée sous sa jupe et posée sur sa cuisse, ce souffle tiède qu’elle sentait régulier contre la peau blême de son cou, cette voix à son oreille qui lui susurrait des choses qu’elle n’avait même plus le courage de faire semblant d’écouter –de toute façon après les deux heures qu’elle venait de passer avec lui, tout ce qui pouvait sortir de sa bouche rimait avec atrocité à l’oreille de la jeune fille, et elle n’avait guère envie d’y prêter attention. Elle avait envie de tout gerber sur le beau cuir noir de la limo’ : cette saloperie de caviar, ce champagne infect, et surtout sa dignité.

Parce que ce client là avait été de ceux qu’elle honnissait le plus ; ces enfoirés qui considéraient qu’elle n’était plus qu’une chose dont on pouvait disposer à sa guise parce qu’on avait payé pour ça, ceux qui ne respectaient pas toujours le contrat qu’elle leur imposait et qui s’en sortaient en se montrant plus que généreux quant à son « pourboire » –et dieu savait à quel point elle en avait besoin de cette saloperie de fric de merde qu’elle gagnait au sacrifice de sueur, de larmes et de sang et dont elle ne voyait au final qu’une infime partie parce que l’hôpital lui pompait tout le reste pour garder Saul en vie. Et parce qu’elle en avait tant besoin pour lui, pour lui qui rallumerait des étoiles dans sa vie dès l’instant où il ouvrira enfin les yeux, elle fermait sa gueule et ouvrait les jambes en bâillonnant systématiquement son amour-propre qui voulait lui hurler de tout arrêter parce que ça la bouffait jusqu’à la moelle et qu’il arriverait forcément un jour où ça sera tellement imprégné dans son être que ça en deviendra incurable.

▬ J’arrive pas à croire qu’une fille comme toi vive toute seule à Hiawatha, n’empêche… –il y avait eu tellement de mépris dans sa voix lorsqu’il avait prononcé le nom du quartier qui l’avait vu naître et grandir qu’elle n’avait pu empêcher un rictus de crisper son visage ; « qu’est-ce que tu connais de mon quartier, connard ? T’es qui pour nous juger du haut de ta cuillère en argent sur laquelle t’es assis depuis la naissance ? »

Il avait cru agir en gentleman en la raccompagnant chez elle à bord de sa Cadillac tellement chromée que les reflets des lampadaires s’en trouvaient tout aussi éblouissants que l’éclat original. Il avait cru que ça lui ferait plaisir de se faire escorter « en sécurité » alors qu’elle aurait volontiers échangé les rues sombres et désertes contre toutes ces paillettes qui lui brûlaient la rétine jusqu’au fond du cerveau. Et malgré toutes ses protestations –elle ne voulait jamais se faire raccompagner par eux, et se débrouillait toujours pour rentrer en taxi ; manquerait plus qu’on la voit sortir d’une limousine en robe de couture et Louboutins aux pieds, un type deux fois plus vieux qu’elle à ses côtés ; plus suspect tu meurs– il n’avait rien écouté et n’en avait fait qu’à sa tête. Qui se soucie de ce que les putes veulent de toute façon ?

▬ C’est là, fit-elle laconique en pointant brièvement du menton la rue dans laquelle s’était engagé le véhicule –c’était jamais que deux petits mots, mais ils lui avait coûté un goût de bile infâme au fond de la gorge et un frisson fiévreux le long de la nuque.

C’était pas vraiment sa rue, mais elle ne voulait surtout pas qu’il sache où elle habitait –question de sécurité, un peu, mais surtout pour ne pas avoir l’impression qu’il pouvait s’immiscer plus encore en elle en en apprenant plus à son sujet. Pour l’instant, il ne connaissait d’elle que ses courbes, son deuxième prénom et son quartier, et c’était déjà beaucoup trop à son goût.
La voiture se gara finalement, et dans une geste un poil trop hâtif elle ouvrit la portière et s’extirpa hors de l’habitacle avec autant d’aisance que pouvait l’impliquer sa robe moulante. L’air frais lui fit un peu de bien, lui donna l’impression de respirer un peu mieux, mais très vite il rattrapa son bras d’une poigne brusque et elle se sentit suffoquer de nouveau.

▬ Eh ben, t’enfuis pas comme ça Jasmine, j’ai même pas eu le temps de te remercier comme il fallait !

Et sur ces mots il sortit à son tour de la voiture et la ramena contre lui, son dos contre son torse et ses mains courant le long de ses bras, jusqu’à ses épaule, puis descendant sur ses clavicules et s’arrêtant au niveau de son décolleté –vieux dégueulasse. Meera elle, elle se concentrait sur tout ce qui pouvait détourner son attention ; un rat qui passe au pied du lampadaire grésillant, de la lumière qui filtre à travers des volets fermés à une fenêtre quelques mètres au-dessus d’elle, un feulement de chat qui résonne plus loin –tout est bon à prendre pour oublier ses mains et son souffle et cette nouvelle liasse de billet qu’il glisse subtilement dans son bustier.

Et puis elle se figea sur place quand elle aperçu la silhouette trop familière, et il y eu comme un boum dans sa poitrine, comme si son coeur s’était subitement arrêté avant de redémarrer en loupant un battement sur deux. Et il y avait de quoi parce que sur toutes les personnes qu’elle ne voulait pas croiser dans ce genre de situation, la liste était longue, et le nom de Romeo était inscrit tout en haut avec ceux de Saul, d’Olympe, d’Ange, d’Ethan et de Leo. Elle était si bien pétrifiée qu’elle ne sentit même plus les mains moites qui parcourraient sa peau la délaisser, qu’elle n’entendit pas le son sec de la portière qui claque, du crissement de pneu du démarrage et du ronflement sourd du moteur. Juste le silence, et le sang qui lui battait aux tempes comme une fanfare infernale. Est-ce qu’il a vu ? Est-ce qu’il a compris ?
C’est seulement lorsqu’elle plissa les yeux pour mieux le voir dans la pénombre qu’elle remarqua un peu plus son état et que l’inquiétude prit le pas sur l’angoisse quand elle nota les traces de coups sur son visage qui allait pourtant très bien la dernière fois qu’elle l’avait vu. Alors elle s’approcha timidement en tirant sur le bas de sa jupe pour la faire redescendre, le bruit de ses talons heurtant la chaussée résonnant dans le noir.

▬…Rom ? –elle avait toujours cette nausée infâme qui lui retournait l’estomac à chaque souffle, et sa voix que le dégoût rendait éraillée au possible avait été réduite à un souffle tremblant, mal assuré ; elle s’approcha encore et se pencha vers lui qui était à moitié effondré sur le mur, pas trop près, juste assez pour pouvoir le toucher si elle tendait le bras. Putain Rom’ il s’est passé quoi ?

Ça lui avait toujours foutu le coeur en vrac de le voir dans cet état, et depuis cette nuit qu’elle avait passé chez lui et qui avait re-dessiné les contours de leur relation, c’était pire qu’avant –et ça avait été suffisamment percutant pour qu’Olympe comprenne.

En même temps elle était tellement douée pour s’inquiéter pour les autres et s’oublier elle-même au passage...







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MessageSujet: Re: Meera ♦ Wanderers at night, they might combust. [NC - Âmes sensibles] [terminé]   Dim 25 Sep - 11:30


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Wanderers at night, they might combust ❞

Le bruit des talons qui claquent sur le macadam se fait plus proche, plus distinct ; il résonne dans la rue déserte, il fend l’air, le presque silence entrecoupé d’aboiements lointains, du bruit d’une télévision laissée allumée dans un appartement à la fenêtre ouverte. T’oses à peine ouvrir les yeux pour regarder face à toi — de toute façon, le gauche proteste, tiraillé entre les points de son arcade et le bleu noirci de sa paupière. Tu serres les dents pour ne pas perdre la face, tu cherches à retrouver la silhouette familière qui avale la distance entre elle et toi à coup de quelques enjambées puis se fige ; le demi-mètre qui vous sépare encore te frustre tant qu’il te rassure — ça n’est pas tout à fait Meera face à toi. « ...Rom ? » C’est sa voix, par contre ; sa voix qui te fait frissonner, vaciller, pleine d’inquiétude. Elle t’accorde une attention que tu n’es pas certain de mériter, quand bien même t’en as sans doute un peu besoin, toi, sale gosse en mal d’amour. Tu manques d’une femme, et ce ne sont pas toutes ces pétasse que t’allonges en trois secondes qui te font te sentir mieux, désiré, nécessaire pour quiconque.
T’es quoi, t’es quoi dans le fond, sinon le type que les gonzesses complexée, mal assumées viennent chercher pour se rassurer et se sentir baisables après s’être faites larguer, l’épreuve à passer, la conquête à avoir parce que quand même, t’as une belle gueule et t’es pas trop mal foutu ? T’as rarement été habitué à autre chose, venant des filles — sauf les exceptions, tes exceptions, tes intouchables. Seiren, Olympe, Meera ; tu les comptes sur les doigts d’une main, c’est déprimant.

