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 Daemon ♦ Welcome to the masquerade.

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Paris-Brest crémeux
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MessageSujet: Daemon ♦ Welcome to the masquerade.   Sam 23 Juil - 19:20

Welcome to the
masquerade
ft. Daemon S. Merryfall

Les dernières notes résonnent dans l’air, se meurent en un souffle.
Il n’y a pas le temps du moindre silence, les applaudissements fendent l’air, les sifflements retentissent au milieu de la foule compacte, amassée au pied de l’estrade. On distingue à peine les silhouettes, dans l’obscurité qui s’est tout à coup abattue sur la pièce entière — sourire ravi, souffle court, mains tremblantes au dessus des cordes, tu vibres comme s’agite votre public. Ton médiator t’échappe — maladresse naturelle, excitation qui rend tes mains moites. Dans la pénombre, tu peines à le retrouver, il n’y a rien d’autre sous tes doigts que les planches de la scène de bois, aussi tu abandonnes. L’éclat des ampoules se ravive, et tu le retrouves, au pied de ton micro. Guitare posée contre l’une des enceintes, tu récupères la bouteille posée là pour y boire et éclaircir ta voix, tu prends le temps d’adresser quelques mots à tes amis, ne serait-ce qu’une remarque enjouée sur le concert de ce soir — t’es heureux, et ça se voit.

Dans votre dos, les applaudissements ne se taisent pas. Les plus enflammés clament vos noms, des titres qu’ils veulent entendre. Un dernier retour, quelques minutes encore pour s’égosiller avec vous — la soirée est déjà bien avancée, les esprits déjà embrasés par l’alcool, vos déhanchés sur scène plaisent et, si tu croises souvent les regards des femmes qui s’attardent sur toi et t’amusent, tu ne peux t’empêcher de grincer des dents à l’égard de ces hommes dont les yeux ne cessent de courir sur le corps d’Olympe, de Meera. Tu sais les pensées qu’ils ont — parce que tu les as eues avant eux — et tu les détestes pour le désir qui triomphe dans leurs pupilles affamées.
Soupir consterné réprimé, tu regardes plus haut, en direction de tes camarades, pour réclamer leur approbation silencieuse — on continue ? Hochements de tête discernés, sourires capturés, tu te lèves de cette malle — celle qui sert à ranger les enceintes — sur laquelle tu t’étais assis un peu plus tôt et, médiator entre les lèvres, tu replaces soigneusement ta guitare sur ton épaule. Il y a de nouvelles acclamations — voix éraillées, toux étouffées. « Allez, juste pour vous ! » Tu ris, et la salle s’enflamme. Petit comité, espace réduit et mauvaise acoustique, la populace du bar met le feu sur vos sons chaque soir que vous vous produisez ici, et ce depuis les premières prestations données — quand tu n’avais pas encore dix-huit ans, et que le trac te rendait malade avant chaque concert — alors, souvent, tu te surprends à imaginer ; ce que ce pourrait être, sur une véritable scène. Un jour, peut-être, t’y crois, t’en rêves, t’espères à en crever.

Un instant, des bribes te reviennent à la mémoire —
un poids pour le groupe
clairement aucune chance

Inspire ; oublie.

Accords assurés, tu esquisses un geste en direction de tes amis lorsque, pendant que tu balayes la salle du regard, tes yeux accrochent une tignasse vive, familière, même sous l’éclairage tamisé de l’établissement. Tu ne t’y serais peut-être pas attardé plus longtemps, si tu n’avais pas croisé les prunelles à l’air sanguines — c’est pire encore sous ces projecteurs-ci. Léger signe de tête, presque imperceptible — tu te demandes : depuis combien de temps est-il ici ? —, ombre d’un rictus au coin des lèvres, et tu te détournes. C’est un regard en direction d’Ethan ; un, deux, trois, quatre, et tu te lances, sous la clameur de votre public grisé par l’éthanol et la chaleur ambiante, lourde et presque étouffante. Enivrante.
Pour la dernière fois ce soir, ton médiator griffe les cordes de ton instrument, pour la dernière fois ce soir, ta voix s’élève au milieu du tumulte et celle d'Olympe s'y mêle, s'y enlace, et la symbiose embrase l’habile balance de la batterie et du synthétiseur, le juste équilibre entre la basse et les guitares ; pour la dernière fois ce soir, t’existes, t’es vivant, t’es heureux. Tu lis tes propres paroles sur les labres des spectateurs qui s’agitent, leur verre à la main et les yeux sur vous ; t’es dans ton monde, t’es à dix mille et ça n’est même pas la faute à la drogue — t’es sobre, t’es clean (presque ; l'aiguille a percé ta peau avant que tu ne quittes ton appartement au profit du bar) ; chose rare, il est vrai.