« Putain Rom’ il s’est passé quoi ? » Tu cherches à accrocher son regard océan, mais t’as les prunelles incertaines, les pupilles qui vacillent, s’agitent, rendues nerveuses et indociles par les drogues. T’en as la nausée, la tête qui tourne et l’équilibre branlant, tu sais qu’au moindre pas tu risques de t’écrouler — mais tu sais que si tu tombes, t’auras mal, le feu en toi se rallumera, et t’as pas envie, pas envie, alors tu tiens, encore un peu. T’es pas très loin de chez toi ; tu crois ? Les mots de l’adolescente prennent enfin sens dans ta tête, et tu lèves les yeux, tu ricanes — un rire rauque, à l’apparence de grondement douloureux. Tu ne diras pas tout à fait la vérité. Ça te coûte de lui mentir, mais t’es pas une balance, t’es pas de ceux qui comptent sur les autres, t’es pas de ceux qui veulent les faire plonger avec toi — tu le fais, pourtant, mais c’est malgré toi —, t’es de ceux qui ont trop de fierté, un honneur à laver, qui mènent leurs guerres seuls jusqu’à n’en plus pouvoir — jusqu’à en crever. « ’sais pu… j’tais déf’, pour pas changer… p’t’être un branleur qu’j’ai fait chier… j’ai r’vu… m’père à l’hosto p’tain... » T’esquisses un pas, t’essaies, juste — et tu te réceptionnes contre Meera lorsque tu perds l’équilibre, tu l’enlaces à la taille pour qu’elle ne trébuche pas par ta faute, tu serres les dents parce que ta fêlure te lance. T’aurais jamais cru c’te connerie aussi douloureuse.

C’est un parfum capiteux qui te monte à la tête à t’en donner mal au crâne, c’est une odeur qui n’est pas la sienne, pas celle que tu connais, c’est un tissu un peu trop riche que tes doigts crochètent sur ses reins. Tu remontes, t’effleures son épaule, tu glisses sur son bustier en l’effleurant à peine, sur ses côtes, jusqu’à ses hanches. Tes yeux suivent la course de ta propre main sur la peau camouflée, et un ricanement, ténu, étranglé t’échappe, entre deux quintes de toux — et une plainte douloureuse, venue du fond de ta gorge, que t’étouffes au creux du cou de la bassiste. « Et toi alors… t’as eu une prime ou ça s’passe de qu---comment ? » T’essaies de reculer, d’un pas ou deux, mais t’arrives pas à la lâcher, pas vraiment — sans elle, tu tombes. « S’rieux p’tain t’as l’air d’rien comme ça Mee j’t’jure on dirait la toi d’y deux ans là. P’tain si j’te c’nnaissais pas ça f’rait pres’ pitié jure. »
Tes mains s’accrochent au drapé de la robe, comme dans l’espoir de le lui arracher, de dénuder la peau dont t’as manqué, et qui fait bouillonner quelque chose au bas de ton ventre — c’est familier, un peu plus fort que d’habitude, parce que c’est elle, et parce que t’es démonté, que tu te fous de ne pas être en état, et d’être dehors. Tes lèvres effleurent sa gorge, sa clavicule, et les relents de vieux vin te prennent à la gorge, manquent t’arracher une grimace que tu réprimes — t’es mal placé pour juger, quand ton haleine est lourde d’alcools mélangés, vodka, whiskey, curaçao, bières sages, et le reste t’as oublié. « J’ai envie d’toi Mee... » Tu lâches tout à coup, la voix écorchée réduite à un souffle. « Mee, pourquoi y’avait… Y’a… P’tain Mee c’tait qui l’aut’ là avec sa caisse de taulard mal baisé… Pourquoi il te… il t’a... » Ta main s’essaie à redessiner le chemin de celle de l’autre sans y parvenir — t’étais trop loin, t’aurais tout aussi bien pu rêver que la différence aurait été moindre.

Tes doigts s’attardent un instant de trop sur la poitrine de la musicienne, ta bouche effleure sa carotide, cherche son décolleté — tes gestes contredisent tes mots, tes pensées, tes discours sont décousus, tu ne sais plus ce que tu dis, ce que tu fais. C’aurait été différent si t’étais pas déchiré, sûrement. « J’te veux Mee... » tu souffles quelque part contre son épiderme, là où l’étoffe remplace la chair nue que tu te plaisais à embrasser jusque là. T’es pitoyable, ce soir, Romeo ; pitoyable, avec tes grands airs, tes mots fielleux et tes élans salaces, tes fantasmes tordus, des désirs embrasés, ton mépris répugnant ; t’es pitoyable, ce soir, Romeo, pour te risquer à blesser celle pour qui tu tuerais, les jours à l’esprit clair.


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MessageSujet: Re: Meera ♦ Wanderers at night, they might combust. [NC - Âmes sensibles] [terminé]   Dim 25 Sep - 15:16

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C’était peut-être idiot, ou peut-être que c’était finalement censé, mais elle avait ressenti comme une sorte d’appréhension à s’approcher plus de lui. C’était pas vraiment de la peur, c’était quelque chose de moins fort, de plus insidieux, de plus sourd ; le genre d’angoisse incertaine qu’on pouvait ressentir tard le soir en rentrant d’une soirée, qu’il n’y a personne dans la rue et qu’on entend malgré tout du bruit derrière –parfois c’est qu’un chat ou un autre animal errant à l’affût d’une poubelle à fouille, et on se sent débile d’avoir flippé, mais parfois c’est la menace, la vraie qui se tient derrière et il ne reste plus qu’à fuir et prier ; mais tant qu’on ne s’est pas retourné pour vérifier, c’est l’angoisse de l’incertitude qui prend à la gorge et fait cogner le coeur dans la poitrine, et c’était exactement ce que Meera ressentait. Pourtant c’était Romeo putain. Elle avait souvent peur pour lui, sans aucun doute, mais de lui ? C’était impensable, merde. Romeo c’était synonyme de bien des choses pour elle, et elle ne trouvait d’explication à son appréhension dans aucune d’entre elles ; c’est l’acide culpabilité qui lui remonta dans la gorge cette fois.

D’un autre côté, celui qui se tenait devant elle, c’était pas vraiment son Romeo non plus. Elle connaissait celui des concerts, des soirées festives, des sorties entre amis et depuis peu des nuits passionnées, mais le Romeo déchiré au point de ne plus savoir marcher, elle connaissait pas vraiment, et ça l’effrayait. Un peu. Noah aussi il avait pu être effrayant après quelques grammes dans le sang, avant…
Mais à côté, il y avait ces traces de coups sur so visage, ces points de suture qui indiquaient que c’était tout frais de quelques jours –quelques heures ?– à peine, et ces élancements douloureux dans sa voix qui témoignaient de son supplice ; et dieu comme ça lui brisait le coeur de le voir mal en point comme ça. Si elle détestait voir ceux qu’elle aime souffrir, avec lui c’était peut-être pire que les autres, et entre angoisse et inquiétude elle n’y voyait plus très clair –surtout après une soirée pareille.

▬ ’sais pu… j’tais déf’, pour pas changer… p’t’être un branleur qu’j’ai fait chier… j’ai r’vu… m’père à l’hosto p’tain…

Les traits de la peine qu’elle ressentait pour lui s’imprimèrent sur son visage mais elle n’eut pas le temps d’ouvrir la bouche pour répondre –elle n’avait pas de vraie réponse à donner de toute façon, qu’est-ce que tu veux répondre à ça ?– qu’il fit un pas en avant avant de s’effondrer contre elle –parce qu’elle avait senti le coup venir et que malgré tout ce qui la dérangeait depuis quelques minutes, c’était Romeo, jamais elle ne le laisserait tomber.
Pendant une seconde, elle hésita, ne sachant trop où poser ses mains, qu’elles étaient les parties de son corps qui n’étaient pas endolories et qu’elle pouvait se risquer à effleurer sans lui arracher de grimace de douleur comme celle qu’il venait de faire en lui tombant dessus. Puis, presque timidement, elle posa ses mains contre ses épaules, à la hauteur des clavicules.
Elle se sentit frémir au contact de ses mains. Il avait le corps brûlant, fiévreux, mais c’était pas de ce brasier de passion et de tendresse mêlées de l’autre fois. Y’avait comme un truc qui clochait, et fallait pas chercher loin pour deviner quoi ; ça se lisait dans ses yeux rouges et ses pupilles dilatées.
Malgré tout elle préférait mille fois être dans ses bras à lui, même déchiré comme ce soir, qu’entre ceux de celui qui l’avait raccompagnée.

▬ Et toi alors… t’as eu une prime ou ça s’passe de qu---comment ? –elle se figea sur place et son coeur rata un nouveau battement, tandis que Romeo s’agita contre elle sans jamais vraiment s’en séparer– S’rieux p’tain t’as l’air d’rien comme ça Mee j’t’jure on dirait la toi d’y deux ans là. P’tain si j’te c’nnaissais pas ça f’rait pres’ pitié jure.

Boum, dans ta gueule. Ses yeux s’écarquillèrent un instant, le temps de réaliser, de mesurer l’ampleur du mépris qui suintait de ses mots et auquel elle pensait qu’elle n’aurait plus jamais affaire venant de lui. Ses poings se serrèrent contre ses clavicules et de micros-tremblements agitèrent ses épaules. Elle lui aurait bien foutu un claque en vérité, mais cette part d’elle qui était fermement convaincue, et peut-être à juste titre, qu’il ne pensait pas un traître mot prononcé et que c’était seulement la douleur et les saloperies qu’il avait ingéré qui teintait ses paroles d’un tel fiel la retenait d’en faire autant. Elle l’aimait probablement un peu trop pour lui fair mal délibérément…
Et puis au fond, il y avait du vrai dans ce qu’il disait ; elle n’était pas certaine quant à la « Meera d’il y a deux ans » dont il parlait, mais celle d’aujourd’hui, et celle de ce soir en particulier, elle faisait clairement pitié, y’avait pas photo. Au moins ce soir on est bien assortis toi et moi.

▬ Tu sais pas c’que tu dis putain, faut pas rester là, elle souffla du bout des lèvres, un peu aussi pour s’en convaincre elle-même, qu’il ne savait pas ce qu’il faisait. Tu–

Elle s’interrompit en étouffant une sorte de gémissement qui ressemblait plus à un grincement quand elle sentit ses mains s’agripper frénétiquement au tissu de sa robe, et ses lèvres glisser contre la peau de son cou. Elle frissonna ; c’était tellement étrange, ce maelström de sentiments contradictoires qui s’agitaient sous son crâne. Car il y avait cette petite part d’elle, jamais très lucide quand il s’agissait de Romeo qui lui disait que si c’était lui, c’était pas grave ; mais malgré tout ça lui semblait trop bizarre et trop mauvais pour qu’elle s’y abandonne ce soir là.

▬ J’ai envie d’toi Mee… –elle s’agita entre ses bras, mal à l’aise– Mee, pourquoi y’avait… Y’a… P’tain Mee c’tait qui l’aut’ là avec sa caisse de taulard mal baisé… Pourquoi il te… il t’a–

▬ C’était personne, elle le coupa vivement en se raidissant immédiatement –trouve un mensonge, n’importe quoi, viteil m’a raccompagnée du taff’, c’est tout. Il s’est rien passé.

Sa nausée se fit plus forte encore quand les mains de Romeo tentèrent de retracer le chemin que les siennes avaient parcourues avant, et elle frissonna de nouveau. Arrête ça putain, t’es pas comme eux.

▬ J’te veux Mee…

Les traits crispés par le malaise et la peine, elle s’agita de nouveau contre lui, appuyant un peu plus ses mains sur ses clavicules pour le repousser, juste assez pour qu’une distance un peu plus convenable soit installée entre eux mais pas assez pour qu’il ne puisse plus s’appuyer sur elle –parce qu’elle le laisserait pas tomber, ça non.

▬ Non…j’peux pas…

Sa voix s’était réduite à un souffle aigu, un murmure tremblant qui dégoulinait de la honte que l’aveu lui coûtait. Ses mains s’étaient fermement agrippées au tissu de son haut, preuve qu’elle avait beau le repousser, elle ne voulait pas le laisser partir non plus, et elle tremblait pour de bon cette fois. Elle leva le regard une dernière fois pour croiser le sien quelques secondes, et la honte reprit le pas et elle baissa la tête, les yeux fixés sur ses doigts aux jointures blanchies.

▬ Pas ce soir, s’il te plait…

Ce soir j’ai juste envie d’me brûler la peau, d’anesthésier mon cerveau, et d’oublier les sensations de ses mains sur moi. Ce soir j’veux juste gerber, pleurer et dormir, et j’peux pas te donner ce que tu veux, désolée.

Finalement, elle se reprit, redressa la tête et inspira un grand coup en papillonnant des yeux pour chasser le début de larme qu’elle sentait pointer et qu’elle ne voulait pas voir couler devant lui. Et aussi délicatement et fermement que possible, elle attrapa l’un de ses bras pour le passer autour de son cou et passa une main dans son dos pour attraper l’un de ses passants de ceinture pour le soutenir un peu mieux.

▬ Viens Rom' on rentre, faut pas qu’tu restes ici.







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MessageSujet: Re: Meera ♦ Wanderers at night, they might combust. [NC - Âmes sensibles] [terminé]   Dim 25 Sep - 17:25


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Wanderers at night, they might combust ❞

Elle te repousse, légèrement, et t’es bien forcé de quitter sa peau, de renoncer à parcourir son épiderme du bout des lèvres, de prendre ton mal en patience et de ne pas chercher à la brusquer, la forcer — il te reste suffisamment de raison pour ça ; t’en es capable, mais pas avec elle, non, pas avec elle, t’es un connard, un salopard, mais tu peux pas l’obliger, tu peux pas la rendre victime de tes excitations hasardeuses, de ta libido foutue en vrac par les drogues et l’alcool. Alors, t’obéis, tu plies, tu cèdes ; t’as pas la force de lutter de toute façon. Tu te contentes d’assurer ton équilibre du mieux que tu peux, en résistant à l’appel du désir qui court tes veines, te rendrait animal si tu t’y abandonnais. « Non…j’peux pas… » Tu l’entends à peine, et tu ne comprends pas, tu ne comprends pas la douleur dans sa voix, le dégoût, la peur, tu ne comprends pas ce que t’entends, ce qu’elle te dit, tu ne discernes pas dans ses yeux ce que t’aurais sitôt compris dans d’autres circonstances ; c’est décousu, incertain — t’es comme dans un rêve, brumeux, il te suffit de quelques secondes pour oublier ce qu’il s’est passé l’instant d’avant, tantôt tes sens paraissent gagner en acuité, tantôt le monde qui t’entoure n’est plus que brouillard et parasites.

« Pas ce soir, s’il te plait… » Ta main glisse sur le bras de la musicienne, en une caresse légère, presque tendre, comme si, l’espace d’une seconde, c’était Romeo, l’autre, le vrai, l’humain, pas l’épave qui refaisait surface, qui lâchait un signe — t’inquiète pas, t’en fais pas, ça va aller, j’te l’promets, ça va aller, t’en fais pas. « Pas c’soir... » tu répètes, mais sans avoir l’air de comprendre, de saisir ; comme si les mots ne faisaient plus sens, pour toi qui sais pourtant si bien en jouer quand t’écris. Mais ce soir, t’es pas le guitariste, t’es pas le chanteur, t’es pas l’artiste, t’es pas celui qui noircit des pages de textes, de paroles et d’accords, t’es pas le fêtard, t’es pas le déconneur, t’es pas l’abruti, le pitre, le fantasque qui rit un peu trop et se fout du monde, celui qui sourit trop pour être heureux, celui dont le rictus pue l’échec, la défaite et les travers, t’es pas le faux-heureux, t’es pas celui qui se bat, t’es pas celui qui lutte, t’es pas celui qui tient le coup, tient bon, tient debout ; ce soir t’es le drogué, ce soir t’es l’enculé, ce soir t’es celui qu’on hait, qu’on méprise, ce soir t’es celui qui crache à la gueule des gens, du monde et de demain, celui qui a oublié qu’lui aussi pouvait s’en sortir, celui qui frappe, celui qui gueule, celui qui blesse, l’écorché vif qui se venge de rien sur tout et tout le monde, ce soir, t’es plus rien que celui qui s’acharne à détruire tout ce qu’il reste de bon en lui.

Alors, quand elle passe ton bras sur son épaule, quand elle se met en tête de te soutenir, de t’aider, de te ramener à couvert, loin des rues, quand c’est elle qui trime pour toi, alors que c’est elle qui a besoin d’aide, entre deux grimaces douloureuses, toi, tu glisses ta main là où un éclat froissé a attiré ton regard, sous sa bretelle, là où commence la courbure gracieuse, désirée, de son sein. C’est un bruit de papier, à peine audible, mais qui suffit : t’as reconnu la sensation sous tes doigts, et ça t’arrache un rire mauvais, qui manque s’achever en une nouvelle quinte de toux — t’as trop fumé pour que tes poumons ne protestent pas. « S’rien passé, hein ? C’lui qu’t’a filé l’fric ? Mee p’tain t’as… t’lui as taillé une pipe dans sa bagnole qu’j’espère qu’il s’fera foutre le feu ou… hmpf, bordel. » Plainte douloureuse, tes derniers mots s’étouffent pendant que tu serres les dents. Tu siffles entre tes canines serrées, tes lèvres pincées — bordel, c’que ça fait mal. « J’spère qu’au moins tu d’mandes cher t’sais qu’ça en vale… nan, vaille… va… vaille ? vaille... la peine d’sucer l’premier chien qui t’prend en stop. »

Tu penches la tête, t’essaies d’atteindre son cou pour y souffler, pour y déposer un baiser et y mordre la peau laissée à nu ; t’as toujours ce désir crescendo qui te torture et détonne de tes mots — c’est toi l’chien dans l’histoire, Romeo. T’oses un rire, railleur, mauvais, celui que t’as réservé à Iekazu, à Lyria ; celui que connaissent ceux que tu exècres — ou ceux qui t’ont vu trop déchiré pour y songer, à deux doigts de crever la gueule ouverte ; ce que tu mérites, peut-être. « L’est confortable sa caisse, au moins ? » Hargneux, fielleux, répugnant ; ce soir, Romeo, t’es le pire de tous, ce soir, Romeo, tu dérailles un peu trop.


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MessageSujet: Re: Meera ♦ Wanderers at night, they might combust. [NC - Âmes sensibles] [terminé]   Dim 25 Sep - 21:05

Wanderers at night : burning
They say it changes when the sun goes down around here ✘ ROMEO
Un pas après l’autre, chacun aussi bancal que le précédent, elle s’efforçait du haut de ses talons de huit centimètres de le soutenir du mieux qu’elle pouvait pour qu’il puisse avancer sans trop risquer la chute à chaque geste. Mais il avait le poids conséquent de ceux qui peinent à se soutenir eux-mêmes, et puis elle était fatiguée, toujours nauséeuse –les reste de parfum qui lui collaient à la peau se mêlaient à l’odeur lourde de l’alcool qui émanait de Romeo pour former un nuage capiteux autour d’eux qui n’arrangeait strictement rien, au contraire– alors c’était compliqué, et il fallait avancer doucement pour ne pas trop lui faire mal. Elle ne savait pas encore jusqu’à quel point il avait pu dérouiller, mais le voir grimacer à chaque geste lui suffisait pour mesurer à vue de nez l’ampleur des dégâts. Meera en avait déjà vu des tas, des types au corps couvert de bleus et autres blessures –son père avait été boxeur après tout, et parmi les quelques souvenirs qui lui restait de lui, il y avait ces quelques combats auxquels elle avait assisté et pendant lesquels au moins un des participants finissait systématiquement avec la gueule éclatée– malgré tout, elle redoutait un peu ce qu’elle pourrait voir sur sa peau au moment où elle aurait l’occasion de le voir torse nu.