Tu cherches les prunelles des femmes, tu joues de ta tendance à la séduction pour souffler sur les braises de leurs envies, pour en faire passion dévorante ; elles vibrent et elles chantent, et c’est tout ce qui compte. Tu lèves les yeux, et c’est le regard de Meera que tu croises ; fin malicieux, fripon à tes heures perdues, tu t’approches, d’un peu trop près — autant que tu peux te le permettre. Lorsque ta voix s’éteint, tu ris en silence ; lorsque les dernières notes éclatent puis se meurent dans l’air encore électrique, tu te penches pour venir déposer tes lèvres dans le cou de la bassiste — façon comme une autre de préciser chasse gardée à ceux qui espéraient l’accoster au sortir du concert.

Tu t’écartes avant de risquer un coup — c’est un doigt d’honneur qui te fait face, au lieu de quoi, et ne fait qu’élargir plus encore ton sourire ravi —, les yeux pétillants de cette espièglerie insouciante que l’on retient souvent à ton sujet — détail marquant — et tu laisses Olympe remercier le public, comme à l’accoutumée, pendant que toi tu débranches les prises des enceintes et ranges soigneusement ton instrument dans sa housse. « M’attendez pas si vous filez » tu lances à la cantonade, sans plus de précisions que nécessaire. Ceci fait, tu descends de l’estrade d’un bond léger, et tu sillonnes au milieu de la foule, sous les regards et les félicitations exaltées — les haleines alcoolisées — pour rallier le bar et te hisser sur l’une des chaises voisines à la tignasse rousse remarquée, un peu plus tôt. « Tiens, Daemon, j’savais pas que tu traînais par ici. J’pensais que tu préférais les coins plus huppés que ça. » Tu lui adresses un regard en biais, ce petit rictus presque agaçant au bord des lèvres. T'as encore le souffle court, t'as toujours les mains qui tremblent, l'excitation et le bonheur au fond des yeux. Même repenser à ces coins huppés, que t’aimais tant autrefois ; que tu ne supportes plus désormais n'entame pas ta fébrilité, tes airs de gamin ravi.

Le barman s’approche, t’adresse son air des bons jours — ou des bons soirs, en l’occurence. « Je te sers la même chose que d’habitude ? » Tu te fais un peu plus penaud, quémandeur sans vraiment l’être, ça n’est rien d’autre que comédie d’un instant, répétée mille fois déjà — t’as toujours ce ton de raillerie au fond de la gorge. « Ça dépend, tu me fais crédit ? » Tu fais souvent crédit, Romeo. « Ça dépend, le patron il te paie quand ? » Tu lèves les yeux en direction de Daemon, tu l’observes sans vraiment le voir, comme si c’était dans ses iris auburn que tu trouverais l’ébauche de ta réponse. Tu comptes mentalement en jouant sans y prendre vraiment garde avec ton bracelet de force en cuir, les jours au bout des lèvres, les chiffres au bout des doigts. « Mercredi. » Le plus ironique sans doute, c’est qu’une bonne partie reviendra au Merryfall à tes côtés. Parler de ton argent quand il est là, ça te ferait presque grincer des dents.

« Marché conclu. » Il se détourne et, pendant qu’il verse un habile mélange de vodka, citron et curaçao dans un verre — tu n'as jamais été très honnête sur ton âge, fausses preuves à l'appui de ton mensonge éhonté —, tu appuies nonchalamment ton menton dans la paume de ta main, pour regarder ton camarade de manière un peu plus franche. « Alors, qu’est-ce qui t’amène dans les bas quartiers de la déprave ? J’suis curieux. » T’exagères, un peu. Ici n’est pas plus minable qu’ailleurs ; on retrouve toujours les mêmes dans les bars, où que l’on aille. Les ponctuels, les habitués, les présents qui ne boivent jamais, et ceux qui se sentent pousser des ailes à se rendre ivre à chaque occasion — toi, t’es un peu de ceux-là ; mais jamais ici. Tu tiens à tes concerts, et l’on t’a bien fait comprendre que te mettre la misère entre les quatre murs de ton lieu de travail, c’était aussi signer la rupture du contrat.
Autant le dire franchement : tu n’as jamais été tenté de vérifier la véracité de l’avertissement.
We've got the fire,
who's got the matches ?
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MessageSujet: Re: Daemon ♦ Welcome to the masquerade.   Lun 3 Oct - 16:59


This night no longer shines
Welcome to the masquerade
Our lawyer made us change the name of this song so we wouldn't get sued #Romeo
Trois pas.
Il avance tranquillement, s’improvisant maître de la nuit et du temps. Maître de cette Lune à l’éclat farouche et de la vie d’un autre. Les mains jointes derrière le dos, le rouquin marche en laissant ses pensées vagabonder si loin qu’il en oublie presque la raison de sa présence dans ce boyau étroit de la ville.
Il sait qu’il n’a pas à se presser, ce soir.

Deux pas.
D’une ruelle parallèle lui parvient un clapotis insistant ; des gouttes d’eau tombant d’un chéneau, sans doute abîmé, que la pluie récente avait fait déborder. C’était un bruit irrégulier mais pourtant entêtant. Il ferme les yeux pour se concentrer un instant dessus, tentant à chaque fois de prédire à quel moment résonnerait ce petit ploc bien distinct. Pour son plus grand plaisir, il était à chaque fois surpris. Voilà quelque chose de distrayant – quelque chose qu’il ne contrôlait aucunement.
Ce son si simple, si familier, lui prouvait qu’il avait encore un univers entier à conquérir. Cette nuit n’était qu’une étape insignifiante sur son chemin.

Un pas.
Il rouvre les paupières et fixe une poubelle abandonnée, juste devant lui. Elle semble étrangement animée. Comment un sac poubelle peut-il gigoter ?
Poussé par une étrange impulsion – encore une –, il donne un coup de pied dans la benne. Rien de bien violent, juste de quoi effrayer le chat sauvage qui y cherchait pitance. Celui-ci surgit d’un bond en miaulant d’indignation, avant de détaler sans demander son reste.

Daemon sent son acolyte – une recrue récente – tressaillir derrière lui en voyant l’animal, en retenant tout juste un cri. Bien, pense-t-il. Je peux peut-être tirer quelque chose de celui-là. Il n’avait pas cédé à la surprise. L’idéal aurait été qu’il anticipe son action, bien sûr, voire qu’il donne le coup à sa place. Mais les pions neufs d’une telle qualité étaient rares. C’est bien pour cela que le dealer veillait plus particulièrement sur eux. Parce qu’ils étaient utiles, bien sûr, les plus utiles même. Mais aussi parce qu’ils seraient les plus dangereux, s’ils venaient à le trahir.
Garde la tour près de toi, et le fou encore plus près. On pouvait tout à fait rationnaliser les règles du jeu d’échec.

Mais l’attention de Daemon est rapidement détournée, attirée par un faible râle qui résonne lorsque le chat passe comme une furie le croisement le plus proche.
Un sourire retors arque ses lèvres. Sa proie était juste là.
Arrivé à l’intersection, il s’arrête et pivote de quatre-vingt-dix degrés.
Une personne à peu près normale aurait été horrifiée par le tableau qui s’offrait à ses yeux. Mais pour lui, c’était digne des plus grands artistes.

Contre un mur était appuyé un homme d’environ vingt-cinq ans, assis à même le sol, la bouche ouverte et les yeux à moitiés clos. Il tenait dans une main une photo sur laquelle on distinguait, entre les tâches vermeilles, une jeune femme tenant un bébé ; de l’autre il se tenait le ventre, dans une vaine tentative pour compresser ses plaies.
Dans cette nuit pâle, à l’ombre des bâtiments, on distinguait à peine la longue traînée de sang qui parcourait l’asphalte. L’homme s’était montré courageux : il avait parcouru une sacrée distance, compte tenu de ses blessures. Mais maintenant il avait perdu énormément de sang, et à en juger par son expression, n’avait plus la force de fuir. Tout était fini, le pauvre homme en avait conscience ; alors il avait voulu contempler une dernière fois le sourire des êtres qui lui étaient le plus cher. Il offrait désormais son visage au rectangle de voûte céleste qu’il pouvait voir entre les toits des immeubles. Une raie de crépuscule l’éclairait. Outre la fatigue et la douleur, on pouvait distinguer sur ses traits des remords, de la peine, de l’amertume ; tout ce qui rendait les derniers instants d’un humain mort trop jeune sublimes.
Daemon contempla l’ensemble un instant, dans le silence que troublaient uniquement des plic et des ploc imprévisibles. Et il éprouva, c’est vrai, une certaine émotion : de la satisfaction morbide.