Et puis de nouveau elle sentit tous ses muscles se raidir et se crisper à l’instant où Romeo glissa sa main dans son décolleté, à l’endroit même où il avait glissé les billets verts un peu plus tôt. Et bon dieu, ce rire mauvais qui siffla d’entre ses dents dans la seconde qui suivit lui foutu le plus horrible des frissons dans la colonne vertébrale ; glacé, acerbe, tranchant presque.
Il a compris putain.

S’rien passé, hein ? C’lui qu’t’a filé l’fric ? Mee p’tain t’as… t’lui as taillé une pipe dans sa bagnole qu’j’espère qu’il s’fera foutre le feu ou… hmpf, bordel.

L’adolescente serra les dents, se bouffant l’intérieur de la joue pour se retenir de lui en coller une. Sur son bras et le tissu de son pantalon, ses poings se crispèrent un peu plus, et ses sourcils se fronçaient à vue d’oeil, preuve évidente de son état d’irritation alors qu’elle s’efforçait de garder son calme en se concentrant sur la seule chose à laquelle elle était capable de penser : le ramener chez lui, avancer, regarder droit devant pour pas risquer de trébucher et faire abstraction de tout ce qu’il pouvait débiter. Il sait pas ce qu’il dit, il est torché, ça servirait à rien de répondre, se forçait-elle à penser.

▬ J’spère qu’au moins tu d’mandes cher t’sais qu’ça en vale… nan, vaille… va… vaille ? vaille... la peine d’sucer l’premier chien qui t’prend en stop.

Réponds pas putain, l’écoute pas –sa respiration commençait à se faire de plus en plus lourde et soulevait sa poitrine alors que la colère commençait à se répandre dans ses veines.

▬ L’est confortable sa caisse, au moins ?

Et ce fut la goutte d’eau qui fit déborder le lac.
Parce qu’elle avait un peu trop encaissé sans rien dire ce soir là, et qu’il avait réussi l’exploit de toucher du doigt les limites de sa patience. Parce que cet énième contact de ses lèvres sur son cou l’avait fait craquer. Parce qu’il avait beau être déchiré, et elle avait beau être indulgente, y’avait des moments où il fallait dire stop.
Alors elle pila et s’immobilisa d’un coup, et un ricanement suintant de cynisme, d’amertume et de dégoût siffla d’entre ses lèvres, prenant de l’ampleur au fil des secondes pour se muer en un vrai rire de pauvre folle –qu’elle était probablement.

▬ T’as raison, ouais –elle s’était tournée vers lui et avait planté dans ses yeux un regard brillant de colère, alors que ses lèvres ne se défaisaient pas de ce pli acide, de ce rictus mauvais qui n’annonçait jamais rien de bon– elle était vachement confortable sa caisse, c’était pratique pour quand il m’a baisée sur la banquette, figure-toi ! En même temps j’sais pas si tu connais le prix d’une limo’ mais vu ce que ça coûte y’a plutôt intérêt à c’qu’on puisse s’y faire sauter convenablement à l’intérieur, tu crois pas ?

Elle avait la voix qui partait dans tous les sens et chacun de ses muscles semblait agité de tremblement –on aurait dit un téléphone en train de vibrer sur place, sauf que là c’était la rage et le ras-le-bol qui en étaient la cause, et non un sms. Dans sa poitrine, son coeur cognait si fort qu’elle ne s’étonnerait même pas s’il y éclatait. Et puis elle avait mal, à la tête, au ventre, au coeur, aux pieds, au dos, aux reins ; elle en avait marre, elle voulait que ça s’arrête –putain, c’était trop demandé un moment de répit ?

▬ Qu’est-ce que tu veux savoir d’autre ? Qu’après y’a le chauffeur qui nous a rejoint ? Et puis l’type de la station d’essence aussi pendant qu’on y est, ça te va c’genre de détail, ça t’plaît ? Tu sais c’qu’on dit, plus on est d’fous plus on rit, et puis bon, j’suis une pute hein, y’a de la place !

Elle exagérait évidemment –y’avait des trucs qui restaient trop hardcores pour elle, et ce genre de vice en faisait partie. Quelque part elle espérait qu’en lui servant une histoire aussi grosse il se dirait que tout était bidon et qu’il oublierait. Et puis quelque part aussi, peut-être, la part mesquine et rancunière en elle avait envie de le voir regretter ses paroles –il était probablement trop déchiré pour ça, mais l’envie était là, quand bien même elle ne l’aurait jamais avoué à qui que ce soit.

▬ T’es content d’le savoir maintenant Romeo ? Tu t’es tapé une pute, ça t’fait quoi d’le savoir, hein ? –elle ne put s’empêcher de lâcher son bras un instant pour aller se pincer l’arrête du nez et agiter la main en rythme avec ses propos ; Meera elle était expressive d’ordinaire, et elle s’exprimait avec le corps tout entier– Putain j’te jure, t’es une vraie migraine quand tu t’y mets, j'hallucine !

Elle n’en revenait pas ; qu’un type aussi adorable que lui puisse se changer en enfoiré de première de façon aussi radicale. Ironiquement, ça lui rappela un des bouquins que son amie Ayako lui avait refilé une fois, L’Étrange cas du Dr. Jekyll et Mr. Hyde, et cette pensée presque inappropriée au vu de la situation lui tira un nouveau ricanement acide alors qu’elle rattrapa son bras pour le soutenir de nouveau et fit un nouveau pas en avant pour reprendre la route.

▬ Maintenant, fit-elle essoufflée d’avoir haussé le ton, d’avoir craqué, de s’être laissée prendre à son jeu de con, t’es gentil, et tu fermes ta gueule jusqu’à ce qu’on arrive chez toi.

Elle l’aimait trop pour le laisser tomber, et se disait quelque part que si l’on n’est pas capable d’aider quelqu’un qu’on aime même dans ses pires moments, alors c’est qu’on ne l’aime pas vraiment, et elle n’était pas de ce genre là –pas avec lui.
Mais putain c’que ça faisait mal.







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MessageSujet: Re: Meera ♦ Wanderers at night, they might combust. [NC - Âmes sensibles] [terminé]   Dim 25 Sep - 22:41


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Elle se fige, et tu trébuches, elle te retient, elle te toise et, quand tu relèves les yeux vers elle, ce que tu vois t’effraie, te sonne, te dérange — parce que la flamme de son regard, la colère viscérale, celle qui prend aux tripes et colle des sueurs froides, tu ne l’avais jamais vue se dessiner sur son visage à elle. Tu l’avais vue rieuse, inquiète, soucieuse, nerveuse, dans ces bons jours, comme dans ceux au ciel un peu plus gris, t’avais déjà vu les ombres de son regard, les esquisses de remords, les troubles qui déchiraient l’infini bleuté rien qu’une seconde, t’avais vu quelques éclats de colère, oui, bien sûr, mais t’avais jamais vu cette rage qu’elle écumait, et surtout pas à ton encontre. Et pourtant, t’es torché, mais pas complètement abruti — tu comprends que c’est de ta faute, que t’as dépassé les limites, que t’as dit un truc de travers. A vrai dire, t’as beau y réfléchir, tu ne te souviens déjà plus vraiment, tu ne sais pas ce qui a déconné, déraillé, dérapé, tu ne sais plus ce que t’as lâché, ce que t’as craché — éclat de lucidité qui se conclue sur un black out, tu détestes ça. Tout ce que tu sais, à l’instant précis, c’est que s’il ne te fallait pas son soutien pour tenir debout, t’aurais reculé.

« T’as raison, ouais, elle était vachement confortable sa caisse, c’était pratique pour quand il m’a baisée sur la banquette, figure-toi ! En même temps j’sais pas si tu connais le prix d’une limo’ mais vu ce que ça coute y’a plutôt intérêt à c’qu’on puisse s’y faire sauter convenablement à l’intérieur, tu crois pas ? »

T’écarquilles les yeux, ton souffle se coupe, comme si c’était un coup dans le bide que tu venais de prendre. Plutôt, t’as oublié de respirer quand elle a commencé à parler , quand elle a commencé à rire. Parce que ç’avait quelque chose de dément, venu de nulle part, douloureux. Ça t’avait comme heurté de plein fouet, frappé à la gueule — à l’instant, tu viens de réaliser l’étendue de ta connerie, tu te souviens vaguement, ça revient, puis ça s’efface, ça se dissipe. Une seconde, tu crois perdre pied, ta vue se trouble de nouveau, tu n’entends plus rien sinon des grésillement, t’as l’impression de tomber dans un puits sans fond. Enfin, le monde reprend consistance, et rien n’a changé : elle est toujours là, à côté de toi, à te regarder, venimeuse, assassine, impitoyable envers tes torts dont tu te souviens à peine.
Une seconde avant de replonger dans la léthargie de ton trop-plein d’alcool, t’as le temps de sentir une pointe de culpabilité te transpercer le coeur.