Le blessé grimaça soudainement, et sa tête roula sur le côté comme s’il n’avait plus la force de la tenir. Il remarqua alors la présence des deux hommes, mais ne les reconnut pas tout de suite. Le Merryfall vit une lueur d’espoir s’allumer dans ses pupilles que la mort commençait déjà à recouvrir de son voile. « Aidez-moi… » Implora-t-il faiblement, et Daemon ne put retenir un rire aérien. Il se rapprocha ensuite et s’accroupit près de lui, un masque de fausse compassion sur le visage et un amusement cruel brillant dans ses iris. « Mais avec plaisir. Je vais abréger tes souffrances. », répondit-il.
L’horreur qui peignit lentement les traits de son interlocuteur ne fit qu’accentuer sa joie. « Da-Daemon… » L'intéressé répondit avec un large sourire « En personne. Je t’ai manqué, Nick ? »

Visiblement non, si le dealer en jugeait par la terreur qui se dégageait maintenant de lui. Mais Nick avait encore la tête bien vissée sur les épaules. Il eut le réflexe de barbouiller la photo de sang puis de la chiffonner nerveusement, espérant sans doute protéger sa famille avec ses dernières forces. En le voyant faire, le sourire de Daemon s’accentua. « Comment, tu ne veux pas me montrer ta petite amie et ton garçon ? » Il prit un air pensif « Sidney et Jeremiah, c’est ça ? Si j’ai bonne mémoire, ils devaient recevoir de la visite… » Coup d’œil rapide à sa montre « Il y a une demi-heure. »
Son vis-à-vis comprit tout de suite le sous-entendu. Il sembla tout d’abord abasourdi, puis épouvanté, et enfin ses prunelles se remplirent de haine. « Laisse-les, ils n’ont rien à voir… » Il fut pris d’une quinte de toux en plein milieu de sa phrase, se pencha vers l’avant et toussa un peu de sang. Daemon posa une main sur son dos, comme s’il s’inquiétait réellement pour lui. « Oh oh, doucement. Ne vas pas mourir avant d’avoir reçu mon autorisation, Nick. » Soupir exagéré. « Je connais le refrain. Ne touche pas à ceux que j’aime sinon tu vas le payer cher, je me vengerai, bla bla bla… » Il secoua la tête avec consternation « Vous oubliez tous qu’une fois mort, on ne représente plus aucun danger. Et pour ton information, je ne crains pas les fantômes. »

Chaque mot qu’il prononçait ne faisait qu’attiser la haine du mourant. Le roux le voyait bien, mais ça ne faisait qu’ajouter à son plaisir vicieux.
Il décolla lentement la main de son dos, puis la porta jusqu’à sa tête. Là il lui empoigna les cheveux et ramena la tête de Nick contre le mur sans aucune délicatesse. Daemon se rapprocha ensuite. La mascarade était terminée : désormais, il montrait son vrai visage. « Désolé de te le dire, mais tu ne peux t’en prendre qu’à toi-même. Tu savais qu’en contactant la police, ce n’était pas uniquement ta vie que tu jouais. » Son portable vibra alors dans sa poche. Il le sortit pour consulter le message reçu, et se fendit d’un sourire carnassier. « Tu voulais voir une photo de ta famille, non ? Alors ça devrait te plaire. » Dit-il avant de lui mettre l’écran juste en face des yeux, pour être sûr qu’il puisse voir chaque détail.
Nick écarquilla les yeux. « Non… » Une première larme coula sur sa joue poisseuse. « Non, non… » Il ferma les yeux et se mit à sangloter faiblement, désormais aussi brisé de l’intérieur que de l’extérieur. Et Daemon, lui, jubilait de plus belle.