« Qu’est-ce que tu veux savoir d’autre ? Qu’après y’a le chauffeur qui nous a rejoint ? Et puis l’type de la station d’essence aussi pendant qu’on y est, ça te va c’genre de détail, ça t’plaît ? Tu sais c’qu’on dit, plus on est d’fous plus on rit, et puis bon, j’suis une pute hein, y’a de la place ! »

T’as grincé des dents, t’as cillé, t’as voulu ouvrir ta grande gueule une fois de plus, mais son regard, son ton t’en ont dissuadé — n’aggrave pas ton cas Romeo, ta gueule est déjà bien assez éclatée. Connard, connard, connard, ça tourne dans ta tête, litanie, chansonnette moqueuse sur un air de comptine pour enfants. Connard, raté, enfoiré. Tu voudrais leur dire de se taire, à ces voix qui t’balancent tes brèches, tes griefs, tes préjudices à la tronche, tu voudrais leur hurler de se la fermer, de te foutre la paix — t’as pas besoin d’elles, de toutes ces voix qui te font replonger, de tes propres pensées, celles d’un môme mal assuré, pas assumé, à l’aplomb maladroit, l’audace pour mascarade, la dérision pour échappatoire, ta désinvolture pour déranger, ton insolence pour contrarier ; t’as pas besoin d’elles, de tes idées noires, celles qui heurtent ton estime, la valeur que tu te donnais encore, peut-être, qui sait ?
T’as pas besoin d’elles, de ces vipères, de ces démons, qui te rappellent, entre deux inspirations douloureuses, deux frémissements apeurés, deux clignements de paupières affolés, que ce soir, t’as merdé ; que ce soir, tu l’as blessée.

« T’es content d’le savoir maintenant Romeo ? Tu t’es tapé une pute, ça t’fait quoi d’le savoir, hein ? » T’as cessé de respirer, encore. T’aimes pas ce mot quand c’est elle qui le dit, t’aimes pas ce mot quand c’est d’elle qu’elle parle comme ça. Mais t’as pas la gueule, pas les couilles de lui dire — pas le courage, pas la force, pas les mots non plus, t’as pas les idées suffisamment claires pour y songer. T’as l’impression que la moindre tentative de glisser une parole ou deux se retournerait contre toi — que tout ce que t’es capable de dire, ce soir, n’est qu’immondice et lésion au coeur. « Putain j’te jure, t’es une vraie migraine quand tu t’y mets, j'hallucine ! » T’aimerais lui dire qu’t’es désolé, qu’t’as fait l’con, que c’était pas vraiment toi qui disais ça — qui disais quoi ? — mais t’es comme avec ton père, comme avec Marvel ; tu baisses la tête, tu perds ta langue, tu la mords jusqu’à sentir le goût métallique du sang dans ta bouche. Tu fais comme les gosses que l’on accable de reproches — tu baisses les yeux et t’attends que ça passe, que le temps fasse son affaire, apaise les blessures que t’as toi-même ouvertes sans être capable de les refermer. T’as jamais vraiment grandi, hein, Romeo ? T’es resté un môme, quelques dizaines de centimètres en plus, le talent au bout des doigts, un peu plus porté sur l’auto-destruction, mais toujours pas capable d’assumer. C’est plus facile de fermer sa gueule et de faire semblant de n'avoir rien fait.

Tu te laisses faire sans protester, en te faisant violence pour ne pas montrer le moindre signe de douleur lorsqu’elle reprend sa marche, sans t’avoir lâché, toujours fidèle au poste — amie plus honorable que toi, certainement. Et tu fais de ton mieux pour être autre chose qu’un poids mort, t’essaies d’avancer un peu plus droit, de moins trébucher, mais tu sens la descente poindre ; avec elle, la somnolence, le retour de la vue trouble, l’envie de t’effondrer, de te laisser aller — au fond, la rue, c’est pas si mal pour se poser, tu te dis. Pour crever, peut-être, aussi, tu songes, sans pouvoir t’en empêcher ; la pensée a fusé dans ton esprit avant même que tu réalises vraiment. Tu les détestes, celles-là aussi. « Maintenant, t’es gentil, et tu fermes ta gueule jusqu’à ce qu’on arrive chez toi. » Et tu t’exécutes : tu te mues dans le silence le plus profond, t’oses plus vraiment la regarder, tu ne te risques plus à couvrir sa peau de baisers alcoolisés. T’es un peu trop sage, pour quelqu’un qui a plus de trois coups dans le nez.

Mais c’est qu’il y a la culpabilité, les idées noires ; c’est qu’il y a la descente, et la nausée, c’est qu’il y a la douleur, si vive qu’elle t’anesthésierait presque, qui, à défaut, t’assomme, te rend confus. Un peu comme la drogue, quand les effets les plus agréables se dissipent. Tu suis le mouvement, tu ressasses quand t’es capable de penser, t’oublies quand il ne reste plus que l’obscurité, tu regardes les bâtiments qui défilent à mesure de vos pas chancelants.
Au fond, peut-être bien que c’est une métaphore de ta vie, de votre relation, et de ses airs bancals, de la fatalité qui vous frappera forcément : t’es qu’un objet défectueux, un éclopé, un esquinté, un jouet cassé, imparfait, instable, précaire — elle ploie sous ton poids, elle tomberait avec toi si tu t’écroulais, elle avancerait un peu plus libre si elle te lâchait. Encore une fois, ça te revient à la gueule : un poids pour le groupe ; clairement aucune chance. Quelque part, tu la crois, tu sais qu’elle a raison, tu t’en persuades, tu t’en convaincs et tu te hais pour ça, ce soir plus que d’habitude.

Enfin, sous tes pieds, ce sont les graviers du parking. Tu lèves les yeux en direction des volets fermés de la plupart des appartements, des rais de lumières qui diffusent entre les stores baissés de quelques autres. De ce côté-ci, on ne distingue que l’une des fenêtres de ta chambre, celle, fermée, voisine de ton lit. T’hésites, tu ralentis légèrement, tu tergiverses, puis tu finis par lâcher un « M’en fous d’c’que tu fais, t’es pas une pute. » à peine audible, sifflé entre tes dents, marmonné du bout des lèvres, parce que t’as toujours la sensation que plus rien de ce que tu pourras dire ce soir n’arrangera les choses — t’as peur d’avoir brisé un truc, ça t’prend à la gorge, ça t’terrifie, mais ça non plus, tu ne sais pas l’avouer. Alors, à défaut, t’essaies de t’éclaircir la voix, de reprendre contenance — difficile, quand tu ne penses plus qu’à te shooter aux antidouleurs, et dormir pour les quarante-huit prochaines heures — t’oses même un rire un peu bancal, un peu faux, un peu forcé, qui sonne abattu, éprouvé, atterré. « Maudis… les immeubles sans as...censeurs ? » Tu lui lances un regard, furtif, que t’oses pas prolonger — son contact te brûle presque, parce que t’as pas l’impression de mériter son attention, son affection et le mal qu’elle se donne pour te tirer d’affaire malgré tout. Tu cherches ta clé au fond de ta poche, quelque part à côté de ton téléphone, et tu l’en tires pour l’observer — tout, tout, sauf lire dans les yeux de Meera.

« J’peux… t’es pas obligée de… fin… hm… à partir d’là ça d’vrait aller tu peux… t’as pas besoin de monter... » Tu ne sais pas comment lui dire. Tu ne sais pas comment lui dire qu’t’as pas envie qu’elle vienne — parce que t’as peur de la blesser encore, d’ici qu’tu décuves, d’ici qu’tu récupères. T’as pas envie qu’elle s’énerve encore, t’as pas envie d’lui faire mal, t’as pas envie de foutre en l’air un truc qui compte, un truc auquel tu tiens — elle, toi, vous. T’as pas non plus envie qu’elle assiste à ce qui suivra — l’apogée de la descente, la nouvelle dose, ton sang que tu feras peut-être couler. T’as pas envie d’lui graver ce genre d’images dans la tête, t’as pas envie qu’elle te voie comme ça, pire encore que ce que tu lui as montré — ce qu’elle a vu, c’était sans doute un peu trop déjà.
T’as pas envie d’être autre chose que l’Romeo qu’elle connaît… connaissait ? C’est sûrement un peu trop tard pour regretter.


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MessageSujet: Re: Meera ♦ Wanderers at night, they might combust. [NC - Âmes sensibles] [terminé]   Lun 26 Sep - 19:47

Wanderers at night : burning
They say it changes when the sun goes down around here ✘ ROMEO
Il avait suffit à Meera d’une seconde à peine, d’un regard en direction de ses yeux écarquillés et sa mine de chien battu pour comprendre qu’elle avait fait mouche, et pas qu’un peu. Ça se voyait à ses pupilles vacillantes, à ses sourcils froncés, à chacun des petits détails de son visage qui n’étaient pas provoqués par la brume de l’éthanol. Et malgré tout ce qu’il avait pu dire, malgré les saloperies qu’il avait débité depuis qu’ils s’étaient trouvés, ça lui avait foutu un coup au coeur que de discerner toute cette peine et cette culpabilité au fond de ses ambres troublées. Parce qu’elle savait parfaitement qu’il n’avait pas besoin de ça pour se sentir mal, et que pour rien au monde elle ne voulais être responsable d’un poids supplémentaire dans son coeur, indirectement ou non. Meera, elle voulait être celle auprès de qui il pouvait souffler, auprès de qui il pouvait rire et aimer la vie, pas celle qui le faisait culpabiliser d’avoir mal et de pas voir d’autre solution pour en réchapper que de noyer la douleur dans une autre plus sourde, plus indistincte ; pourtant elle venait de le faire, et on aurait pu lui dire mille fois que c’était de bonne guerre et qu’il l’avait bien cherché, elle pouvait s’en empêcher, elle culpabilisait, elle aussi.
Aussi quelque part ça l’arrangeait quand il chercha à éviter son regard tout le long du trajet, car elle n’était pas certaine de sa capacité à soutenir le sien non plus.