« Voyons, ne sois pas si triste. » Le voilà qui feignait encore la compassion. « Tu les reverra bientôt. » Sur ces mots il rangea son portable et se leva. Puis il tendit la main vers son larbin du soir, qui semblait sur le point de vomir mais prit sur lui pour tendre son arme.
Le chef de cartel la braqua sur Nick. « C’est dommage, Nick. » Souffla-t-il doucement. On aurait pu croire, à sa voix, que son chagrin était véritable. « Si tu n’avais pas essayé de jouer au plus malin avec moi, tu aurais encore un avenir. » Mais son faciès était vide d’émotion, et dans ses yeux dansait un éclat dangereux. « Adieu. »
Et sans l’ombre d’une hésitation, il appuya sur la détente.

Une fois la besogne accomplie, il lança l’arme au garçon derrière lui. « Nettoie-moi tout ça rapidement. Je veux que toutes les traces disparaissent. » Son sérieux effraya sans doute le nouveau, qui eut l’air encore plus mal à l’aise. « Oui patron. » Daemon hocha la tête avec un sourire satisfait puis s’éloigna, comme si de rien n’était.
Son pas était tranquille, et peut-être même, légèrement sautillant. Il leva le nez. C’était décidément une belle nuit.

Il déambula un moment sans but, profitant simplement de l’air frais et de sa bonne humeur. Finalement, ses pas le menèrent devant un bar des bas-quartiers – pas si miteux que ça, mais il avait des valeurs peu communes. Daemon contempla un instant la porte, l’enseigne, les néons aveuglants. De l’intérieur s’échappait une musique rock et des acclamations ardentes. L’ambiance était à la fête, ici. Cela lui plaisait bien. Et puis un peu d’alcool, ce serait parfait pour parachever sa soirée. Sans réfléchir plus que ça, il se jeta dans la foule de jeunes venus prendre du bon temps.

De l'extérieur, il pouvait entendre distinctement les accords effrénés et la voix légèrement éraillée qu’ils portaient. Tout en profitant de la musique, il parcourut la salle du regard ; presque tous les clients étaient regroupés près de la scène, tels des groupies prêts à se marcher dessus pour voir leur artiste favori de plus près et avoir ne serait-ce qu’une chance de l’effleurer – ou des papillons attirés par la seule source de lumière. Inintéressants. Sans plus s’attarder sur la foule, Daemon leva légèrement les yeux pour mieux voir les artistes.
Il n’y crut pas tout de suite. Le rouquin regarda longuement le chanteur, en haussant succinctement les sourcils.
Finalement, un sourire en coin naquit sur ses lèvres.
Voilà qui pourrait être intéressant.

Sans plus s’attarder, il se dirigea vers le bar et commanda un verre de leur meilleur whisky. Le Merryfall se tourna ensuite vers la scène, posa le coude sur le comptoir et la tête au creux de sa paume, en attendant un regard, un signe – tout ce qui indiquerait que le chanteur l’avait remarqué.
Ce n’était peut-être pas pour maintenant, mais il doutait qu’un client aussi fidèle que Romeo ne le reconnaisse pas.

En attendant, tout en savourant son whisky, il se livra à l’une de ses occupations favorites : l’observation.
Le jeune musicien semblait parfaitement dans son élément. Il aimait la musique, l’ambiance, les acclamations de la foule, son groupe. Chaque mot chanté était pour lui une bouffée d’oxygène ; chaque note égrenée, une goutte d’eau en plein désert. Et par-delà la fièvre de l’instant présent, on distinguait des rêves de grandeur – de l’ambition. Etonnant. Ils étaient rares, les clients qui n’avaient pas encore vendu leur avenir pour une dose de plaisir éphémère. Une braise de curiosité flamboya dans son esprit : combien de temps encore allait-il s’accrocher ? Allait-il, comme tant d’autres avant lui, baisser les bras et se transformer en simple coquille ? Se laisser détruire par les opiacés qu’il consommait ? Ou bien sa volonté serait-elle assez forte pour l’en empêcher ?
Il se demanda aussi à quand remontait sa dernière prise, et s’il tiendrait tout le concert. Ç’aurait été si drôle, de le voir lutter contre un manque viscéral sous des dizaines de paires d’yeux lui implorant une autre chanson – moins drôle que de voir ses rêves s’effacer à grands coups de dope, certes. Mais Daemon aurait quand même apprécié le spectacle.

A la place, un signe de tête à peine perceptible lui confirme que Romeo l’a vu. Il y répond sans se départir de son sourire.

Quelques minutes plus tard, le guitariste salue son public et son groupe et traverse la foule en délire pour s’asseoir à côté de lui, tandis qu’il se remet face au comptoir. Son commentaire tire un haussement d’épaules à Daemon. « J’aime prouver aux autres qu’ils ont tort de croire. Surtout en ce qui me concerne. »
Leur conversation est abrégée par le barman, qui s’adresse à la star du soir. Le roux note rapidement l’information – mercredi –, en se disant qu’ils pourraient bien se revoir bientôt – dans des circonstances plus habituelles. Il en profite aussi pour commander un autre verre.

Ce fut encore Romeo qui prit la parole en premier. Sa question l’amusa : si ce quartier était synonyme de débauche, alors il y avait sa place. Son client devrait le savoir. Mais au lieu de citer l’évidence, le jeune homme inclina la tête en empruntant une mine pensive. « C’est vrai, ça, qu’est-ce que je fais ici ? Je n’ai aucun business dans le coin. » Il coula un regard en coin vers son interlocuteur. « Pas ce soir, du moins. » Ce soir il n’était pas venu pour faire du deal, non.

Il décolla les coudes du plan en bois pour se redresser. « A vrai dire, j’ai assez travaillé pour aujourd’hui. » Il se tourna alors vers le brun. « Et je comptais m’en aller après le premier verre, mais te voir sur scène m’a assez surpris pour que je m’attarde. Ce fut une découverte agréable. » Sur ces mots il le gratifia d’un large sourire, et leva son verre en son honneur. A toi, et à ton succès.
Ironique, venant de sa part. Un dealer n’apporte rien de bénéfique à ceux qui consomment ses produits.
D’un autre côté, s’il se contentait de l’inciter à s’autodétruire, la partie serait trop facile.

Une gorgée plus tard, il continua sur sa lancée. « Alors vous comptez rester de simples amateurs qui se produisent dans les bars pour le fun, ou bien est-ce que vous visez la jungle qu’est l’industrie du disque ? »
Daemon connaissait déjà la réponse ; il l’avait bien sentie, au fil des chansons. Senti sa passion. Mais autant l’entendre de sa bouche.

(c)Kingyo pour Bunny ♥




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MessageSujet: Re: Daemon ♦ Welcome to the masquerade.   Sam 18 Fév - 20:52

Welcome to the
masquerade
ft. Daemon S. Merryfall

Le serveur dépose ton verre sur le comptoir, et tu lui adresses un sourire reconnaissant en t’en saisissant, te désaltérant sitôt d’une infime gorgée de Blue Lagoon. L’une des rares boissons alcoolisées qui ne te fassent pas grimacer, à dire vrai — et c’est plutôt ironique, quand on a déjà eu vent de tes consommations, bien trop élevées pour ne pas être déjà en train de te bouffer le foie à grandes bouchées affamées. Tu bois même seul, c’est pour dire ; et tu ne sais plus quand est-ce que t’as commencé. C’était sûrement une de ces fois où, après trop de jours passés dans les rues, avec on ne sait trop quelles mauvaises fréquentations, trop de soirs écoulés comme coulait l’alcool dans les verres, ceux qui te permettaient d’oublier, le retour à la réalité t’a paru un peu trop douloureux. Plus amer, plus difficile que d’habitude, t’avais l’impression de manquer d’un truc, sans doute ; d’autre chose que d’héroïne, s’entend. Alors t’as bu, seul, en te disant que ce serait juste une fois, celle-là, qui te faisait un peu trop mal. Une fois, une seule — mais t’avais déjà dit ça pour la drogue, tu te souviens ?