Et il fut étonnamment calme ce trajet. Parce que Romeo avait décidé d’être conciliant et de garder le silence jusqu’à son appartement, parce qu’elle faisait tout pour faire le vide dans sa tête et ne garder à l’esprit que son application à les ramener à bon port sans accident notoire –et pourtant elle avait les muscles des bras endoloris à force de tirer dessus pour le soutenir, et ses chevilles menaçaient de partir en vrille chaque fois qu’elle posait ses talons à semelles rouges sur les pavés irréguliers du macadam ; mais elle tint bon, et jusqu’à l’arrivée. Si elle n’avait pas vraiment la mémoire des chiffres, elle avait un sens de l’orientation assez fiable et une mémoire des lieux quasi photographique, et malgré l’obscurité elle ne s’était pas trompée de chemin ; au bout des quelques minutes encore, la bâtisse désormais un peu plus familière se découpa dans l’ombre, et elle poussa un soupir soulagé. Pas trop tôt.

▬ M’en fous d’c’que tu fais, t’es pas une pute.

Il l’avait prononcé si faiblement et indistinctement qu’elle aurait cru avoir halluciné si seulement il n’avait pas ralentis, si seulement il ne s’était pas râlé la voix juste après comme pour couvrir un aveu coupable qu’on n’est pas tout à fait sûr d’assumer ou non. Meera ne répondit rien, se contenta d’échapper un souffle, un soupir qui en disait probablement long mais dont elle même n’aurait su donner de signification. Pourtant ses épaules étaient un peu moins tendues, ses muscles moins crispés : la colère était passée et commençait à se diluer dans son esprit, remplacée par la simple fatigue et l’envie d’en finir, de l’abandonner à la sécurité d’un lit pour le soutenir et s’affaler à ses côtés, et dormir, dormir jusqu’à oublier, jusqu’à se réveiller le lendemain comme si tout n’avait été qu’un de ces cauchemars qu’elle faisait souvent quand elle n’avait pas pris ses cachets –qu’elle n’avait effectivement pas pris ce soir là, à défaut de pouvoir les transporter dans sa robe sans poches ou dans le ridicule petit sac dans lequel elle pouvait tout juste faire tenir portable et clés qui pendait à son épaule ; elle était censée rentrer directement chez elle en même temps...

▬ Maudis… les immeubles sans as...censeurs ?

Putain ce rire faible et triste à pleurer qu’il venait de lâcher lui donna la chaire de poule tant il sonnait faux.

▬ J’peux… t’es pas obligée de… fin… hm… à partir d’là ça d’vrait aller tu peux… t’as pas besoin de monter…

Meera s’arrêta alors, et pris une longue inspiration pour se donner du courage avant de tourner la tête pour le regarder –mais lui gardait la tête baissée, inlassablement. Elle lâcha donc son passant de ceinture et fit glisser sa main dans son dos pour venir saisir délicatement son visage entre deux doigts et le faire tourner la tête vers elle.

▬ Rom’...ta gueule –son ton avait gardé de cette intonation ferme et irrévocable qu’elle avait emprunté tout à l’heure, mais toute colère, toute irritation en était partie ; elle avait la voix éraillée par la fatigue certes, mais y il avait quelque chose de doux, presque tendre dans chacun de ses mots– j’t’ai dit de la fermer jusqu’à ce qu’on arrive chez toi. Aux dernières nouvelles tu crèches ni dans l’entrée ni dans l’escalier.

Et finalement, elle esquissa un de ces petits sourires ironiques et fatigués qu’elle lui montrait de plus en plus ces derniers temps.

▬ Tu t’débarrasseras pas de moi comme ça.

Du bout du pouce, elle effleura doucement le coin de ses lèvres en prenant soin de ne pas appuyer sur les points de sutures. Pendant quelques secondes, elle garda son geste en suspend, avant de se reprendre d’un coup et repasser sa main dans son dos pour mieux le soutenir et posa son pied sur la première marche de l’escalier ; encore trois étages, et on n’en parlait plus.
Ce fut évidemment laborieux, mais tant bien que mal, ils arrivèrent devant la porte du guitariste en un seul morceau –ce qui pouvait relever de l’exploit vu les conditions. Toujours en le soutenant d’un bras, Meera se pencha alors vers lui pour lui extirper doucement la clé des mains, et fit tourner l’objet métallique dans la serrure avant de pousser le battant de porte de son épaule libre pour ouvrir enfin l’accès à l’appartement tant convoité.
Quand ils entrèrent dans l’entrée, elle referma la porte derrière eux, et puisa dans ses dernières forces pour le guider jusqu’au lit –elle aurait bien visé le sofa, plus proche d’eux, mais il avait moins de chance de tomber par accident si elle l’installait directement sur le large matelas. Mais à quelques pas seulement du mobilier, l’une de ses chevilles lui fit finalement défaut et vrilla sous son poids –sous leurs poids– en lui arrachant une exclamation de surprise, la déséquilibrant suffisamment pour causer la chute finale : Romeo tombant dos au matelas et elle au-dessus de lui, s’étant réceptionnée sur les avant-bras et les genoux par réflexe pour éviter de lui tomber dessus.

▬ Putain de– elle grogna avant de tourner la tête pour aviser ses talons d’un air énervé et de s’en débarrasser d’un geste rageur une bonne fois pour toute. Ça va ? s’inquiéta-t-elle ensuite en tournant la tête vers lui –elle se doutait que la chute avait dû lui faire plus de mal que de bien vu comme le moindre mouvement lui tirait ou une grimace ou une plainte étouffée.

Elle pouvait sentir son souffle alcoolisé lui caresser le visage à chaque respiration, et de nouveau, pendant quelques secondes, elle se perdit dans son regard, s’efforçant de discerner le flou du net dans ses iris embrumées. Et sans même en prendre véritablement conscience, elle se sentit partir en avant, doucement, jusqu’à ce que leurs nez ne s’effleurent, que leurs lèvres se rencontrent, baiser léger et tremblotant comme les ailes d’un papillon. À quel point était-elle stupide pour se laisser attendrir autant par un abruti dans son genre, sérieusement ? C’était même plus de la compassion à ce stade là, c’était de l’envie. Et elle avait beau ne pas se sentir capable de s’abandonner à la folie d’Eros avec lui ce soir là –lequel des deux en était réellement capable en même temps ?– il n’empêchait qu’elle avait ce désir presque risible de le prendre dans ses bras, de l’embrasser sans aller plus loin que ça, de se blottir contre lui et noyer les vilaines sensations fantômes qui lui collaient à la peau dans la chaleur de ses bras.
Abrutie, va. T’as pas appris ta leçon avec Noah ?







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MessageSujet: Re: Meera ♦ Wanderers at night, they might combust. [NC - Âmes sensibles] [terminé]   Ven 30 Sep - 11:41


do you feel exposed?
let your feelings show
can I taste you, can I replace you?
i need to know
let's lose our minds
please stay with me
we're wasting time
why don't you believe me?

Wanderers at night, they might combust ❞

T’es qu’une putain de maladie incurable, Romeo. Tu penses trop — et de travers —, tu parles trop — et trop fort, pour ne jamais rien dire —, tu ris trop — pour retenir tes larmes, cacher tes fêlures, camoufler ta voix qui manque se briser sur chaque accroc, chaque hésitation. T’es un peu trop faux, mais c’est pas ta faute, pas vrai ? T’es qu’un putain de cancer ; t’es un d’ces gosses qu’on regarde avec de la pitié dans les yeux, un de ces mômes qu’on peut pas s’empêcher de vouloir protéger, même quand on sait qu’on va douiller, même quand on a déjà ramassé.
Tu blesses, tu casses, tu brises ; est-ce que tu t’en rends seulement compte, ou est-ce que ça aussi, tu l’égares entre shots et pilules ? Pire : est-ce que tu te rends seulement compte que c’est toi que t’écorches le plus, à défier le monde comme tu le fais ?

Silence ; le vide d’un instant, et puis sa main qui court dans ton dos, ses doigts qui s’attardent sur ton visage et te force à lever les yeux vers elle, à affronter son regard. T’es réticent, tu serres les dents : t’as la trouille de ce que tu pourrais y lire, dans ses prunelles. Le toucher délicat devrait te rassurer, pourtant : c’était comme une caresse, doux, tendre ; un peu comme si t’étais tout à coup pardonné. Alors, enfin, t’oses. T’acceptes de la regarder, t’acceptes de plonger dans ses iris, t’acceptes de manquer t’y noyer, t’acceptes le vertige qui te saisit à chaque fois que t’effleures la surface paisible de l’infini bleuté. T’acceptes d’être faible, quand c’est dans ses yeux que tu te perds. « Rom’...ta gueule, j’t’ai dit de la fermer jusqu’à ce qu’on arrive chez toi. Aux dernières nouvelles tu crèches ni dans l’entrée ni dans l’escalier. »
Remarque, ça ne te ferait peut-être pas de mal, une ou deux nuits dans le froid.
Mais ça, t’as déjà connu après tout, pas vrai ?

« Tu t’débarrasseras pas de moi comme ça. » Tu peux pas le réprimer : ce sourire, fugace, à peine dessiné, une ébauche dont on pourrait douter qu’elle ait jamais existé, mais qui a lui jusque dans tes yeux, qui a déchiré le brouillard des substances pour se nicher quelque part au fond de tes ambres, un instant ; juste assez longtemps pour être discernable à qui y prêtait attention.