T’es déjà loin, le souffle encore court de t’être donné sur scène comme si ta vie en dépendait — au fond, ce n’est peut-être pas si éloigné de la réalité qu’on pourrait le croire —, le regard plongé dans la mer du sud prisonnière de son écrin de verre, et tu serais resté dans cet entre-deux d’ailleurs, si la voix de Daemon — que tu devrais fuir, plutôt que de rechercher son contact comme tu le fais, ce soir — ne t’avait pas tiré de tes songes, ramené à la réalité — en des mots un peu trop lourds de sous-entendus pour que tu ne te sentes pas sitôt concerné. A juste titre, certainement. « C’est vrai, ça, qu’est-ce que je fais ici ? Je n’ai aucun business ici. » Il te lance un regard, quand toi tu le détournes, sans lui laisser le temps de lire dans tes prunelles — mais ton attitude parle pour toi, et ta seule fuite face à la vérité en dit un peu trop long. Aurais-tu honte, Romeo ? « Pas ce soir, du moins. » Un rictus s’imprime sur tes lèvres, que tu ne prends même pas soin de dissimuler — un tic nerveux, sarcastique. Pas ce soir.
A quand la prochaine fois, cela dit ?

Tu comptes, sans en avoir l’air, t’essaies d’estimer combien de temps encore tu sauras te passer de ses services, combien de temps encore tu pourras l’esquiver lui, dans d’autres circonstances — quelque chose qui n’a rien à voir avec deux connaissances qui se rencontrent par hasard au comptoir d’un bar. Vu les doses auxquelles tu tournes, certainement pas longtemps. Et tu ne peux même pas espérer que ce soit la frangine qui te réceptionne — parce qu’elle te répugne au moins autant, sinon plus, que le type à tes côtés. Celui à qui t’arrives encore à trouver quelques qualités de conversation indéniables. Pas le genre de compagnie recommandable — mais le genre auquel t’es habitué. Le genre que tu recherches, sans même t’en rendre compte, parce que c’est comme gravé en toi — ça te rappelle que t’es sûrement foutu, même si t’as pas envie de l’admettre. T’as encore trop de fierté pour ça, Romeo.

« A vrai dire, j’ai assez travaillé pour aujourd’hui. Et je comptais m’en aller après le premier verre, mais te voir sur scène m’a assez surpris pour que je m’attarde. Ce fut une découverte agréable. » C’est d’un long regard empli de suspicion que tu le toises, la tête penchée, les mèches en vrac devant les yeux, que tu chasses d’un geste de main, un soupir s’échappant d’entre tes lèvres en un sifflement léger. Et puis, un sourire — l’ombre d’un rire ténu, hésitant, un peu éraillé. « Est-ce que c’est vraiment un compliment, venant de toi ? » Pourtant, tu lèves ton verre, tu rentres dans son jeu — qu’est-ce que t’as à perdre, au pire ?
Ironiquement, la situation te déplaît, parce qu’elle fait écho à un autre jour, à une autre personne — d’autres compliments, et ce même sourire un peu trop affirmé pour être tout à fait sincère, ce même venin, somptueusement dissimulé sous des airs trop doux, trop tendres pour être ceux d’êtres de leur espèce — mais qui le sait, si ce ne sont ceux comme toi, les raclures de la société, les pourris, les affamés, pitoyables chiens en recherche de leur pitance, de leur poudre, de leur putain d’Eden d’extase et de plomb ? Mais tu t’attendais à quoi, sérieusement, de la part des Merryfall ?

Il boit, tu fais de même — des questions te brûlent les lèvres, tu les assommes à coup de vodka doucereusement bleutée. Tu reprends contenance à ta façon, tu chasses cet autre visage un peu trop semblable au sien de ton esprit, avec lui t’envoies valser les prunelles céruléennes et ce putain de parfum de fraise qui ne te lâche plus vraiment. « Alors vous comptez rester de simples amateurs qui se produisent dans les bars pour le fun, ou bien est-ce que vous visez la jungle qu’est l’industrie du disque ? » Tu retiens un rire acerbe — dirigé contre tes propres pensées : t’es comme ta soeur, putain ; t’y songes, mais tu ne dis rien. Il n’a pas besoin de savoir que tu lui as parlé outre mesure, et ce ne serait certainement pas dans ton intérêt immédiat. Tant que ce ne sont que des mots, qu’est-ce que tu risques ?