Elle effleure ta lèvre, survole les sutures — c’est comme si ce toucher-papillon apaisait le tiraillement des blessures — et tes yeux dérivent sur son visage, jusque sur sa bouche — t’as envie d’y fondre, de t’y offrir, de t’y abandonner, mais tu sais que t’aurais mal, que tu pourrais peut-être pas vraiment. Et puis, aussi, ça tourne et retourne dans ta tête ; pas ce soir, pas ce soir. T’es pas certain de savoir te retenir si t’ouvres les hostilités ; pire : si elle y répond. Alors, encore, tu détournes le regard, tu te prends de fascination pour les murs délavés du bâtiment qui vous fait face, pour les boîtes aux lettres alignées sur la façade — ici, vous n’avez même pas le luxe de les avoir dans le hall, protégées des intempéries et des gamins qui improvisent un match de foot sur le parking, lesdites boîtes aux lettres en guise de but.
Peut-être qu’elle comprend — que certaines choses sont à éviter, que t’as pas encore vraiment dégrisé, que de toute façon, dans l’immédiat, elle n’obtiendra rien de toi qu’elle puisse vouloir, qu’elle puisse désirer, t’en sais rien, tu sais même plus ce que toi tu veux — parce qu’elle se ranime, elle retire sa main et redevient un soutien sur lequel t’essaies de ne pas trop t’appuyer — parce que t’as pas envie d’être un poids jusqu’au bout, putain.

Elle te soutient, elle te retient ; une marche après l’autre, chaque pas à la suite du précédent, encore un petit effort, et le 3 métallique, un peu rouillé, se dessine sur le mur. Vous y êtes arrivés. T’inspires, c’est douloureux, t’as comme l’impression qu’on a versé de l’acide dans tes poumons, et un peu partout dans ton corps — ça tire, ça lance, t’es comme déchiré puis recousu, cassé en morceaux, recollé par petits bouts. Elle te prend les clés des mains, elle ouvre la porte — et quiconque n’est pas fumeur serait pris à la gorge par l’odeur étouffante de tabac froid, sans même avoir besoin de franchir le seuil ; quiconque prêterait un peu plus d’attention au relent sentirait qu’il y a sans doute autre chose que ça, une autre effluve un peu plus diffuse, des drogues, dont t’emplis tes poumons, à défaut de te les injecter. Question d’envie — de praticité.

Ce sont quelques pas encore, en direction du lit — seul soutient sûr, après Meera en personne. C’aurait pu aller, se passer sans encombres, sans trop de casse ; une cheville cède et c’est la chute. Tu t’effondres, elle sur toi — une plainte étouffée manque franchir tes lèvres, tu te mords la langue pour l’énième fois. Putain, le mal de chien. T’as la sensation d’avoir été passé à la broyeuse — si seulement tu savais l’effet que ça fait, d’y passer vraiment. Pourtant, tu fais le fier, quand elle te regarde et qu’elle s’inquiète, quand elle lève les yeux vers toi et que c’est de ton cas qu’elle se soucie — tu donnes le change, parce qu’au fond, t’es bon qu’à ça, qu’à faire semblant. « ’connu pire. » tu lâches, un sourire au coin des lèvres. T’as surtout connu mieux, mais c’est suffisamment évident pour que t’aies la politesse de ne pas l’avouer.

Tu l’observes au dessus de toi ; encore, tu te perds dans son regard — t’arrives à le soutenir, cette fois-ci. Elle se penche dans ta direction et, l’espace de quelques secondes de trouble, tu ne comprends pas, tu ne réalises pas. Et puis, c’est le goût de ses lèvres, à peine un frôlement, mais tu sens le fil de ses pensées qui se joint au tien — t’es trop démonté pour saisir, pour discerner, cela dit. Alors, tu t’en fous, t’écoutes pas, t’essaies même pas d’entendre ; tes mains viennent cueillir son visage et se perdre dans ses cheveux, tu t’enivres du parfum trop lourd qui n’est pas le sien — l’un de ces parfums de coktails mondains, auxquels t’as jamais été, et auxquels t’iras jamais — et tu presses le baiser, sans trop t’en rendre compte, plus par instinct, par désir qu’autre chose. Ça te fait mal, mais tu t’en fous, parce que c’est Meera.

T’essaies de te redresser, t’essaies de la basculer, t’y arrives, même, dans une impulsion téméraire, dans un grincement de dents douloureux que t’étouffes au creux de son cou. A califourchon au dessus d’elle, tu t’es presque écroulé ; t’as le souffle court, comme si t’avais couru à en perdre haleine. T’aimes pas ça, t’aimes pas ne pas pouvoir t’emballer, t’aimes pas n’être bon qu’à ne plus bouger, à attendre et tourner aux painkillers. Ça te file la haine, de n’être pas tout à fait libre, parce que quelqu’un t’as jugé trop peu méritant pour avoir la paix, pour vivre comme tu l’entends. « C’t’enfoiré m’a fêlé une côte. » tu siffles entre tes dents serrées, explication à tes plaintes et grimaces affligées.
T’effleures ses lèvres, un instant, t’essaies d’y voir au travers du flou, des drogues et de l’éthanol, t’essaies de lui laisser lire autre chose que le maelström dérangé qui résonne dans ton crâne, sans sens, sans but. Ça ne fonctionne pas vraiment, parce que t’es toujours un peu ailleurs, pas tout à fait là — mais l’es-tu jamais vraiment ? Et puis, tu te redresses, lentement, avec mille précautions pour ne pas t’infliger de nouvelle douleur trop insupportable malgré ton équilibre précaire — de toute façon, ça recommence à tourner dans ta tête : pas ce soir, pas ce soir.

Assis, t’inspires sans trop bouger, le moins possible en tâchant de ne pas manquer d’air pour autant. Le moindre souffle un peu trop profond te lance, comme un choc électrique — ça te rappelle les points de côté, en plus douloureux et persistant. Faut croire que la douleur t’a adopté, et qu’elle te sied plutôt bien, Romeo. Tu fermes les yeux, tu réprimes à grand peine un bâillement — t’es crevé, tu ne rêves que de t’endormir, si possible de ne pas te réveiller, et pourtant, y’a Meera, et ça te tient éveillé. Peut-être parce que tu te sens coupable, et que t’as pas envie de la quitter tout de suite au profit du sommeil ? « Est-ce que… Mee, tu pourrais… ça te dérangerait de… fin… j’aurais rien contre un café pour dégriser… un peu… s'il te plaît…? » Tu lui lances un sourire en coin, hésitant, vacillant — t’as envie de gerber, putain.

Et puis, tu prends sur toi : tu serres les dents, tu te redresses. D’un appui précaire sur le lit, tu trouves un autre appui — précaire aussi — contre ton armoire. S’ensuivent le montant de la porte de la salle de bains, le mur, puis le lavabo. T’es pas tombé, t’as réussi à ne pas trop trébucher — peut-être que l’alcool commence à se dissiper, doucement. T’évites soigneusement de regarder ton reflet dans le miroir accroché à la porte du petit placard dont t’arrives à tourner le verrou après quelques essais infructueux, les mains moites, les doigts glissants.
C’est quand tu peines à lire les noms des cachets génériques sur les boîtes que tu te rends compte que, non, t’as pas encore dégrisé — t’y vois beaucoup trop flou pour ça. Finalement, t’y arrives : tu trouves la boîte d’antidouleurs. Pas ceux, plus puissants, que l’on t’a prescrits, mais d’autres, plus communs et disponibles pour tous — peu efficaces, aussi, mais c’est déjà ça. T’en sors un, tu l’avales à grandes gorgées d’eau, et puis, enfin, t’oses te regarder. T’avais quand même meilleure mine ce matin, avant de sortir et de te mettre minable. Maintenant, ton oeil au beurre noir donne l’illusion d’être plus étendu encore, par la faute aux cernes qui soulignent ton regard — terne, éteint, trouble et lointain. T’as le teint livide, l’air las, épuisé, bouffé par le monde, mais c’est juste l’héroïne que tu t’es injectée à coup d’aiguille venue de mains inconnues qui est en train de te ronger. T’as l’air con, comme ça, au bout de ta vie à même pas vingt ans.

Tu restes là, planté comme un abruti, occupé à fixer ton reflet dans le miroir, à le juger d’un regard un peu trop noir, lourd de reproches, de rancoeur et de dégoût. Tu te hais, pas vrai ? Tu hais ce que t’es, ce que tu fais, le mal que tu causes aux autres, à ceux qui t’aiment ; parce qu’il y en a et, dans le fond, même toi tu le sais.
De toute façon, pour te bousiller comme tu le fais, tu ne t'es jamais trop aimé, hein ?

Tu siffles entre tes dents, et tu te rends compte un instant trop tard du geste rageur que t’as eu à ton propre égard : sang sous les ongles, bras déjà sanguinolent des blessures de guerre rouvertes. « Putain. » Tu trembles. Tu trembles en observant ces plaies que tu t’infliges à toi-même, ces griffures provoquées par tes démons, ceux qui t’agrippent, te prennent à la gorge, t’étouffent et te lacèrent ; tu trembles en observant les estafilades carmin qui s’écoulent lentement sur ton poignet et s’en vont éclater en fines gouttelettes vives sur la céramique jusque là restée d’ivoire. Tu ne songes plus à Meera, qui pourrait surgir et surprendre ce que t’essaies tant bien bien que mal de camoufler aux yeux du monde — ce qu’elle sait, mais pas comme ça, pas comme ça. A vrai dire, t’as presque oublié sa présence dans l’appartement : t’es déjà loin, parti, l’esprit ailleurs, en sommeil. Comme chaque fois que l’envie de te faire du mal prend le pas sur la raison. C’est maladif, inéluctable — c’est ta façon à toi te tenir le coup, de survivre, de résister.
Et tu te hais pour ça.


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MessageSujet: Re: Meera ♦ Wanderers at night, they might combust. [NC - Âmes sensibles] [terminé]   Sam 1 Oct - 19:44

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Elle avait pourtant juré de ne plus jamais se laisser perdre dans les yeux de quelqu’un au point d’en perdre toute raison. Elle l’avait décidé deux ans auparavant : c’était Saul et personne d’autre, question de survie. Parce qu’en bonne orpheline en mal d’amour qu’elle avait toujours été, elle quand elle aimait, c’était toujours trop. Et quiconque pouvait prendre tant de place dans son coeur pouvait la faire tomber avec autant de simplicité que de donner une pichenette à la base d’un château de carte. Elle l’avait vécu avec Noah, puis avec Saul avec l’accident, et elle ne s’en était toujours pas remise. Alors elle s’était juré de faire une croix dessus.
Alors bon sang, pourquoi fallait-il qu’elle se sente aussi fébrile chaque fois qu’il la regardait comme ça, que leurs peau se frôlaient, que son odeur lui montait à la tête ? Pourquoi fallait-il qu’elle se sente trembler et perdre la tête quand il passa ses mains dans ses cheveux et approfondit le baiser au point qu’elle sente le léger goût métallique de ses points de sutures ? J’peux pas, pas ce soir, elle lui avait dit, mais putain, s’il continuait elle était capable de s’y abandonner malgré tout, quitte à le regretter deux fois plus après-coup.

C’était un tableau bien triste ; lui écroulé sur elle –il avait fait basculer leurs positions entre deux grincements de douleur, et troublée comme elle était, elle n’avait émis aucune résistance– deux esprits fracassés qui cherchent à combler les vides avec du vent, qui font les fiers mais s’abandonnent à la première tendresse jusqu’à en perdre leur souffle ; deux corps au bout du rouleau aussi, parce que quand ça n’allait pas là-haut, il finissait toujours par arriver un moment où le corps ne suivait plus.
Elle n’essayait même pas de comprendre ces pensées autres qui venaient parasiter les siennes ; la brume de l’éthanol et de tout le reste les rendaient indéchiffrables de toute façon. Elle ne se concentrait que sur ce qu’elle pouvait ressentir : ses mains contre sa peau, son souffle saccadé sur ses lèvres, sa voix cassée à son oreille et la chaleur de son corps contre le sien –il était brûlant, mais elle était frigorifiée dans sa robe trop courte, alors tant pis, tant mieux, elle pouvait bien brûler aussi qu’elle ne s’en rendrait pas compte ce soir là.

▬ C’t’enfoiré m’a fêlé une côte. Sifflement de haine qui la fit frissonner.

Elle grinça des dents, cherchant à imaginer la douleur qu’il pouvait ressentir avant d’abandonner trois secondes plus tard, car elle ne s’était jamais rien cassé de sa vie malgré son côté casse-cou et son goût de l’adrénaline, alors elle pouvait pas imaginer. Et puis il l’embrassa encore et elle se sentit perdre pied une nouvelle fois –c’était peut-être son haleine chargée d’alcool et de drogues qui lui tournait la tête, mais elle en doutait, elle était pas encore complètement conne non plus.
Romeo se redressa alors, avec milles précautions, et elle mit quelques instants à son tour pour se redresser, le temps de reprendre son souffle, de laisser à son palpitant quelques secondes de répit –de réajuster sa robe qui était remontée sur ses cuisses aussi. Pas ce soir, c’était mieux comme ça.

▬ Est-ce que… (elle se redressa sur les coudes avant de s’asseoir sur le matelas, et croisa les bras sur sa poitrine comme pour ne pas laisser sa chaleur d’évaporer.) Mee, tu pourrais… ça te dérangerait de… fin… j’aurais rien contre un café pour dégriser… un peu… s'il te plaît…?

▬ Ouais, souffla-t-elle du bout des lèvres après une seconde de flottement, pas d’problème…

Silencieusement, elle l’observa se lever et se diriger vers la salle de bain, et quand elle eu l’assurance qu’il était capable de tenir sur ses pieds sans son aide, elle quitta à son tour le lit pour se diriger vers la cuisine et mit la cafetière en route après l’avoir remplie. Pendant que la boisson se préparait toute seule, elle lança un coup d’oeil derrière son épaule pour s’assurer que Romeo était bien dans la salle de bain, et en profita pour sortir les billets glissés dans son bustier plus tôt dans la soirée pour les compter.
200 dollars.
200 dollars de « pourboire » putain.
Il y avait des gens capables de claquer 200 dollars pour s’assurer les faveurs d’une pute, quand elle devait parfois se forcer à tenir un mois avec cette même somme pour être certaine d’avoir de quoi payer l’hôpital.
Ça la rendait malade un tel foutage de gueule.

Dans un geste presque rageur, elle rangea les billets froissés dans son petit sac où dormait déjà le reste de ce que la soirée lui avait rapporté –d’un coup elle réalisa l’importance de la somme qu’elle trimballait en liquide sur elle, et l’angoisse la saisit à la gorge. Impossible de rentrer chez elle de nuit comme ça, seule, dans cette tenue, dans cet état, sans rien pour se défendre, et avec presque 1000 dollars sur elle. Elle connaissait les rues d’Hiawatha, les avait déjà parcourues après le coucher du soleil, mais jamais dans de telles conditions ; elle aimait le risque, mais pas celui-là, parce qu’elle avait grandit avec ces avertissements en tête, et qu’elle avait beau trouver scandaleux qu’une fille ne puisse pas rentrer chez elle seule le soir sans risquer de se faire attraper par le premier connard venu, le risque existait, tristement, et elle préférait s’en protéger plutôt que de faire la fière et pleurer après.
Elle allait devoir passer la nuit ici, sans avoir prit ses cachets, et avec un Romeo déchiré sur les bras. Le seul point positif peut-être, était qu’au moins elle pourrait veiller sur lui au cas où. D’ailleurs, en parlant de lui, elle réalisa qu’il n’y avait plus de bruit dans la salle de bain. Rapidement, elle éteignit la cafetière et se dirigea vers la salle d’eau pour finalement trouver l’adolescent crispé au dessus du lavabo, tremblant. Son coeur se remit à cogner plus fort dans sa poitrine.

▬ Romeo ?

À pas lents, elle avança vers lui et posa une main entre ses omoplates avant de se pencher pour voir ce qu’il faisait. Et curieusement, malgré l’état de fatigue physique et émotionnelle dans laquelle elle se trouvait, elle ne broncha pas à la vue de l’écarlate sur le blanc de sa peau et du lavabo. Elle garda son calme dès qu’elle remarqua que les dégâts n’étaient pas trop graves. Juste de vieilles blessures ouvertes, rien de trop dangereux. Alors toujours sans le brusquer, mais fermement pour qu’il obéisse, elle se saisit d’une serviette pour couvrir son bras et empêcher de mettre du sang partout et vint saisir son poignet pour le traîner à sa suite dans le salon, en prenant garde à ce qu’il ne trébuche pas, et le fit s’asseoir sur le canapé.

▬ Tiens ça comme ça, fit-elle en lui montrant comment appuyer sur la plaie pour endiguer l’écoulement. J’reviens tout de suite.

Et elle retourna dans la salle de bain pour fouiller les placards, à la recherche du nécessaire pour s’occuper de sa blessure –à défaut, si elle ne trouvait pas, elle s’arrangerait pour faire ça à la dure,  un fond de vodka pour désinfectant et un bout de tissu plongé dans l’eau bouillante au préalable pour bandage. Heureusement pour lui, elle trouva rapidement la petite boîte où tout ce qu’il lui fallait était rangé, et elle s’en retourna à ses côtés.

▬ Donne ta main, dit-elle, toujours d’un ton calme, un peu fatigué mais posé.

Délicatement, elle s’affaira à nettoyer la plaie, la désinfecter, la panser d’un bandage un peu maladroit parce qu’elle n’était pas infirmière et qu’elle n’avait jamais vraiment fait ça avant –c’était plus intuitif qu’autre chose. Cela dura quelques minutes –à vrai dire elle avait arrêté de les compter depuis qu’ils étaient entrés dans l’appartement– et quand elle fut certaine que le tout tenait bien, elle s’assit sur la petite table face au sofa en poussant un soupir fatigué.

▬ J’suis pas une experte mais ça devrait bien tenir si tu forces pas trop… –il fallait comprendre « t'as intérêt à pas déconner », bien sûr mais encore une fois, elle doutait qu'il soit en état de l'entendre.

Son regard parcourut brièvement le corps de Romeo quand une pensée se fraya soudain un chemin dans son esprit. Une côté fêlée, faut avoir enduré combien de coups pour en arriver là ? Elle n’attendit pas que la réponse lui tombe du ciel pour le savoir, et se releva donc en se penchant sur lui pour défaire sa chemise et constater les dégâts par elle-même. Elle grimaça alors, en découvrant les hématomes énormes, presque noirs qui s’étalaient à la surface de son épiderme.

▬ Putain mais…

Sur quel genre de taré t’es tombé pour te faire arranger comme ça ? Avec autant de précautions que s’il avait été fait de cristal, Meera approcha sa main pour la poser délicatement sur son torse et parcourir du bout des doigts les traces violettes, sans jamais appuyer vraiment, dans un un étrange mélange de fascination et de répulsion.

▬ T’as pas... de la crème ou n’importe quoi pour... ça ?

Aide-moi à t’aider s’il te plaît.







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Meera ♦ Wanderers at night, they might combust. [NC - Âmes sensibles] [terminé]
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