C’est à peine un regard en coin que tu lui adresses, avant que tes ambres ne s’en aillent percer la foule, la survoler jusqu’à se poser sur la scène, où les silhouettes de ton groupe — tes amis, ta famille — n’ont pas encore disparu. Plus tard, tu songeras à récupérer ta guitare — s’il est une chose que tu n’oublieras jamais, c’est bien celle-ci. Ce cadeau t’est un peu trop précieux pour que tu te risques à l’égarer, à l’abîmer — d’autant qu’en à peine cinq ans, t’es d’avis qu’elle n’a pas encore fait son temps. D’ici, tu vois les rires, les mines peut-être fatiguées, mais tout de même éclairées de ce quelque chose qui se lit sans doute sur ton visage à toi, aussi — ce quelque chose qui te fait te dire que vous ne feriez pas un mauvais choix en vous abandonnant complètement à la musique, pour le restant de vos jours. La passion, le bonheur de partager, ce sentiment d’exister, cette ivresse sur scène — ce qui vous fait, ce que vous êtes, l’essence des Fallen Devils.

« Déconne pas, rester dans les bars ? Ils sont beaucoup trop bons pour gâcher ça. Je pense faire preuve de plus d’assurance justifiée que de réelle vantardise en affirmant qu’on a de quoi aller loin. » T’oses un rire, léger, un peu moins vacillant — parce que quand on parle musique et avenir d’artiste, t’as toujours cette flamme, ce courage, cette accroche ; tu deviens un peu plus fort, tout à coup. « Enfin… Pour l’instant, on a envoyé deux-trois maquettes avec la cheftaine, (Olympe, Oly pour les intimes ; mais c’est un détail que tu ne lui fournis pas. Elle est de tes essentiels, de tes intouchables — tu n’es pas certain de vouloir qu’il les approche d’un peu plus près, qu’il sache quoique ce soit d’eux. Pas de ta bouche, en tout cas.) mais aucun label n’a donné de réponse. Alors, on prend notre mal en patience… Ça fait pas longtemps qu’on joue, alors… Ils ont peut-être peur d’un énième groupe kleenex qui rompra le contrat dans six mois. » Pourtant, toi, t’as une certitude : ceux-là, t’es pas prêt de les lâcher.
Et la suite, tu peux l’assurer, ce sera vous cinq ou plus personne.

Tu te redresses, tu bois, tu te noies dans le bleu profond qui vacille dans son récipient translucide. « N’empêche, tu m’surprends… J’pensais que t’en savais un peu plus sur tes… comment dire… camarades. » Sarcasme. Une autre gorgée ; tu pourrais presque finir d’un seul trait — t’es connu dans les fêtes étudiantes comme le type à la descente remarquable qu’on aime bien défier sur des jeux d’alcool et, pour toi, la vodka, c’est un jeu d’enfants ; quand bien même ce talent, tu ne l’as pas développé de la façon la plus irréprochable qui soit — mais tu t’en empêches, tu reposes le verre et il en reste à peine plus de la moitié. T’as pas envie de lui montrer que même dans tes meilleurs moments, le désir d’oublier et de te détruire de l’intérieur est encore là, jamais loin, toujours prêt à te prendre à la gorge à la moindre faille. « Enfin. Assez parlé de moi. Qu’est-ce que tu deviens, toi ? T’es ici pour un autre genre de… business ? » Tu lui adresses l’un de ces regards, suffisamment équivoques pour qu’aucun doute ne soit permis sur ton sous-entendu — t’as pas eu trop de mal, sur le début, à remarquer qu’il plaisait aux filles, et qu’il en profitait comme ça lui chantait. Peut-être bien l’un des seuls points communs que l’on pourrait lui trouver avec toi, remarque.
Tu t’accoudes au bar de marbre, tu te penches dans sa direction, comme pour t’adresser à lui sur le ton de la confidence — ce n’est pas bien loin de la vérité ; et tu te demandes une seconde combien tu risques à t’adresser à lui en ces prochains mots. « Ça faisait un moment que je ne t’avais pas vu… La dernière fois, tu m’as envoyé ta cadette dans les pattes. Pas envie de me voir, ou trop occupé ? » Et t’as ce sourire, narquois, suffisant sur les bords — du genre qui en dit bien plus long encore que ce qu’il en est vraiment.

Tu joues avec le feu, Romeo ;
mais c’est tout ce qui te fait encore exister maintenant, pas vrai ?

Le danger.
We've got the fire,
who's got the matches ?
code by encrine



He is always humming in #C18F67


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Daemon ♦ Welcome to the masquerade.

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